Ces quelques BD étaient déjà dans notre webzine LGBTQI+ (à télécharger gratuitement ici), mais il aurait été dommage qu’elles n’aient pas une « vraie » chronique sur le blog !
Le frère jumeau de Yaichi est mort. Il avait déménagé au Canada et épousé un homme. C’est cet homme, le mari de son frère, que le jeune japonais qui élève seul sa fille voit débarquer un beau jour. Au départ, la cohabitation est difficile (Yaichi n’est pas vraiment tolérant vis-à-vis des personnes LGBTQI+), mais très vite les choses se détendent et une amitié va se nouer entre les deux hommes et surtout entre le Canadien et la petite fille de Yaichi.
Le mari de mon frère c’est une très belle série en quatre volumes qui parle de vivre ensemble, d’accepter l’autre comme il est, de dépasser ses préjugés… Pour Yaichi, Mike est extrêmement étrange, il ne se comporte pas comme les gens qu’il connaît. Pour la petite Kana, également (elle est par exemple très surprise de la pilosité de son oncle). Mike, lui, va découvrir un pays et une culture qu’il ne connaît pas et être étonné par certaines choses autant qu’il étonne lui-même. Au-delà, donc, de la thématique LGBTQI+, on parle ici de bien des choses.
Une très belle série qui nous raconte la rencontre et la cohabitation entre deux cultures, deux univers.
Un de ses camarades a fouillé son portable et s’est aperçu que Tasuku avait regardé du porno gay. Il sait que maintenant c’est fini et décide de se jeter dans le vide. Mais alors qu’il s’apprête à le faire, il aperçoit plus loin quelqu’un qui a eu la même idée… et qui saute ! Tatsuku descend à toute vitesse pour venir en aide à cette personne, mais là où elle aurait dû s’être écrasée il n’y a personne. Mais devant lui se trouve un lieu étrange avec un écriteau « salon de discussion ». Tatsuku pousse la porte, intrigué. Il ne sait pas encore que les gens qu’il va rencontrer ici vont changer sa vie.
Éclat(s) d’âme est une série de manga qui a été extrêmement plébiscité par la communauté LGBTQI+. Ici, de nombreux sujets sont abordés (et de façon juste) l’homosexualité (masculine et féminine, chez les jeunes et chez les personnes âgées), la transidentité, la bisexualité, le travestissement… Ici, le fait de se regrouper est aussi mis en avant (la BD parle beaucoup d’une communauté LGBTQI+ qui retape des maisons) et l’on rappelle l’importance du groupe. Mais on parle aussi du harcèlement, des questions que l’on se pose quand on se sent différent·e, de la phase « homophobe » que traversent certain·e·s homosexuel·le·s, du fait de ne pas forcer les gens à faire ce qu’ils ne veulent pas, de ce que produit le fait de mégenrer quelqu’un… C’est riche, dense et addictif !
Une série de manga (très réussie) qui aborde avec intelligence de nombreuses problématiques LGBTQI+.
Fatuba écrit des mangas sociaux, mais ça ne fonctionne pas, alors elle se voit imposer par son éditeur un harem manga (histoire dans laquelle un personnage est entouré par de nombreux personnages du genre opposé) avec tout ce que ça comporte d’histoires d’amour. Sauf que Futaba ne connaît rien à l’amour, elle est aromantique et asexuelle. Pourtant le succès est au rendez-vous et bientôt voilà que son manga est adapté en film. Alors que l’amour n’a jamais fait partie de sa vie, Futaba est d’un coup la cible de deux hommes, son jeune assistant mystérieux (et un peu flippant) et le scénariste de la version animée de son manga.
Dans cette série en cinq volumes, on découvre donc, chose extrêmement rare, une héroïne asexuelle et aromantique. C’est bourré d’humour et vraiment rythmé, jamais le temps de s’ennuyer ! On y parle des injonctions (si t’es une femme, tu dois aimer l’amour), du consentement (qui est ici très bien traité), de féminisme et de bien d’autres choses encore.
Un très bon manga avec un personnage asexuel et aromantique.
Alors qu’il vient de déclarer sa flamme à son meilleur ami, Yashiro, un jeune lycéen, meurt percuté par un camion. Un Dieu que Yashiro avait visité très souvent (pour trouver la force de parler à son ami) décide de lui rendre la vie sous la forme qu’il souhaitera. Le jeune homme se dit que s’il veut séduire celui qu’il aime il aura plus de chance en femme, c’est donc dans le corps d’une magnifique jeune fille qu’il revient à la vie.
Beaucoup beaucoup d’humour dans ce manga totalement décalé (parfois, les personnages s’adressent même à ceux et celles qui sont en train de lire l’histoire), même si l’on peut regretter quelques stéréotypes sexistes (en femme, Yashiro devra « se comporter comme une fille », c’est-à-dire ne plus parler trop fort, utiliser un langage châtié) c’est une très bonne série qui devient encore plus intéressante au second tome (cinq sont prévus, actuellement deux seulement sont sortis).
Une série avec un jeune gay qui renaît dans le corps d’une femme.
Depuis toujours, Yûji déteste son corps. Une révélation va lui être faite le jour où sa sœur laisse chez lui un sac de vêtements à elle. Yûji décide de les essayer et pour la première fois il sent l’image que lui renvoie son miroir en adéquation avec qui il/elle est vraiment. Commence alors une nouvelle vie pour elle.
Dans ce très beau manga en deux tomes, on rencontre donc un personnage assigné garçon qui va découvrir que son mal être vient du fait qu’elle n’arrivait pas à mettre le doigt sur qui elle était. Le personnage d’abord genré au masculin sera ensuite genré au féminin (d’où ce résumé qui peut sembler étrange). L’histoire est vraiment très intéressante, on y suit donc le parcours et les questionnements que connaissent de nombreuses personnes transgenres. Yûji est, de plus, amoureuse du beau (et courtisé) Masaki et se demande si en tant que femme elle lui plairait davantage. Ici, on parle aussi de féminité, de mariage forcé (à travers d’autres personnages), de traditions, des rencontres qui changent une vie et de l’importance de partager avec des gens qui vivent les mêmes choses que nous.
Un très joli manga en deux tomes sur la transidentité.
Pour Éric, il n’y a plus d’autres choix possibles, il doit confier Georges, son amoureux, à une maison spécialisée. Le vieil homme, atteint d’Alzheimer, sera mieux là… même si c’est douloureux de l’y laisser. Alors que petit à petit, les souvenirs de Georges s’envolent, il est demandé à Éric de lui rappeler son passé… sauf qu’il n’a pas le droit de dire qui il est, lui, vis-à-vis de Georges (l’homosexualité du nouvel arrivant choquerait les résident·e·s d’après le personnel de l’hôpital…) Dans cette très belle bande dessinée, Thibault Lambert évoque donc la sénilité et nous rappelle à quel point, là encore, les personnes LGBTQI+ ne sont pas traitées à égalité. Il est important pour les personnes atteintes d’Alzheimer de leur rappeler leur vie, alors comment le faire si l’on doit cacher certaines choses essentielles. C’est extrêmement fort, on en sort chamboulé·e, mais c’est une très belle BD.
Un album pour parler de la sénilité et de la fin de vie chez les personnes LGBTQI+.
Sam aimerait embrasser Nolan alors que celui-ci la raccompagne… mais elle ne le fait pas, elle a peur de ce qu’il arriverait s’il découvrait son secret. Sam est née assignée garçon et elle a dû changer d’établissement pour que cesse le harcèlement. Ici, tout le monde la connaît en tant que fille… mais un secret c’est fragile, surtout sur les réseaux sociaux…
Habituée aux sujets forts, Charlotte Bousquet nous parle, avec la subtilité qu’on lui connaît, cette fois de transidentité. Le personnage de Sam est brisé, elle a connu l’humiliation et vit dans la crainte que son secret se sache. Malgré des parents aimants, elle doit supporter les propos d’une grand-mère qui pense que c’est un caprice et qu’on lui cède trop de choses et s’entête à la mégenrer. C’est une BD courte, mais forte. Même si le ton n’est pas des plus joyeux, la fin est lumineuse et rappelle que même si le chemin est difficile, avoir des allié·e·s aide à affronter la vie.
Une BD sombre, mais juste sur la transidentité.
Série Le mari de mon frère![]() de Gengoroh Tagame (traduite du japonais par Bruno Pham) Akata dans la collection L 7,95 € le tome, 130×180 mm, entre 180 à 192 pages suivant les tomes, imprimé en Italie, 2016-2017. |
Série Éclat(s) d’âme![]() de Yuhki Kamatani (traduite du japonais par Aurélien Estager) Akata dans la collection L Entre 7,95 € et 8,05 € selon le tome, 127×180 mm, 162 à 241 pages suivant les tomes, imprimé en Italie, 2018. |
Série Aromantic (love) story![]() de Haruka Ono (traduite du japonais par Satoko Fujimoto) Akata dans la collection L 6,99 € le tome, 112×176 mm, 192 à 200 pages suivant les tomes, imprimé en Italie, 2018-2019. |
Série Bless You![]() d’Ayumi Komura (traduite du japonais par Kevin Stocker) Akata dans la collection M 6,99 € le tome, 115×177 mm, 180 et 192 pages suivant le tome, imprimé en Italie, 2019. |
Série Celle que je suis![]() de Bingo Morihashi et Suwaru Koko (traduite du japonais par Claire Olivier) Akata dans la collection L 8,05 € le tome, 115×177 mm, 170 et 208 pages suivant les tomes, imprimé en Italie, 2019. |
Au coin d’une ride![]() de Thibaut Lambert Des ronds dans l’O 14 €, 195×265 mm, 46 pages, imprimé en France, 2019. |
Barricades![]() Scénario de Charlotte Bousquet, dessins de Jaypee Gulf Stream Editeur dans la collection Les graphiques 15 €, 170×240 mm, 72 pages, imprimé en Pologne, 2018. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !

