Aujourd’hui, je vous propose un voyage à Cuba dans KO à Cuba de Camille de Cussac aux côtés d’un jeune boxeur et puis l’on accompagne une petite fille dans son apprentissage de grande sœur dans l’album de Stéphanie Demasse-Pottier et Cécile Bonbon Dans ma maison.
Marcel est un champion de boxe américain, il pèse près de 100 kilos, il porte le bouc et ce qu’il aime par-dessus tout c’est boire avec une paille. La super coach de Marcel lui a prévu un combat à Cuba. Notre champion s’embarque donc, direction les Caraïbes. Oui mais voilà, là-bas, il va faire une rencontre déterminante qui va changer sa vie… Et son combat va être le plus important de sa carrière… Mais pas pour les raisons que l’on croit !
K.O à Cuba est un album bouleversant qui nous conte une histoire d’amitié entre un grand gaillard américain, boxeur professionnel qui n’enlève JAMAIS ses gants et un teckel handicapé à roulette rencontré à Cuba, Pedrolito (qui lui aime les mojitos). Car notre grand champion Marcel est un peu fatigué de ses combats et de son quotidien : il est obligé de porter ses gants en permanence (d’ailleurs Camille de Cussac nous offre un prisme particulièrement intéressant puisque ce sont les gants qui sont les narrateurs !) et se retrouve donc handicapé dans sa vie de tous les jours. C’est sa rencontre avec
ce chien grincheux et acariâtre qui va changer la donne. Grâce à lui, Marcel va découvrir Cuba, ses 1001 couleurs, saveurs et va profiter de la vie pleinement… Jusqu’au combat final (que je vous laisse découvrir !) L’histoire de Camille de Cussac est formidable, mais la grande force de l’album réside en ses illustrations magnifiques ! Le graphisme est superbe et l’on passe de longues minutes à contempler ces pages multicolores et fourmillantes de détails : ici, une multitude de saynètes nous décrit les entraînements de boxes de Marcel avec précisions, là, on arpente La Havane avec nos deux compagnons… Camille de Cussac nous livre un album vivant, original et foisonnant ! Un vrai coup de cœur !
Un très bel album sur une amitié hors norme et improbable !
C’est l’histoire d’une petite fille qui nous fait découvrir sa maison, son sous-sol avec la salle de bain, les toilettes et la salle de jeu, le rez-de-chaussée avec le grand salon et la cuisine, l’étage avec la chambre des parents, la sienne… et celle du nouveau venu « Machin ». Perturbée par l’arrivée de ce petit frère, notre petite héroïne décide de se réfugier dans sa cabane au fond du jardin…
Avec Dans ma maison Stéphanie Demasse-Pottier et Cécile Bonbon nous proposent un album intelligent et une réflexion toute en finesse sur le « rôle » d’une grande sœur ou d’un grand frère. L’album est original et bien construit. On suit les interrogations de cette petite fille sur son futur rôle au travers de ses déambulations dans sa maison. Elle nous fait découvrir
sa vie « avant » la naissance de « Machin », la place qu’elle occupait et sa vie « après ». Dans ma maison est un album métaphorique, notre petite héroïne devant apprendre à faire de la place à son petit frère chez elle mais aussi dans sa vie. Si l’idée est originale, la réalisation et les illustrations sont particulièrement réussies : Cécile Bonbon a choisi les plans de coupes pour nous faire découvrir la maison de la petite fille. Il y a un côté Wes Anderson dans l’esthétique : tout est dans le détail à l’échelle micro comme macro: des grandes planches qui nous décrivent les différentes pièces de la maison mais aussi l’intérieur de la valise de la petite fille lorsque celle-ci part en expédition au fond du jardin pour se réfugier dans son repaire ! C’est un album intime et émouvant, sensible et touchant qui parlera aux grandes sœurs comme aux petits frères (et inversement) !
Un joli album sur l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur !
K.O à Cuba ![]() ![]() de Camille de Cussac Thierry Magnier 20,50€, 278×378 mm, 48 pages, imprimé en France, 2019. |
Dans ma maison![]() ![]() Texte de Stéphanie Demasse-Pottier, illustré par Cécile Bonbon Sarbacane 14,90€, 258×258 mm, 28 pages, imprimé en France, 2019. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



