Aujourd’hui, je vous propose des contes. On va croiser des personnages que l’on connait déjà, des contes du monde et des histoires inédites !
La journée est finie pour Noé, il décide d’aller retrouver Esther, celle qui fait battre son cœur. Mais pour ça, Noé doit traverser la rivière et il n’est pas le seul à vouloir aller de l’autre côté ! Dans sa barque montent tour à tour un chat, un chien, un veau, un cochon, une chèvre, un mouton, une famille lapin et un coq…
Fanny Joly nous raconte une très belle histoire sur l’entraide, avec plein de choses en arrière-plan : si le cochon et le veau veulent monter, c’est pour échapper à l’abattoir, la chèvre et le mouton s’aiment contre l’avis de leur entourage, les lapins ont été expulsés… Chaque animal fait la tête de voir un nouvel animal arriver, mais tous apprendront qu’ensemble on est plus fort, que c’est en s’entraidant qu’on avance. Les belles illustrations de Christine Davenier accompagnent à merveille le texte qui allie poésie et humour avec un parfait mélange.
Un bel album qui rappelle que parfois il faut dépasser sa méfiance et qu’ensemble on est plus fort.
Uchiki était un peintre, mais personne ne voyait ses toiles. Il jugeait son art médiocre et rangeait ses peintures, dès qu’elles étaient sèches, sur ses étagères afin de ne plus voir leurs imperfections. Vivant reculé, il n’avait que peu de visite aussi fut-il ravi de voir un jour arriver chez lui Maïtre Fuùbun. Celui-ci apportait des peintures au vieux Tetshuchine qui vivait plus loin dans la montagne, mais il était bien fatigué. Uchiki proposa d’aller porter les peintures à sa place, mais en chemin il décida de regarder les toiles et ce qu’il vit le rendit fou de jalousie.
Isabelle Wlodarczyk nous emmène une nouvelle fois au Japon, au pied de la montagne bleue qu’elle a imaginée. Et c’est encore une belle histoire sur la création qu’elle nous raconte. Uchiki va découvrir que son manque de confiance en lui fait qu’il ne voit pas ses toiles à leur juste valeur. Le texte est joliment illustré par les dessins lumineux de Xavière Broncard.
Un joli conte sur la création et la confiance en soi, avec le Japon comme toile de fond.
Tarara s’ennuie, seule, sur son île entourée par l’océan infini. Mais Tarara a un avantage par rapport à vous et moi, c’est une déesse, donc son ennui sera de courte durée ! Tarara décide d’inventer le monde. Elle va créer une montagne, le Soleil et la Lune, les marées… puis Tarara se crée un ami à partir d’un coquillage. Ensemble, ils créent le jour et la nuit, puis les hommes… Mais les hommes ne peuvent pas vivre avec les Dieux, et c’est peut-être là que les choses se compliquent…
Le monde parfait créé par Tarara va se détraquer par la faute du monde que les hommes ont créé. Les eaux montent, des monstres d’acier arrachent les arbres pendant qu’au sol l’air est devenu irrespirable.
C’est un magnifique ethno-conte écologique que proposent Abbadan (Jean-Marie Hosatte) et Helder Da Silva. Un conte qui fait réfléchir à ce que nous a donné la nature et ce que l’on en fait. Les planches, entre illustration jeunesse et BD, sont pleines de couleurs et grouillent de détails. En fin d’ouvrage, une double page documentaire sur les Kiribati, où se déroule l’histoire.
Une belle histoire pour se rappeler l’importance de préserver la nature.
À Alep, un roi avait fait interdire les marchands ambulants. Mais un marchand de figues de Barbarie, n’ayant que cette activité pour nourrir sa fille et lui, décida de braver l’interdiction afin de survivre. Ce qui devait arriver arriva forcément, il se fit prendre et emprisonner. Sa fille Selma, qui détestait l’injustice et adorait son père, décida de ne pas se laisser faire et de se venger de ce roi despotique. Une fête donnée en l’honneur de son fils est l’occasion pour Selma de se rendre au palais…
On parle de la dictature et des injustices dans ce très bel album sorti aux éditions Magnard, mais on parle surtout d’une jeune fille qui va
oser affronter un roi liberticide avec en arrière-plan l’éducation des petites filles. Si le conte d’origine syrienne et signé Muriel Bloch est magnifique, les illustrations de Sarah Loulendo le sont tout autant. L’addition des deux donne un magnifique album sorti dans une collection (Contes & Classiques du Monde) qu’on aime décidément beaucoup.
Une très belle histoire, venue de Syrie, sur une jeune fille qui n’a pas froid aux yeux.
Un soir d’hiver, un homme à cheval qui venait de perdre sa fortune s’égara dans la forêt où personne n’allait. Suivant une mouche bleue, il arriva dans un sinistre château. Personne ne semblait être présent dans cet endroit où il faisait bon être, mais des plats étaient dressés comme s’ils attendaient notre homme. Il avait si faim qu’il osa manger, puis il alla dormir. Le lendemain, au moment de partir, il décida de cueillir une rose pour Belle, sa fille. C’est à ce moment-là que la Bête se jeta sur lui.
Carole Martinez et Violaine Leroy revisitent le célèbre conte de Madame Leprince de Beaumont, La Belle et la Bête. Si l’on retrouve à peu près l’histoire originale, Carole Martinez y a tout de même insufflé des valeurs plus proches des siennes notamment d’un point de vue féministe. Visuellement, l’album est sublime (et le beau papier y contribue). La Bête est assez éloignée de celle créée par Cocteau avec Jean Marais dans le rôle (je l’avoue, ma seule référence quand il s’agit de cette histoire), elle est plus animale, et la Belle pourrait être une jeune fille d’aujourd’hui.
Quand Caroline Martinez et Violaine Leroy revisitent La Belle et la Bête, ça donne un magnifique album.
Actualité cinématographique oblige (oui, j’ai un peu de retard), Père Castor a également sorti une version de La Belle et la Bête. Ici, le texte est celui de Madame Leprince de Beaumont et les illustrations, plus classiques, sont d’Annette Marnat. On est plus dans une version classique, qui commence par « il était une fois », mais c’est un bel album avec de jolies illustrations rétro et une jaquette qui se transforme en poster.
Vingt cœurs ![]() ![]() Texte de Fanny Joly, illustré par Christine Davenier Les éditions Clochette dans la collection Le LivreAmi 13 €, 280×210 mm, 24 pages, imprimé en Union Européenne, 2017. |
La peinture d’Uchiki![]() ![]() Texte d’Isabelle Wlodarczyk, illustré par Xavière Broncard À pas de loups 16 €, 240×340 mm, 36 pages, imprimé en Belgique, 2017. |
Tarara des kiribati![]() ![]() Texte de Jean-Marie Hosatte, illustré par Helder Da Silva Glénat Jeunesse dans la collection Ethno-contes 14,99 €, 240×320 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2017. |
La fille du marchand de figues de Barbarie![]() ![]() Texte de Muriel Bloch, illustré par Sarah Loulendo Magnard Jeunesse dans la collection Contes & classiques du Monde 16,90 €, 326×286 mm, 34 pages, imprimé en Union Européenne, 2017. |
La Belle et la Bête![]() ![]() Texte de Carole Martinez, illustré par Violaine Leroy Gallimard Jeunesse 14 €, 250×308 mm, 32 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2017. |
La Belle et la Bête![]() ![]() Texte de Madame Leprince de Beaumont, illustré par Annette Marnat Père Castor 14 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2017. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



