Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer un Petit Dino qui pense pouvoir se débrouiller seul, de lire une histoire qui n’en est pas une, de chanter un poussin vert sur l’air d’une souris verte et de faire la connaissance d’une sacré girafe, ça vous va ? Alors c’est parti !
Aujourd’hui, le père de Petit Dino a envie de se reposer. D’habitude, il aime faire toutes sortes d’activités avec son fils, mais voilà Petit Dino est du genre remuant alors parfois un peu de repos ne fait pas de mal. Petit Dino en profite pour partir à l’aventure tout seul. Il prépare son sac d’aventurier et c’est parti ! En chemin, il va se rendre compte qu’il n’a plus besoin de son père pour trouver des noix de coco, faire peur aux cochons sauvages ou traverser une rivière… enfin, c’est ce qu’il pense…
Coup de cœur pour Petit Dino veut tout faire tout seul de Liz Climo. C’est tendre et drôle, doux et poétique, ça amuse autant les enfants que les parents… Petit Dino pense qu’il est très fort, mais derrière tous ses succès il y a son père : la noix de coco tombée au bon moment n’est pas tombée toute seule, les cailloux dans la rivière qui aident à traverser ne sont peut-être pas des cailloux et quand la pluie s’arrête pile au-dessus de sa tête c’est peut-être pas un micro climat ! On parle bien sûr de la relation parent-enfant, du besoin d’autonomie des plus jeunes. On peut aussi voir un clin d’œil aux familles monoparentales (il est clairement dit que Petit Dino vit seul avec son père). C’est un grand et bel album coloré avec un graphisme épuré. Une vraie réussite !
Un album plein d’humour pour se rappeler que, quand même, les parents c’est un peu utile parfois !
Mais quelle est cette histoire ? Ce n’est pas l’histoire d’un éléphant qui vivait dans une boîte d’allumettes ni même celle d’un poney qui avait avalé une trompette, ce n’est pas non plus l’histoire d’un mille-pattes qui voulait faire du vélo ni celle d’une vache devenue super héros… Mais c’est quoi cette histoire à la fin ?
Michaël Escoffier et Amandine Piu énumèrent les histoires qu’ils ne nous raconteront pas et au final on se marre autant que s’ils nous les racontaient. À chaque histoire évoquée, la couv’ du livre nous est dévoilée (avec une maison d’édition imaginaire et le nom des auteur.e.s déclinés de toutes les façons) et l’on voit là la force graphique d’Amandine Piu. À la fin, bien sûr, on saura de quelle histoire il s’agit et ça aura peut-être un lien avec le petit poussin tout mignon qui suit avec nous l’énumération des « non-histoires ».
Un album extrêmement original qui ne raconte pas vraiment une histoire et qui en même temps en raconte beaucoup !
Oh tiens un poussin vert qui marche dans l’herbe, forcément le petit garçon témoin de la scène a un air qui lui vient et le partage avec nous, le voici qui chante à tue-tête « un poussin vert qui courait dans l’herbe », mais le poussin n’est pas vraiment d’accord, il n’est pas une souris et n’a pas trop envie qu’on le trempe dans l’huile et dans l’eau. Puis c’est une chèvre que l’enfant croise et c’est la chanson de la barbichette qui est chantée, mais attention à ce qui se passera quand l’enfant se promènera dans les bois…
Beaucoup d’humour là encore. Marie-Hélène Lafond a écrit une histoire pleine de rythme et dont la chute nous fait beaucoup rire. Gwenaëlle Dumont a mis des tas de détails dans ses illustrations (dont deux vers, en arrière-plan de la quasi-totalité des pages, qui ajoutent encore plus d’humour à l’histoire). On se régale du caractère des personnages et de leurs expressions.
Une histoire pleine de rythme et d’humour.
Fifine a un sacré cou, ok c’est une girafe, mais quand même… il est trois fois plus long que celui de ses congénères ! Mais du coup, c’est pratique, elle voit venir le danger et peut prévenir ses copines. Donc forcément, disons les choses, elle se la pète un peu… Mais un jour, un singe perché bien haut rabaisse son caquet à Fifine… et voilà notre girafe sans copine et habitée par un sentiment d’inutilité… mais Fifine sera peut-être utile à d’autres animaux…
Un texte bien écrit et des illustrations pleines d’humour, voilà le secret de réussite de Fifine et ses copines. On parle bien entendu de la différence (même si l’on regrettera que, comme toujours, il faut faire un acte héroïque pour être accepté), mais aussi que l’union fait la force. On espère d’autres aventures de Fifine !
Un album sur la différence aussi bien écrit que drôle.
Petit Dino veut tout faire tout seul![]() ![]() de Liz Climo (traduit par Élisabeth Sebaoun) Milan 11,90 €, 260×280 mm, 40 pages, imprimé en Espagne, 2015. |
Ce n’est pas l’histoire…![]() ![]() Texte de Michaël Escoffier, illustré par Amandine Piu Frimoüsse 13 €, 207×251 mm, 28 pages, imprimé en Chine, 2016. |
Poussin vert![]() ![]() Texte de Marie-Hélène Lafond, illustré par Gwenaëlle Doumont La Palissade 12,90 €, 180×210 mm, 40 pages, imprimé en France, 2016. |
Fifine et ses copines![]() ![]() Texte d’Emmanuel Veillet, illustré par Michel Rodrigues Alice Jeunesse dans la collection Ratatoori 12,90 €, 244×246 mm, 44 pages, imprimé en Belgique, 2015. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !


