Aujourd’hui, on se plonge dans deux romans où la peur et le suspense sont les maîtres mots avec Le goût sucré de la peur d’Alexandre Chardin et Les ombres de Kerohan de N.M Zimmermann.
Louise a 11 ans, le goût des mots et des sucreries, à tel point qu’elle est surnommée « Boulotte ». Mais Louise rêve aussi d’aventures exaltantes. À tel point, que le jour où elle entend son frère aîné parler d’une curieuse expédition chez « L’ortie », une vieille femme que tout le monde connaît sans jamais l’avoir vraiment vue, une « sorcière » dont on dit qu’elle a fait subir les pires sévices à des enfants, Louise n’hésite pas une seule seconde et décide d’y participer ! Oui mais voilà, si jamais l’Ortie n’était pas celle que l’on pensait ?
En voilà un joli titre… Et bien intriguant ! La peur a-t-elle vraiment un goût sucré ? C’est effectivement ce qu’on pense en lisant le roman très réussi d’Alexandre Chardin. En effet, quoi de plus palpitant, de plus excitant quand on est enfant que de ressentir plus fort les battements du cœur, de voir nos poils se dresser sur nos bras et d’entendre claquer nos quenottes ? Outre la jolie histoire d’amitié entre une jeune fille et une vieille femme, les questions de transmission, des relations parents/enfants, c’est bien de notre rapport à la peur qu’il est question ici !
Des personnages attachants, des parents un brin canailles, une vieille femme qui renferme des secrets, vraiment, la peur a bien un goût sucré, et l’on croque dans ce charmant roman sans hésiter !
Viola et Sebastian viennent de perdre leur maman. Ni une ni deux, leur père, parti pour affaire à Londres, les envoie profiter de l’air pur breton chez leur oncle, à Kerohan, dans une demeure sinistre. Des portes qui claquent, un mystérieux docteur censé s’occuper des affaires de leur oncle bien trop propre sur lui, une tante et une cousine quasiment inexistantes, et des créatures légendaires invisibles… Tout ceci n’est pas trop du goût de Viola qui du haut de ses douze ans voit le monde d’une manière un peu trop rationnelle… beaucoup plus de celui du petit frère Sebastian qui se sent comme un poisson dans l’eau dans ce manoir terrifiant. Alors qui l’emportera : rationnel ou surnaturel ? Le match est lancé…
On lit les Ombres de Kerohan comme on regarderait un vieux film en noir en blanc. Tout y est, les ambiances glaçantes, les courses poursuites au sein du manoir, les personnages intrigants. L’écriture très cinématographique de N.M Zimmerman nous plonge au cœur même de cette atmosphère si singulière qui règne dans cette drôle de maison, et très vite, c’est le.la lecteur.trice (ou spectateur.trice) lui-même qui est déstabilisé… Alors, pencherez-vous plutôt du côté de Viola, la cartésienne ou du côté de Sebastian plus fantaisiste ?
Un roman haletant, trépidant, qui vous fera sursauter, douter et frissonner… Après l’avoir lu, vous ne regarderez plus la Bretagne de la même façon !
Le goût sucré de la peur![]() d’Alexandre Chardin Éditions Magnard 11,90 €, 140×215 mm, 176 pages, imprimé en France, 2016. |
Les ombres de Kerohan![]() de N.M Zimmermann L’école des Loisirs 15,50 €, 150×220 mm, 240 pages, imprimé en France, 2016. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.

