Aujourd’hui, je vous propose trois albums sur des sujets forts, traités avec délicatesse.
Une fée sans ailes, est-ce vraiment une fée ? Elle, elle n’en a pas, et elle voit les autres fées voler autour d’elle. Elle les envie, elles qui savent voler quand elle ne sait que marcher. Alors, elle se met en quête d’ailes, elle en cherche partout… Mais à force de chercher à être ce qu’elle n’est pas, notre fée sans ailes passe à côté d’elle-même. Jusqu’au jour où elle se rend compte qu’elle aussi peut être utile.
Martine Delerm signe une nouvelle fois une très belle histoire pleine de poésie et avec un message fort. Cette fée sans ailes c’est tout.es ceux.celles qui pensent être moins important.e.s, car ils.elles sont différent.e.s. Parce qu’elle décide qu’elle ne vaut pas moins que les autres, elle va rendre jalouses les autres fées. Pensez donc, une fée sans ailes qui fait des miracles ! On peut voir dans cette histoire, un bel hommage aux estropié.e.s par la vie qui, à force de se battre, sont bien plus fort.e.s que nous. On parle bien entendu du droit à la différence, de l’acceptation de soi, mais sans aucune lourdeur, sans que le texte ne soit jamais moralisateur.
Un album qui nous rappelle qu’en nous acceptant comme nous sommes nous avançons bien plus vite qu’en essayant d’être comme les autres.
Depuis la mort de sa grand-mère, un chagrin grand comme un éléphant le suivait partout. Il était apparu en revenant du cimetière, dans la voiture, suite à une phrase anodine de sa mère et depuis il ne le quittait plus. Il était même vraiment encombrant (la nuit, il prenait toutes les couvertures et lui donnait froid et à l’école à cause de lui les autres n’osaient pas approcher). Parfois quand même il s’absentait… Mais il finissait toujours par revenir. Jusqu’au jour où il commença à rétrécir…
Avec une infinie délicatesse, Cécile Roumiguière parle du deuil. Elle évoque le chagrin ressenti par les enfants qui ne s’exprime pas comme celui des adultes (ce qui provoque parfois la colère de ces derniers). Avec beaucoup d’intelligence, elle donne corps à la tristesse, le personnifie. Sa comparaison parle directement aux enfants. Côté illustrations, c’est la très talentueuse Madalena Matoso qui accompagne le texte avec des dessins plein de couleurs et d’humour. Ses belles illustrations sont mises en valeur par un papier Munken.
Un très bel album pour parler du deuil.
C’est par un matin froid que Marika est arrivée à l’école. C’est tout de suite devenu son amie. Elles étaient même devenues inséparables. Jusqu’au jour où Marika n’est plus venue en classe parce qu’elle était dans un endroit nommé « centre de rétention »…
Quelle force dans cet album qui nous fait dresser les poils des bras ! Là encore, c’est avec beaucoup de délicatesse qu’Isabelle Wlodarczyk parle des sans-papiers, des enfants qui, un jour, sont expulsés. Le texte est très simple pour être à la hauteur des plus jeunes, mais il n’en est pas moins fort. Les illustrations d’Hajnalka Cserháti vont à merveille avec les mots de l’auteure.
Un grand et bel album pour évoquer une situation tragique que trop d’enfants vivent un jour, d’un côté ou de l’autre.
La fée sans ailes![]() ![]() de Martine Delerm Seuil Jeunesse 13,50 €, 170×240 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015. |
Mon chagrin éléphant![]() ![]() Texte de Cécile Roumiguière, illustré par Madalena Matoso Thierry Magnier 15 €, 220×245 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2015. |
Marika![]() ![]() Texte d’Isabelle Wlodarczyk, illustré par Hajnalka Cserháti Lirabelle 17 €, 235×300 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2015. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



Je ne connais pas la fée sans ailes mais je suis d’accord pour dire que les 2 suivants sont des albums forts, touchants où les enfants ne sont pas toujours écoutés par les adultes, leurs sentiments pas toujours pris en compte.
Ces albums font aussi réfléchir les adultes sur leur façon de considérer le ressenti de leurs enfants.
Au delà de l’amitié et du deuil, ces albums peuvent avoir de nombreuses résonances.
J’aie beaucoup celui de Cécile, c’est un chouette album pour aborder un sujet délicat, et on n’en trouve pas tant que cela de réussis sur ce “thème” !