Aujourd’hui je vous propose deux albums oniriques, une déambulation poétique qui nous plonge dans des contes du monde entier : La petite fille qui cueillait des histoires de Soojung Myung et une histoire de trahison et de vengeance dans un royaume imaginaire avec Les sept citadelles de Sophie Bénastre et Sophie Lebot. Bonne plongée !
Une toute petite fille part explorer le vivant. Sur son chemin — réel ou imaginaire — elle croise une abeille, une grenouille, mais aussi une chouette, une fourmi et une canne. Et à chaque rencontre, la petite fille curieuse interroge les personnages avec une drôle de question « Que t’apportes ta jupe ? ». Une multitude de choses, enfouies, cachées…
Rien que le titre laisse rêveur et donne le ton de l’album : La petite fille qui cueillait des histoires. L’autrice-illustratrice nous propose une immersion dans un voyage hautement poétique. On suit un personnage — une petite fille curieuse et rêveuse — dans ses tribulations. À chaque page, c’est un nouveau monde qui s’offre — à l’héroïne mais également aux lecteurs et aux lectrices. Ainsi, la fillette découvre successivement des animaux, des végétaux comme des êtres humains. Chacun·e habite pleinement son univers qu’il·elle fait découvrir après avoir répondu à cette question énigmatique « Que t’apportes/Que cache ta jupe ? ». Cette jupe est — métaphoriquement — le voile que ces personnages acceptent de soulever pour faire découvrir leur environnement. C’est beau, extrêmement subtil et délicat tant dans l’écriture que dans les illustrations (très stylisées et fines). Mais La petite fille qui cueillait des histoires est également un hommage aux contes du monde entier. Car chaque univers qui se dévoile à l’enfant laisse apparaître des archétypes d’histoires connues : Heidi, Mulan… Enivrant, cet album nous révèle des mondes merveilleux qui à coup sûr ne laisseront pas les plus jeunes indifférents !
Il était une fois, dans un pays lointain et merveilleux, un royaume. Un roi et une reine s’aimaient tendrement et eurent sept enfants, sept filles. Mais la reine mourut, le roi veuf se remaria et la terrible marâtre décida de chasser les sept jeunes filles hors du royaume de Siedem. Alors, les princesses décidèrent de prendre leur destin en main et de punir le couple maudit… Toutes sauf une…
Quel plaisir de lire Les sept citadelles ! C’est un conte, un vrai. On y trouve tous les ingrédients pour faire frémir et trembler les lecteurs·trices en herbe : un royaume oublié, une marâtre terrifiante, des princesses usant de sortilèges et de magie, une histoire de vengeance, de malédiction et puis bien sûr, la rédemption ! Sophie Bénastre est une conteuse hors pair, l’écriture est fluide, poétique et romanesque à souhait. On tremble page après page pour le destin de ces jeunes filles injustement chassé de leur royaume. Car il est bien question de cela dans les Sept Citadelles : de vengeance et de pardon. Faut-il punir après avoir été trahi ? Trouve-t-on de la joie dans le fait de faire souffrir ces ennemis ? Quant aux illustrations de Sophie Lebot, elles subliment le texte de l’autrice. Elles dépeignent un univers fin et délicat, où le végétal est à l’honneur. Les influences sont multiples : japonisantes — tant dans les costumes, les paysages où se déploient de longs arbres roses — mais également européennes et orientales dans les châteaux aux tours dignes des mille et une nuits. En refermant ces Sept citadelles, on se prend à rêver à des contrées imaginaires comme le royaume de Siedem, loin, très loin de la réalité parfois morose !
La petite fille qui cueillait des histoires![]() ![]() de Soojung Myung (traduit du coréen par Véronique Massenot) L’élan vert 15 €, 225×305 mm, 32 pages, imprimé en Corée, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Les sept citadelles![]() ![]() Texte de Sophie Bénastre, illustré par Sophie Lebot Saltimbanque éditions 16,90 €, 289×360 mm, 36 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



