Aujourd’hui on plonge dans deux univers différents mais tout aussi hilarants ! Direction le collège de Félix Thomassin le « bolosse » grâce à Mon chien parle le bolosse de Dominique Souton, puis l’immeuble de la petite sorcière Verte, dans la génialissime adaptation de Pome de Marie Desplechin par Magali le Huche !
La vie de Félix Thomassin n’est pas si facile… Certes, il n’est plus vraiment un « bolosse » au collège, mais il reste quand même un peu exclu : tous ses copains ont des NAC (nouveaux animaux de compagnie). Wendy Perrin est l’heureuse propriétaire d’une poule (Michel), Hugo Rohmer a une tortue (Mademoiselle) et son (ex) meilleur ami Kévin a réussi à obtenir des GloFish, des poissons fluorescents interdits normalement à la vente… Bref l’heure est grave, si Félix ne veut pas être rétrogradé et passer du statut de « normal » à celui de bolosse, il lui faut un animal de compagnie ! Pourquoi pas un chien ?! Oui mais voilà ses parents ne sont pas prêts à céder… Et s’ils le font, Félix devrait se méfier, car ils ont la bonne idée de lui offrir un canidé… mais robot, qui a la fâcheuse habitude de répéter TOUT ce qu’il entend !
Dans Mon chien parle le bolosse on retrouve Félix, le petit héros de Ma vie de Bolosse et c’est toujours un plaisir ! L’histoire est une fois encore hilarante, la description des rapports amicaux adolescents particulièrement bien réussie (ah ! l’angoisse de ne plus faire partie du groupe !). Cette obsession d’être intégré, Dominique Souton la traite au travers des animaux de compagnie. Sans « NAC », aucune chance pour Félix de continuer à voir ses copains… mais l’histoire se révèle pleine de rebondissements : avec 9, son chien-robot qui répète tout ce qu’il entend (même les pires horreurs), Félix va acquérir un nouveau statut et les filles les plus populaires vont même venir chez lui ! Ce chien-robot permet à Dominique Souton de développer des scènes à pleurer de rire (notamment les scènes où les collégiens se retrouvent au parc avec leur NAC et que 9 professe des vérités profondes sur la vie et le monde qui l’entoure, laissant les ados songeurs…). C’est drôle, vivant, bien écrit, une attention toute particulière est portée au langage. L’autrice nous parle des relations adolescentes avec beaucoup d’humour et de vérité. On suit Félix, 9 et leurs amis dans leurs pérégrinations avec beaucoup de plaisir…. Et l’on espère pouvoir le faire pendant longtemps !
Un génial petit roman sur la « bollossitude ! »
Il y a du mouvement dans la vie de Verte : la petite sorcière vit toujours avec sa maman, mais elle doit maintenant composer avec sa grand-mère sorcière, un papa et aussi un grand-père ! Et si elle est toujours aussi copine avec Soufi, Verte est toujours un peu seule. Elle ne connaît aucune autre petite fille qui soit sorcière ! Mais ça, c’était avant ! Car dans l’immeuble de Raymond, son grand-père, il y a des nouvelles, mère et sa fille : Pome. Et devinez quoi ?! Pome semble elle aussi capable de choses surnaturelles ! Avec Soufi, les trois enfants sont bien décidés à mettre à profit ces drôles de talents magiques… !
Suite des aventures de Verte adapté en bande dessinée (le 1er tome était chroniqué ici) par Marie Desplechin et Magali le Huche, Pome tient toutes ses promesses ! On retrouve avec plaisir Verte, petite fille (presque) comme les autres, sa drôle de famille et sa nouvelle copine : Pome. Après avoir découvert qu’elles ont toutes les deux des pouvoirs magiques (si jamais vous voulez vous tester c’est simple : essayer d’apercevoir des homoncules dans le marronnier de la cour du collège), les deux amies vont prendre des cours chez la farfelue et fantasque Anastabotte, la grand-mère de Verte (cette dernière étant tombée sous le charme de Raymond, le « nouveau » grand-père de Verte… mais bref, c’est une autre histoire !). Le récit est riche, enlevé, drôle, plein de rebondissements et nous plonge dans le quotidien (quasi) normal de ces enfants. En dehors du côté « magie », l’on voit les relations parents/enfants, entre ami·e·s, etc. L’adaptation en bande dessinée est toujours aussi réussie ! Le texte a été coupé, ciselé, les dialogues fonctionnent très bien tandis que les illustrations de Magali le Huche apportent beaucoup au texte de Marie Desplechin et lui donne une véritable identité visuelle. L’album alterne entre des pages à multiples cases et de grandes planches qui décrivent des scènes particulières (notamment la maison et l’atelier d’Anastabotte. Comme dans le 1er tome on ne se lasse pas de contempler les mille et un bocaux, boîtes, etc. qui peuplent sa maison !). L’univers, poétique et rassurant ravira les plus jeunes et nous font espérer de lire bientôt la suite de la trilogie !
Une adaptation réussie, un vrai coup de cœur !
Mon chien parle le bolosse![]() Texte de Dominique Souton, illustré par Gabriel Gay L’école des loisirs 13 €, 150×218 mm, 112 pages, imprimé en France, 2018. |
Pome![]() Scénario de Marie Desplechin, dessins de Magali le Huche Rue de Sèvres 14 €, 218×284 mm, 89 pages, imprimé en France, 2018. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.

