Aujourd’hui, je vous propose une sélection de BD. Il y en a pour les plus jeunes… et pour les plus grand.e.s !
Chi est une petite chatte qui un jour s’est perdue. Elle a été recueillie par la famille Yamada. Mais Chi a retrouvé sa mère et la famille Yamada va bientôt déménager en France, une question se pose alors… Chi doit-elle vivre avec sa mère et ses frères et sœurs dont elle se souvient à peine ou rester avec ceux qui l’ont élevée et avec qui elle se sent si bien ?
Le tome 12 de Chi, une vie de chat est le dernier… et j’avoue avoir été un peu triste de savoir qu’on ne reverrait plus ce petit personnage attachant (bon, cela dit, on n’est jamais à l’abri d’une nouvelle série). Et même si la fin reste suffisamment ouverte pour laisser la possibilité d’une suite, il y a un vrai dénouement dans le dernier tome. Chi, une vie de chat est vraiment une super série qui séduit autant les jeunes enfants (dès 6-7 ans) que les ados et les adultes (même si ces derniers seront sans doute agacés par les « ze » à la place de « je » dans les phrases prononcées par le petit félin). Le succès est tel, que les produits dérivés (et même livres dérivés) ne manquent pas, mais rien de tel pour découvrir ce personnage (et être séduit) que de lire la série originale.
Le tome final d’une série qu’on aura beaucoup aimé suivre.
Une jeune fille se fait attaquer par une licorne alors que, comme l’indique le traité de paix, elle n’a pas passé la frontière qui sépare la terre des hommes et celle de ces animaux légendaires. Le père de la jeune fille veut se venger et casser le traité de paix, heureusement Enola, la jeune spécialiste des animaux de légendes est appelée, elle comprendra certainement ce qu’il se passe.
J’ai été bien plus séduit par le second tome d’Enola & les animaux extraordinaires que par le premier (qui parlait d’une gargouille), tant par les dessins que par l’histoire. Le scénario aborde ici des thèmes comme la vie en harmonie avec la nature et les animaux, les gestes anodins qui peuvent être lourds de conséquences, l’importance d’écouter l’autre avant de juger… C’est une BD avec un vrai fond, qui dit des choses sans aucune lourdeur.
Une BD réussie qui parle de l’importance d’être à l’écoute de la nature tout en parlant d’animaux fantastiques.
Tib est un petit garçon qui a une tache sur le visage (ce qui lui vaut de nombreuses moqueries), il est ami avec Tatoum, un jeune dinosaure, ce qui n’est pas super bien vu. Même s’il accomplit des actes héroïques, Tatoum a du mal à être accepté par le village. Pendant ce temps-là, le tailleur de pierre est remplacé par une tailleuse de pierre… et ce n’est pas au goût de tout le monde !
Je ne connaissais pas la série Tib et Tatoum (c’est le troisième tome) et j’ai été totalement séduit ! C’est drôle et en même temps on aborde ici plein de choses (la différence, le sexisme, l’amitié, l’harmonie avec la nature, la jalousie…). Tout à fait le genre de BD que les enfants adorent lire… et que leurs parents leur piquent en cachette.
Deux héros attachants qu’on espère retrouver pendant longtemps.
Le père de Pieter est un chasseur de larves de lokkens. Pieter espère que quand il sera grand il fera la même chose, mais le jour où le petit garçon tombe sur une des fameuses larves, il n’a pas envie de la tuer, mais plutôt de la cacher pour qu’elle ne soit pas victime des chasseurs. Bonne ou mauvaise idée ?
C’est une histoire très particulière que nous racontent Olivier Ka et Olivier Suppiot, un conte dont le dénouement ne sera pas du tout celui que l’on croit… et l’on pourra même être dérangé par cette fin. Les planches sont absolument superbes et le très grand format de l’album les met particulièrement en valeur. Sorti (tout comme La poudre d’escampette, voir plus bas) dans la toute nouvelle collection jeunesse de chez Delcourt, Les enfants gâtés, voilà une BD qui laisse présager le meilleur pour la suite ! En fin d’ouvrage, un décor sur trois pages qui se déplient sert de support pour un jeu d’observation.
Un conte très original avec de magnifiques planches, le premier album d’une collection prometteuse.
Paul vient d’emménager dans une nouvelle région où il ne connaît encore personne. Entraîné par son chien dans l’eau, il va faire la rencontre de Paillon, Scotch, Boulon et Lili Lapin qui sont en train de construire un radeau pour partir vers ailleurs, là-bas, pensent-ils, ils trouveront l’endroit qui leur est destiné. Et puis là-bas au moins il n’y a pas la bande de Marnay, leurs ennemis !
Il règne une ambiance à la La guerre des boutons dans La poudre d’escampette de Chloé Cruchaudet. Des dialogues qui font mouche, des personnages au caractère bien trempé, si, comme moi, vous aimez les héros impertinents vous allez adorer cette bande-là qui n’a pas sa langue dans sa poche. Tout comme l’album précédent, c’est un très grand ouvrage et donc les beaux dessins sont mis en valeur. Ici, en fin d’ouvrage on nous propose carrément le radeau à découper et à monter !
Des héros comme on les aime et qu’on espère retrouver très vite !
Il y a un nouveau dans la classe de Naho, il est très beau, mystérieux et il s’appelle Kakeru. Forcément, la jeune fille n’est pas insensible au jeune garçon. Mais il y a quelque chose d’étrange, elle reçoit des lettres venues du futur écrites par elle-même. La première est arrivée le jour de sa rencontre avec Kakeru et justement la lettre parle de lui. La Naho du futur veut lui éviter de faire les mêmes erreurs.
Ce tome est le premier d’une série éditée par Akata, éditeur de manga. Ici, le sens de lecture original est respecté (on lit de droite à gauche). Même si j’avoue ne pas avoir été attiré par cette histoire d’amours adolescentes au premier abord, le côté mystérieux de Kakeru, l’ambiance et surtout l’incursion du fantastique font qu’on se prend vite au jeu et qu’on a envie de savoir la suite. Pour l’instant, il y a quatre tomes sortis, et celui-ci donne bien envie de les lire !
Une histoire d’amour adolescent teintée de fantastique.
Marie est le genre de fille qu’on ne voit pas, invisible. Elle se trouve trop grosse, elle pense qu’elle ne ressemble à rien. Mais Marie est amoureuse de Soan et elle va oser tenter quelque chose pour l’aborder.
Invisible conclut la tétralogie de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini et, disons-le, on termine par une douche froide ! Certain.e.s lecteurs.trices seront sans doute glacé.e.s par la fin… j’avoue que c’est d’ailleurs mon cas. Même si j’ai trouvé cette série plutôt réussie, même si j’ai trouvé qu’elle abordait avec beaucoup de justesse les soucis rencontrés par nombre d’adolescent.e.s (harcèlement, frontière ténue entre l’amour et l’amitié, dépression…) j’aurai préféré une fin plus joyeuse, plus optimiste. Même si la situation finale est une chose qui arrive trop souvent, devait-elle être la conclusion des quatre tomes ? Grand débat !
La conclusion très noire d’une série sur l’adolescence.
Sonia est amoureuse de Salomé, un garçon qui se la joue un peu. Elle se dispute souvent avec sa mère. En cours de dessin, Antonio, le caïd de la classe, a caricaturé la prof, ce qui ne lui a pas trop plu. Si certains ne mangent pas de porc à la cantine, la religion de Cassiopée lui interdit de manger des courgettes. Ces jeunes ados de 11 et 12 ans apprennent un midi qu’on a tiré sur des gens qu’ils ne connaissent pas et qui s’appellent Cabu et Wolinski.
Avec beaucoup de finesse et de belles illustrations, Gép et Édith Chambon nous parlent de la façon dont les adolescent.e.s ont réagi aux attentats de l’année dernière. Il y en a qui ne comprennent pas, d’autres qui ont envie d’agir, certain.e.s « ne sont pas Charlie » et refusent de faire la minute de silence, il y aussi ceux et celles qui ont peur d’être encore plus stigmatisés après ça… De nombreuses situations sont décrites ici. Bien sûr, il y aura aussi le regard des adultes comme celui de la mémé soixante-huitarde. Il y a beaucoup de justesse dans cet ouvrage entre la BD et le roman graphique, on regrette juste que l’album ne soit pas plus dense. On parle ici de vivre avec les autres même s’ils n’ont pas la même religion que nous et qu’ils ont des idées différentes.
Un album très réussi pour parler des attentats de l’année dernière et au-delà de ça, du vivre ensemble.
Désirée ne l’était pas vraiment. Ses parents la mettent là où ils peuvent, un coup chez sa grand-mère, un coup en famille d’accueil. On est en 1971, Désirée est une adolescente et dans trois ans une loi changera la vie des femmes.
Le choix de Désirée et Alain Frappier nous raconte, à travers le regard d’une jeune fille, l’évolution de l’avortement en France. Pratiqué tout d’abord de façon clandestine, légalisé grâce à Simone Veil en 1974, réalisé ensuite par des médecins dont certains culpabilisateurs. Cette BD très complète va même jusqu’en 2013, quand l’Espagne décide d’interdire l’avortement avant de revenir sur sa décision. On parle des manifs, des femmes et des hommes qui se sont battus, à la fin de l’ouvrage on trouve même des documents et des témoignages. Bien entendu, ça ne s’adresse pas à un trop jeune lectorat, mais les grand.e.s adolescent.e.s pourront se rendre compte de ce qu’était la vie des femmes avant la loi Veil et ce qu’il s’est passé au moment de son vote.
L’histoire d’une femme pour évoquer celle de toutes les Françaises confrontées à un choix qui n’appartient qu’à elles.
Paul est un jeune Québécois. Pendant que son pays subit des attaques du Front de libération de Québec, Paul, lui entre chez les scouts, apprend la guitare, découvre la BD et rencontre la belle Hélène.
Après avoir découvert Paul avec Paul dans le Nord, j’ai eu envie de lire d’autres tomes de la série et j’ai donc lu Paul au parc. Je suis sorti de ma lecture avec les yeux très humides. On parle ici d’amitié, d’amour, de belles rencontres, des passions qui changent nos vies. On parle aussi de la famille, avec ses moments de communion et de confrontation. C’est drôle et triste, ça parle de la vie et ça en parle bien !
Un épisode de la vie de Paul, une série dont on entend le plus grand bien… et qui le mérite amplement !
Chi, une vie de chat, tome 12![]() ![]() ![]() de Konami Kanata (traduit par Kayo Sato et Élodie Lepelletier) Glénat Kids dans la série Chi 10,75 €, 180×130 mm, 176 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015. |
La licorne qui dépassait les bornes![]() Scénario de Joris Chamblain, dessins de Lucile Thibaudier Éditions de la Gouttière dans la série Enola & les animaux extraordinaire 10,70 €, 218×289 mm, 32 pages, imprimé en France, 2016. |
Tout le monde sourit !![]() Scénario de Grimaldi, dessins de Bannister Glénat dans la série Tib et Tatoum 9,99 €, 215×295 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015. |
Pieter et le lokken![]() ![]() Scénario d’Olivier Ka, dessins d’Olivier Supiot Éditions Delcourt dans la collection Les enfants gâtés 14,50 €, 265×350 mm, 24 pages, imprimé en France, 2015. |
La poudre d’escampette![]() ![]() de Chloé Cruchaudet Éditions Delcourt dans la collection Les enfants gâtés 14,50 €, 265×350 mm, 24 pages, imprimé en Malaisie, 2015. |
Orange, tome 1![]() d’Ichigo Takano (traduit par Chiharu Chujo) Akata dans la série Orange 7,95 €, 131×181 mm, 221 pages, imprimé en Italie, 2015. |
Invisible![]() Scénario de Charlotte Bousquet, dessins de Stéphanie Rubini Gulf Stream Éditeur dans la collection Les graphiques 15 €, 170×240 mm, 72 pages, imprimé en France, 2015. |
Graines de Charlie![]() Scénario de Gép, dessins d’Édith Chambon Mouck dans la collection Graines d’ados 9,50 €, 160×245 mm, 41 pages, imprimé en Pologne, 2016. |
Le choix![]() de Désirée et Alain Frappier La ville brûle 15 €, 180×255 mm, 120 pages, imprimé en UE, 2015. |
Paul au parc![]() de Michel Rabagliati La Pastèque dans la série Michel 21,40 €, 191×254 mm, 158 pages, imprimé au Québec, 2011. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



