Qui dit début d’année dit, pour beaucoup d’entre nous, nouvelles résolutions. Être son ou sa meilleur·e ami·e ne coule pas toujours de source. À travers ces quatre albums, j’espère que vous trouverez de quoi inspirer positivement vos enfants, votre entourage ou vous-même pour les jours à venir !
Une mère s’apprête à révéler un secret d’importance à sa fille. Le temps d’un câlin, d’une confidence, la voix de la mère susurre à son enfant une vérité. Une vérité que tout le monde mérite de connaître. Qui que nous soyons, la première personne qui nous accompagnera tout au long de notre vie, c’est soi-même. Aussi, partant de ce constat imparable, la mère recommande à son enfant de garder cela en vue afin de cultiver l’amour de soi jour après jour.
Quel que soit son corps, ses envies, ses erreurs de parcours, ses ambitions secrètes, les opinions de l’entourage, l’enfant devra toujours cultiver la bienveillance envers ellui-même. C’est un vrai cadeau que nous fait Capucine Lewalle en nous confiant un principe de vie. Elle invite ses lecteur·trices à prendre soin d’elleux-mêmes quel que soit leur âge. Cela, Julia Spiers l’a bien compris. Elle illustre avec tendresse les différents âges, différentes morphologies, différents défauts, échecs, injonctions et toujours, elle envoie notre regard plus haut : vers nos aspirations les plus belles. Avec une totale bienveillance, qu’on soit fille ou garçon il convient de considérer avec attention ce message. La vie, c’est embûches comme réussite, hauts et bas. Pour tenir le cap, il faut garder un pied dans la confiance en soi. Les chausse-trappes, anicroches voire épreuves terribles ne seront plus, dès lors, en capacité d’émousser la confiance en soi. Je vous avoue que cette lecture m’a positivement émue. Probablement parce que j’aurais aimé recevoir un tel ouvrage étant enfant. Sûrement parce que je suis heureuse de le croiser, car à tout âge, c’est bon de reprendre conscience de ce message…
C’est une belle journée qui commence. Un petit écureuil se réveille et se réjouit : c’est son anniversaire aujourd’hui ! Et nous allons le suivre dans ses pensées pendant toute cette remarquable journée. Tout est parfait : le soleil qui brille, le délicieux petit déjeuner, l’envie de danser et le fait de vivre tout ceci tout seul.
Ah, on peut s’attendre à être un tantinet surpris·es. Vous avez pourtant bien lu : Écureuil est tout seul et il est heureux. Il cultive lui-même sa joie et s’extasie de tout ce que la nature peut lui offrir. La solitude n’est pas un problème quand on s’aime soi-même. Grande est la subtilité de Geneviève Casterman, ne trouvez-vous pas ? Avec des illustrations crayonnées au porte-mine, le gris devient pourvoyeur de gaieté. Elle est jolie, je trouve, cette invitation à cultiver une belle amitié envers nous-mêmes. L’anniversaire d’Écureuil, avec son texte entraînant, sa bonne humeur contagieuse pourrait sûrement semer des graines de confiance en soi. Le beau est dans toute chose. La liesse peut venir de soi. Pas besoin des autres pour s’en convaincre. Petit·es et grand·es, il faut vite profiter de ce petit album aussi enjoué que charmant !
C’est l’été. Oliver joue sur la plage. Il trouve un caillou qui ressemble à un pingouin. Oskar et Ophelia y voient un phoque et un requin. C’est chouette de jouer entre frère et sœur ! En leur compagnie, cette belle pierre recèle bien des possibilités. Tout dépend sous quel angle on la regarde. Ensuite les enfants vont se baigner, puis c’est l’heure de manger. Les parents les appellent : « Ophelia, Oskar, Olivia ! ». Aussitôt, l’enfant les reprend : « Je m’appelle Oliver. »
Anne Sofie Allermann ouvre via Une belle pierre une porte particulière, audacieuse. Car il est délicat à ouvrir le dialogue à propos de l’identité de genre. Pourtant, iels existent les enfants très jeunes qui se questionnent : suis-je fille ou garçon ? Et si je ne suis pas d’accord avec mon corps ? Est-ce que mon genre de naissance détermine ce que je dois ressentir ? C’est déroutant pour les adultes. Les parents n’ont qu’une perception partielle du ressenti de leur enfant. Quant à Oliver, il a la sienne et il l’assume, confrontant ainsi les grand·es à quelque chose qui leur échappe. La subtile Anna Margrethe Kjaergaard l’illustre très finement. L’enfant est là, mais sans caractéristique qui permettrait de le ou la genrer. Je trouve cela tout à fait délicat, tout comme l’ambiance pastel de l’ouvrage. Le ressenti intime n’est pas affaire de point de vue. Oliver est avant tout lui-même. Ce qu’il ose exprimer est beau et courageux ! Aux grand·es de faire le chemin pour accueillir le message, pour embrasser un autre regard : celui qui éclairera, comme pour cette « belle pierre » la richesse de toutes nos facettes.
Gertrude est une grenouille poilue. Ses pattes sont constellées de poils drus qui frisent à la moindre humidité. Cette pilosité particulière suscite jour après jour moqueries et quolibets. Personne ne s’intéresse à autre chose qu’à l’apparence des jambes de Gertrude. Peu importe que la grenouille soit sympathique. Dans la solitude absolue, loin du regard des autres, elle découvre l’insouciance, elle profite du bonheur d’être elle-même. Sauf qu’un bruit puis une respiration se font entendre à proximité. De qui peut-il bien s’agir ?
Il peut être difficile de supporter au quotidien les mêmes railleries. Comment s’accepter quand le regard des autres est si blessant qu’il nous résume aux apparences ? Dépenser de l’énergie pour gommer la différence, devenir comme tout le monde (enfin essayer) sont des pertes de temps. Gertrude finit par le comprendre. En s’offrant un temps de solitude, elle fait un premier pas de réconciliation avec elle-même. Si la vie peut avoir de la saveur quand on la vit seul·e, elle se sublime quand on trouve avec qui la partager. Le hasard mettra sur le chemin de Gertrude un surprenant (et charmant) crapaud rose. Avec lui, finies les moqueries. Bonjour l’amour et l’autodérision ! Les différences deviennent sources d’aplomb, d’audace, de créativité. Ingrid Chabbert signe ici une histoire puissante que les illustrations de Bérengère Delaporte renforcent avec des personnages expressifs. Finis les yeux baissés et la honte. Qu’on soit poilu·e, rose ou les deux à la fois, l’ambiance dynamique et colorée nous entraîne pour faire fi des moqueries et relever durablement le menton !
Pour que tu t’aimes en grand![]() ![]() Texte de Capucine Lewalle, illustré par Julia Spiers Casterman, dans la collection Les albums Casterman 12,90 €, 201×250 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
L’anniversaire d’Écureuil![]() ![]() de Geneviève Casterman CotCotCot éditions 13,70 €, 150×150 mm, 32 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur écoresponsable, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Une belle pierre![]() ![]() Texte d’Anne Sofie Allermann (traduit du danois par Jean-Baptiste Coursaud), illustré par Anna Margrethe Kjaergaard Éditions Format 16,90 €, 253×243 mm, 36 pages, imprimé en Pologne, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Poils aux pattes![]() ![]() Texte d’Ingrid Chabbert, illustré par Bérengère Delaporte Tom poche 5,50 €, 170×170 mm, 32 pages, imprimé en Turquie, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Elle aime l’océan, les chats, le chocolat et lire depuis qu’elle a ouvert les yeux. Son confident est un certain lapin blanc. Des livres au petit déjeuner, au déjeuner, au goûter, au dîner : elle n’est jamais rassasiée !





