Aujourd’hui je vous propose deux albums solaires et graves qui tout en finesse nous content des histoires d’amitiés… La vieille ourse d’Amélie Billon et Mélodie Baschet et Le chien, le lapin et la moto de Kate Hoefler et Sarah Jacoby !
Ourse a hiberné bien des hivers… Mais ce printemps-là, la vieille animale a bien du mal à aller chercher à manger… Pourtant, elle n’a pas le choix. Alors, difficilement, elle sort de sa tanière pour partir en quête de nourriture. Affaiblie, Ourse prend bien soin de ne pas croiser de prédateurs… Mais alors qu’elle gagne la forêt, la voilà nez à nez avec une drôle de créature : un petit garçon… Ami ou ennemi ?!
Avec La vieille ourse, Amélie Billon propose un album touchant et tendre, qui nous conte la rencontre improbable entre une ourse et un petit garçon, fils de bûcheron. Cette rencontre entre deux mondes normalement incompatibles et radicalement opposés s’avère être finalement le début d’une belle amitié. Car le petit garçon va devenir le meilleur allié d’Ourse, lui apportant nourriture et douceur. Mais celui-ci reste le fils d’un bûcheron… Comment va-t-il réagir ?! L’autrice nous offre une histoire humaniste et optimiste sur la résilience. Car le père va très vite changer son fusil d’épaule en la présence de l’Ourse. Cette belle histoire est rehaussée par le travail graphique de Mélodie Baschet. Celle-ci nous plonge dans un décor superbe, une nature stylisée et esthétique, fragile et lumineuse. Dans cet écrin de verdure, l’humain semble intimidé — et c’est peut-être le plus beau – face à cette immensité, tout comme le bûcheron, qui finalement, s’incline devant l’animal…
Lapin et Chien sont inséparables… Pourtant, tout les sépare : Lapin est aussi casanier que Chien est nomade et remuant. Grâce à sa moto, Chien a parcouru le monde, et rien ne lui fait plus plaisir que de raconter ses voyages à son compagnon… Mais Chien est âgé… Et disparaît… Il lègue en héritage à Lapin son bien le plus précieux : sa moto… Alors, après de nombreux mois à tergiverser, Lapin décide de prendre son courage à deux mains et de se hisser sur la machine… Mais seulement jusqu’au bout de la route…
Comment évoquer l’amitié et le deuil aux plus jeunes ? Ces thématiques, Kate Hoefler a décidé d’en faire le sujet de son album : Le chien, le lapin et la moto, et de les traiter avec douceur et délicatesse. C’est peut-être d’ailleurs cela que l’on retient de cet ouvrage : sa délicatesse. Tout est suggéré avec la plus grande intelligence : la mort de Chien, le deuil douloureux de Lapin et puis le retour à la vie, symbolisé par le voyage en moto, comme un dernier hommage à son ami… Bouleversant et touchant, cet album s’offre aux lecteurs et aux lectrices comme une invitation à la réflexion. Posément, sans grands affects — même s’il peut nous mettre les larmes aux yeux — il nous parle d’acceptation, et de la nécessité de vivre joyeusement et intensément, même après la mort d’un être cher. Les illustrations de Sarah Jacoby complètent à merveille ce tableau. Douces et lumineuses, elles nous offrent un voyage émancipateur au travers de cette période si difficile qu’est le deuil… On suit avec émotion les étapes que traversent Lapin, jusqu’à l’escapade finale en moto… qui le ramène… chez lui. Ainsi, il peut désormais se reconstruire pleinement. Et c’est avec un sourire aux lèvres qu’on referme l’ouvrage, apaisé·e et heureux·euse pour lui !
La vieille ourse![]() ![]() Texte d’Amélie Billon, illustré par Mélodie Baschet L’étagère du bas 12,90 €, 237×237 mm, 24 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le chien, le lapin et la moto![]() ![]() Texte de Kate Hoefler (traduit de l’anglais par Ilona Meyer et Caroline Drouault), illustré par Sarah Jacoby Les éditions des éléphants 14 €, 277×228 mm, 48 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.




