Aujourd’hui, je vous propose deux romans forts.
Ça y est, c’est la fin du collège et les adolescent·es se sont donné rendez-vous sur la plage pour fêter ça. Varpu les regarde s’enivrer et elle se demande ce qu’il y a à fêter. Iels vont se retrouver à l’automne dans le seul lycée du coin. Les mêmes élèves, les mêmes enseignant·es, rien ne va changer. Ses deux meilleur·es ami·es ne sont pas avec elles. Iels ont trouvé un job d’été, Varpu, elle, passera son été ici (l’argent lui aurait pourtant été utile, avec sa mère elles ont vraiment du mal à finir le mois). Quand on est trois ami·es, c’est dur d’être seule alors que les autres sont ensemble. Elle pense à tout ça, en observant les autres sur la plage comme s’iels étaient à des kilomètres d’elle, se sentant si différente… Elle aperçoit bientôt Saga. La fabuleuse Saga. Celle qu’elle trouve si belle…
Cette année, Saga ne peut pas partir en vacances, pas de boulot d’été, pas même un week-end chez une copine ou un festival. Impossible de s’éloigner de chez elle. Pour faire croire que tout va bien, elle rit fort, sûrement trop fort, avec ses ami·es sur une plage où l’on fête la fin du collège alors que c’est la fin de rien du tout. Après le collège, ça sera le lycée, rien ne changera, elle le sait. C’est là qu’elle aperçoit Varpu. Elle la connaît sans la connaître. Elles vont dans le même collège, mais elle ne sait rien d’elle.
J’ai eu un gros coup de cœur pour Dans le noir, je peux être à toi, un roman finlandais tête-bêche (d’un côté l’histoire vue par Varpu, de l’autre celle vue par Saga). C’est extrêmement bien écrit (la qualité littéraire pourra d’ailleurs séduire autant les adultes que les ados) et j’ai pris énormément de plaisir à lire certains passages à voix haute, à envoyer des extraits à des ami·es tellement le texte est fort. Il est donc question ici d’une histoire d’amour entre deux adolescentes (j’ai volontairement fait l’impasse sur le principal dans le résumé concernant la partie Saga pour ne pas dévoiler ce qu’il lui arrive aux personnes qui voudraient commencer par la partie Varpu comme je l’ai fait), un amour passionnel, charnel (certaines scènes sont explicites, le roman peut mettre mal à l’aise de trop jeunes lecteur·rices). C’est un roman qui va m’habiter longtemps, avec des personnages qui m’ont marqué et en vous en parlant j’ai envie de le relire à nouveau. Bref, un coup de cœur, comme je vous le disais.
Cet été Dimitri et Tom vont faire du bateau en Grèce avec leur père. Voguer d’île en île sous le soleil le plan paraît idéal. Mais pendant le voyage, les frères comprennent que les vacances seront plus sportives que reposantes, pas de bol pour Tom qui n’aime rien plus que de dormir. Ils ne se doutent pas que ces vacances vont surtout prendre une tournure inattendue et que sur place ils vont faire des rencontres qui les marqueront à vie.
Difficile de résumer J’ai dû m’en aller, le roman de Mélanie Edwards sorti il y a quelques mois, tant les sujets abordés sont nombreux : injonction à la virilité, entraide, engagement, déracinement, migrant·es, histoires d’amour, deuil… L’autrice réussit à nous surprendre à plusieurs reprises, amenant ses personnages là où l’on ne s’y attend pas et même la fin m’a totalement surpris (voire déstabilisé). C’est un roman fort, riche et bien écrit qui a été réalisé dans le cadre du Feuilleton des Incos (les auteur·rices échangent avec des classes lors de l’écriture du roman, le leur envoient chapitre par chapitre, recueillant leurs avis au fur et à mesure).
Dans le noir, je peux être à toi![]() de Salla Simukka (traduit du finnois par Clément Thoby) Actes Sud Jeunesse 15,90 €, 141×198 mm, 192 pages, imprimé en Italie, 2024. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
J’ai dû m’en aller![]() de Mélanie Edwards Bayard Jeunesse 13,90 €, 138×210 mm, 160 pages, imprimé en Italie, 2024. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !

