Au programme du jour, un bonnet bien rempli et une ville inondée.
Alors que le thermomètre est au plus bas, un bonnet a été abandonné sur le sol. C’est une chance pour la souris qui passe par là, elle peut se mettre au chaud. Et il y a de la place ! Tellement de place qu’une grenouille arrive bientôt, et y entre aussi (bien que la souris lui ait dit qu’il qu’il n’y avait plus de place). Bientôt, arrive une chouette, puis un lapin… Combien d’animaux parviendront à se glisser dans le bonnet ?
Avec sa nouvelle version du conte populaire La mouffe, Loïc Gaume propose un album réjouissant. De par ses illustrations colorées et épurées qui semblent faites de papiers découpés d’abord. Avec le bonnet en page de gauche (qui grossit, page après page) et la tête de l’animal, dernier arrivé, qui en sort en page de droite, l’auteur-illustrateur joue avec le pli du livre. De par son texte, ensuite, où il s’amuse avec les expressions animalières de la langue française (la souris est excitée comme une puce, le lapin, rusé comme un renard et la chouette, fière comme un paon !). C’est un très bel ouvrage (côté impression également), qui permettra d’aborder la notion d’accumulation, le nom des animaux et les expressions animalières… mais fera surtout une très belle histoire à raconter !
Le ciel s’est obscurci, la pluie a commencé à tomber, c’est un gros orage. Tout le monde se met à l’abri. Dans la précipitation, Lili a fait tomber Nounou, son doudou. Elle est inquiète, où est-il ? Elle regarde par la fenêtre, mais ne le voit pas, elle aimerait sortir, mais l’eau monte. Elle monte tant et tant que bientôt elle s’invite dans les maisons, on doit boucher portes et fenêtres et hisser la petite fille en hauteur pour qu’elle soit en sécurité… Mais où est Nounou ?
Alors qu’il était avec sa Lili, Nounou est tombé par terre. Le moment est mal choisi, car dehors c’est l’orage et l’eau monte de plus en plus. Heureusement, le doudou trouve refuge chez deux animaux qui vivent dans un terrier. Mais il n’a qu’une hâte, qu’il arrête de pleuvoir pour retrouver sa meilleure amie.
Le grand débordement est un album tête-bêche. On lit l’histoire de Lili puis l’histoire de Nounou (ou l’inverse) dont les textes sont quasiment identiques. On suit donc une petite fille préoccupée par la perte de son doudou alors qu’au dehors l’eau monte de plus en plus, et un doudou qui, lui, a peur d’être séparé de la petite fille. Bien sûr, le coup du doudou perdu est courant en littérature jeunesse, mais l’album est follement original. D’abord par ces deux histoires qui se rejoignent au centre du livre, ensuite par le côté totalement surréaliste de l’histoire (même si l’on peut imaginer qu’on parle ici, en arrière-plan, de la montée des eaux suite au réchauffement climatique), et parce que les illustrations de Sandra Edinger, en noir et blanc avec quelques touches de couleur, sont bien plus réussies que dans la plupart des livres sur ce genre de thématique. Le grand débordement est un des derniers albums publiés par les éditions Winioux (il y a déjà quatre ans), une maison qu’on aime énormément (depuis le début) et dont on espère de nouveaux livres bientôt.
Plus de place !![]() ![]() de Loïc Gaume Versant Sud 9,90 €, 168×208 mm, 32 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le grand débordement![]() ![]() de Sandra Edinger Winioux 17 €, 325×320 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2019. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




