Comment faire passer une bonne nuit aux enfants ? Deux choix vous sont suggérés par ces albums : les aider à apprivoiser les monstres qui peuplent leurs cauchemars ou leur glisser des mots doux à l’oreille.
C’est la nuit. L’enfant, narrateur de l’histoire, se perd dans un terrible cauchemar peuplé de monstres. Fantômes, momies, squelettes, sorcières et autres créatures de tout poil le pourchassent, puis l’entraînent dans leur grotte. Alors que le bambin s’imagine terminer bouilli dans une marmite, l’aventure se transforme en une fête monstrueuse où l’on mange, où l’on danse, où l’on s’amuse à se faire peur. Après une nuit pareille, forcément, tout le monde finit mort de fatigue et sombre dans un profond sommeil.
Peggy Nille nous propose une histoire faussement terrifiante, prétexte à un grand cherche et trouve. Les personnages évoluent dans une nature luxuriante. Le texte rimé est relégué en coin de page, laissant toute la place aux illustrations. Son rôle reste, cependant, important, puisqu’il fait l’inventaire des créatures, nous incitant à les chercher dans chaque double page. À mi-album, tout bascule. L’univers, d’abord sombre devient de plus en plus lumineux et joyeux au fur et à mesure qu’apparaissent les créatures et leurs couleurs vives et fluorescentes. Les grimaces se transforment en rires. Certains monstres et certaines scènes sont, incontestablement, un petit clin d’œil au célèbre Max et les Maximonstres de Maurice Sendak. Comme dans le classique de Maurice Sendak, l’enfant révèle la part de « monstre » qui sommeille en lui. C’est, en fin de compte, un monstre plutôt gentil qui fait le pied de nez à ses peurs, pour pouvoir les apprivoiser. Les couleurs chatoyantes pourraient également faire penser aux célébrations du Dia de los muertos par les Mexicains. Les inspirations et les références ne manquent donc pas. Enfin, ne faites pas l’impasse sur la dernière double page qui vous permettra encore de chercher, de trouver et surtout de vous amuser.
Mon chaton, mon lapin, mon canard… Autant de petits noms dont on affuble notre progéniture, et qui peuplent ce livre.
Dans cet album, le petit enfant se métamorphose au fur et à mesure des moments de la journée et des surnoms qui lui sont donnés. On pourrait voir ce tout-carton comme un bestiaire de mots doux. Le vêtement jaune à pois de l’enfant-animal, au milieu des teintes roses et violettes, sert de fil conducteur dans les illustrations, tout comme le doudou ; une façon pour nous de savoir que c’est bien lui, de le reconnaître malgré ses nombreuses métamorphoses, de connaître ses multiples facettes. Cependant, cette perception sera peut-être plus compliquée pour les tout·es petit·es. Dans les illustrations, l’adulte est partiellement hors champ. Le cœur de l’histoire, c’est l’enfant. Mais l’adulte est présent par ses paroles, douces et rassurantes, qui savent accompagner chaque tranche de vie jusqu’au coucher. Alors, le bambin peut reprendre sa forme humaine et s’endormir paisiblement. Finalement, ces petits noms d’animaux, c’est un florilège d’amour parental.
Au pays des cauchemars![]() de Peggy Nille Actes Sud junior 14,80 €, 253×327 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Bonne nuit mon chaton![]() de Ramadier et Bourgeau L’école des loisirs, dans la collection Loulou et cie 10,50 €, 199×200 mm, 22 pages, imprimé en Pologne, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.


