Parfois on a envie de voir ailleurs comment la vie se déroule. Avec ces trois albums, vous pourrez choisir entre un univers sur fond de becs et plumes, des fonds marins absolument fascinants ou des paysages de papier à la finesse surprenante. Je vous le dis, si vous les ouvrez ce sera le dépaysement garanti !
Loin de la surface, tout au fond de l’océan, l’épave du Melville repose. Olo le requin explore ce qui fut jadis un magnifique paquebot. Émerveillé par une pièce où les outils abondent, il décide d’en faire son domaine. Sa vocation vient de naître : à partir de maintenant, il sera Doc Olo, le requin réparateur de poissons. Sa réputation altruiste se répand rapidement auprès de tous·tes les habitant·es des océans. Pinces bloquées, nageoires entravées, tentacules noués, rien ne lui résiste. Sa mission ne s’arrête pas là. Quand on a des outils plein les nageoires, pourquoi ne pas en profiter pour saboter avec précision tous ces imposants filets de pêche qu’il croise ici et là ? Attention Olo, ça ne plaît pas du tout aux bateaux de pêche. Fais bien attention à toi, car il se pourrait que ta tête soit mise à prix…
L’ambiance sous-marine vous rappellera certainement les vues intérieures du Titanic ou toute autre épave figée dans les profondeurs. Sous les flots, Olo le requin empathique qui complique la vie de celleux qui pêchent de manière intensive ne peut que susciter beaucoup de sympathie ! Bien des rebondissements attendent les lecteurs et lectrices. Victimes des sabotages, les pêcheurs ont la rancune tenace. Olo, naissance d’un héros est un album où écologie et poésie s’unissent grâce aux mots de Didier Lévy. Sur les gravures en taille-douce de Pierre Vaquez, les profondeurs de l’océan dévoilent leur mystérieuse et attractive beauté. J’en ai été fascinée. Croyez-moi, avec un ouvrage pareil il n’y a plus qu’à plonger !
C’est la fête ! Aujourd’hui, on donne une grande réception pour l’anniversaire de Diego, l’Ara Macao ! Toute la grande famille des oiseaux·elles est invitée à partager un délicieux repas de graines et d’asticots. Quand la joyeuse assemblée est enfin repue, il faut se plier à une tradition incontournable. Athéna la chouette compte bien réussir à prendre toute la famille en photo. Mais c’est sans compter sur un coucou bien dissipé, sur l’autruche qui se place devant les plus petit·es, sur les poules qui voient d’un mauvais œil la proximité des vautours.
Que de bisbilles ! Se pourrait-il que ces oiseaux·elles nous rappellent quelques humain·es ? Les illustrations fourmillantes de Delphine Jacquot nous entraînent dans un tourbillon de plumes. Quel humour contagieux ! J’ai craqué face à cette accumulation de volatiles de tous les continents. L’histoire de Chloé Millet dresse un inventaire sans frontière des oiseaux·elles merveilleux·ses de notre planète. La famille est grande, haute en couleur et un brin dissipé. Néanmoins, qu’on soit court·e sur pattes ou échassier·ère, rapace de nuit ou encore représentant·e de la basse-cour, les repas de famille, c’est l’occasion de se rappeler une chose importante. Pour ce jour de fête, faisons fi des différences. Bonjour la tolérance ! Maintenant chut, tout le monde sourit ? Un, deux, trois… Ouistiti !
Il y avait sur les flancs d’une montagne un délicat village où maisons, arbres et habitant·es étaient de papier. Les gens y vivaient paisiblement, ne redoutant que le vent d’automne qui, chaque année, se levait à la même période pour une durée de cinq jours et demi précisément. Pour éviter de s’envoler, hommes, femmes et enfants lestaient leurs poches de cailloux. Le village et la végétation tenaient grâce à de solides cordes. Mais, un jour il y a eu ce coup de vent inattendu qui renversa la jeune Hana. Au début, personne ne crut la fillette : c’est qu’elle avait tant d’imagination cette enfant. Mais elle ne fut pas la seule à subir ce revers plein d’air. Ces bourrasques imprévisibles qui mettaient ce petit monde en péril venaient d’un village lointain, accroché au flanc d’une montagne voisine. Pour comprendre comment les faire cesser, il n’y avait qu’une solution : se rendre de l’autre côté. Grâce à Hana, un pont de papier fut tendu entre les deux villages. Courageuse, la fillette entreprit alors la traversée, espérant arriver saine et sauve. Ce qu’elle allait y découvrir changerait sa vie pour toujours !
Ce conte humaniste et courageux est sublimement illustré en carton et papier dentelé, découpé, plié pour un effet 3D somptueux. La finesse que cela confère aux illustrations invite à arrêter longuement le regard sur les mille et un détails que Seng Soun Ratanavah y a glissés. Ravissement et contemplation sont inévitables, et tant mieux, car il faut bien cela pour rendre compte des valeurs portées par le texte de Joëlle Veyrenc. Écoute, audace, inventivité, entraide et tolérance forment un paysage relationnel tout à fait réconfortant. Peut-être que, finalement, il a eu du bon cet étrange vent. Hana et le vent est un conte qui insuffle émerveillement et confiance. Et il a ce mérite de nous rappeler qu’il est parfois judicieux de faire confiance aux enfants !
Olo naissance d’un héros![]() ![]() Texte de Didier Lévy, illustré par Pierre Vaquez Sarbacane 16,50 €, 310×240 mm, 32 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Photo de famille![]() ![]() Texte de Chloé Millet, illustré par Delphine Jacquot Les fourmis rouges 18 €, 300×240 mm, 24 pages, imprimé en Lettonie, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Hana et le vent![]() ![]() Texte de Joëlle Veyrenc, illustré par Seng Soun Ratanavah De la martinière jeunesse 14,90 €, 250×330 mm, 25 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Elle aime l’océan, les chats, le chocolat et lire depuis qu’elle a ouvert les yeux. Son confident est un certain lapin blanc. Des livres au petit déjeuner, au déjeuner, au goûter, au dîner : elle n’est jamais rassasiée !





