On les appelle objets transitionnels ou doudous, aujourd’hui des livres qui mettent en scène des ours en peluche, un lapin de velours, un koala et toute sorte d’autres doudous. Et chez vous, c’est quoi le doudou ?
Il avait été offert parmi d’autres jouets à Noël. Pas tout de suite repéré, il vécut longtemps dans un placard avec pour seul ami un cheval en bois. Mais un soir où l’enfant ne trouvait plus son petit chien de porcelaine qui dormait avec lui, sa nounou avait pris le premier jouet venu, et c’était lui. Ce jour-là, il devint celui qui accompagnerait l’enfant partout, son doudou. Mais le lapin de velours avait un souhait, un rêve… devenir un vrai lapin.
Certain·e·s d’entre vous auront peut-être reconnu une histoire qui leur est familière. Sortie à l’école des loisirs il y a quelques années
sous le titre Le lapin en peluche et illustré par Komako Sakaï, la très belle histoire de Margery Williams revient donc dans une nouvelle version illustrée par Sarah Massini (et ici, c’est la version intégrale du texte que l’on peut lire). L’ouvrage, avec ses illustrations douces, ses pages épaisses et sa belle couverture argentée par endroits, fera un magnifique cadeau de Noël. Ce classique de la littérature anglaise, qui fait penser à Pinnochio et à Michka, a le charme de ces vieux contes que les enfants aiment entendre et réentendre et que l’on prend toujours plaisir à leur lire.
Une magnifique histoire intemporelle.
Alors qu’il voyage dans un train en direction de la mer, un ours se retrouve tout seul. Le petit garçon, qui l’appelait pourtant « mon ours chéri », l’a oublié là, sur la banquette. L’ours se sent si seul… mais sa solitude sera de courte durée, car le voilà bientôt placé aux objets trouvés où il rencontre une poupée. Depuis un mois, elle attend que la petite fille à qui elle appartient vienne la chercher… Le temps est si long qu’elle a oublié son prénom. L’ours ne peut se résoudre à attendre aussi longtemps et décide de partir.
C’est une très belle histoire que nous propose Hubert Ben Kemoun. Une histoire de jouets oubliés qui vont devoir prendre la route pour retrouver
les enfants qui les ont perdus. Bien entendu, on parle aussi ici de la peur de l’abandon que ressentent les enfants. Si l’histoire est superbe, elle est sublimée par les illustrations, un brin vintage et pleines de douceur, de Sejung Kim.
Une histoire pleine de tendresse et d’aventures mettant en scène deux doudous perdus.
Il y a les doudous qu’on aime… et il y a ceux que l’on n’aime pas. Adam n’aime pas Koala. Il le trouve horrible avec son regard qui semble toujours l’épier. Mais Adam a beau le dire à ses parents, rien à faire ! Alors Adam décide de prendre les choses en main : il faut se débarrasser de Koala… sauf qu’il a beau tout tenter, il revient toujours !
Je n’aime pas Koala est un livre à part dans la sélection… mais pas tant que ça (car bien entendu, désolé de vous dévoiler la fin, il se peut qu’Adam trouve qu’il n’est pas si nul ce koala !). Ici, on rit en voyant Adam tenter de planquer son koala en peluche sans aucun résultat et l’histoire devient même
intrigante quand il traverse des montagnes et des forêts pour l’abandonner… et le retrouve chez lui (un œil attentif permettra de comprendre ce qu’il s’est passé). La chute, totalement inattendue, nous fera fermer le livre sur un dernier rire. Si Adam n’aime pas koala, nous on aime ce livre-là !
Un livre extrêmement drôle sur les doudous qu’on n’aime pas, mais qu’en fait…
Horreur, malheur, Pépin a disparu ! Pour Balthazar, c’est une catastrophe, il n’a même pas faim. Son père a beau le rassurer en lui expliquant que lui aussi a perdu parfois son doudou quand il était petit, Balthazar est inquiet. Sous les conseils de l’écureuil, il réalise une affiche et va l’accrocher là où tout le monde pourra la voir.
C’est une longue histoire de Balthazar et Pépin que nous proposent Marie-Hélène Place et Caroline Fontaine-Riquier. Ici, il est donc question de la perte du doudou, sujet que connaissent bien les parents et les enfants, mais au-delà de ce sujet classique, on parle aussi de l’enfance des parents. Balthazar est très étonné de savoir que son père et son oncle avaient eux aussi des doudous ! Il s’étonnera surtout de voir que son père vit maintenant sans !
Un album très tendre, dans lequel les enfants seront heureux de retrouver deux héros qu’ils aiment dans une histoire plus longue que d’habitude.
Des doudous il y en a des tas. Il y a celui qui sent bon (il est rare celui-là !) et celui qui pue, celui qui suit partout, celui équipé d’une tétine. Il y a le doudou tout neuf et le tellement usé qu’on ne le reconnaît plus, mais il y a encore le doudou moche, le doudou énorme et celui qui fait de la musique.
Bénédicte Rivière et Élise Garcette recensent les doudous et proposent même à l’enfant de parler du sien (on trouve même un emplacement pour coller la photo du doudou). Si le sujet fait qu’on pourrait vite tomber dans la mièvrerie, ici ce n’est pas le cas, l’humour est bien présent tant dans le texte que dans les illustrations. Et le côté « participatif » va finir de séduire les possesseur·euse·s de doudou !
Un album drôle et tendre pour répertorier les doudous. Et chez vous, alors, il est comment ?
Le lapin de velours![]() ![]() Texte de Margery Williams (traduit par Rose-Marie Vassallo), illustré par Sarah Massini Père Castor 16,50 €, 240×265 mm, 64 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017. |
L’ours et la poupée![]() ![]() Texte d’Hubert Ben Kemoun, illustré par Sejung Kim Père Castor 13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2017. |
Je n’aime pas koala![]() ![]() Texte de Sean Ferrell (traducteur·trice non crédité·e), illustré par Charles Santoso Alice Jeunesse dans la collection Histoires comme ça 12,90 €, 237×242 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2017. |
Balthazar a perdu son ours Pépin![]() ![]() Texte de Marie-Hélène Place, illustré par Caroline Fontaine-Riquier Hatier Jeunesse dans la collection Balthazar 12,94 €, 240×270 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015. |
Tous les doudous et le mien !![]() ![]() Textes de Bénédicte Rivière, illustré par Élise Garcette Larousse 11,50 €, 205×245 mm, 32 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2017. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !


