Aujourd’hui, on rencontre de drôles de filles intrépides et courageuses, avec Verte une BD inspirée du cultissime roman de Marie Desplechin et Maresi de Maria Turtschaninoff…
Verte est une petite fille comme les autres (ou presque). Elle va à l’école, elle a des copines et puis surtout elle commence à avoir un petit béguin pour Soufi, un garçon de sa classe… Ce qui ne plaît pas du tout à Ursule sa maman ! Car, Verte est censée devenir une sorcière ! Une vraie de vraie. Elle est née dans une famille où les pouvoirs magiques se transmettent de mère en fille, et Ursule n’est vraiment pas prête à rompre la tradition… Alors pour initier Verte à la sorcellerie, elle décide de la confier à sa mère Anastabotte…
Après les Quatre sœurs et Le journal d’Aurore, Rue de Sèvres continue les adaptations des romans de l’école des Loisirs avec Verte… Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une fois encore, c’est très très réussi ! Magali le Huche croque à merveille le quotidien de Verte : l’école, l’appartement de sa mère, et surtout la maison d’Anastabotte (on ne se lasse pas des illustrations de son grenier et de son atelier de sorcière… C’est truffé de détails fabuleux qui nous font regretter de ne pas avoir une grand-mère sorcière !). Même s’il a fallu procéder à des coupes dans le texte, les situations sont toujours aussi cocasses et hilarantes – notamment les discussions entre Verte et sa mère – . Le trait de Magali Le Huche fait mouche et nous fait espérer qu’elle continuera à adapter la suite de la série de Marie Desplechin Pome et Mauve !
Un super roman graphique qui ravira les jeunes lecteurs.trices et leur fera voir les sorcières d’un œil nouveau !
Depuis sept ans Maresi vit à l’Abbaye Ecarlate, retirée du monde, sur une île mystérieuse. Une Abbaye pour les femmes et les filles qui refusent l’oppression patriarcale, qui espèrent pouvoir aider les leurs grâce aux études et aux savoirs et qui veulent vivre en toute liberté. Aucun homme n’a le droit de poser le pied sur cette île. Maresi vit heureuse et libre au milieu de ses sœurs, partageant son temps entre les études, les siestes au pied du citronnier, les travaux imposés, et les repas fantastiques. Seulement voilà, un jour une nouvelle fille apparaît : Yaï. Une fille étonnante, mutique et qui cache un lourd, très lourd secret… Pourquoi a-t-elle voulu rejoindre la communauté ? Et de quoi a-t-elle peur ?
C’est un formidable roman, étonnant et féministe que nous propose Maria Turtschaninoff. Maresi (du nom de son héroïne) nous plonge au cœur d’un univers fabuleux : l’abbaye Ecarlate. C’est Maresi qui écrit elle-même l’histoire, l’arrivée de la fameuse Yaï sur l’île et les bouleversements qui en sont issus (pour elle et la communauté). La trame narrative, trépidante et intrigante est parfois un prétexte pour nous faire découvrir la vie de cette drôle de communauté. Maria Turtschaninoff ne lésine pas sur les détails. Tout y est : la description des repas – qui nous fait saliver -, l’intitulé des cours, le programme extrêmement strict ainsi que l’organisation de l’Abbaye. Au-delà de cette étude quasi anthropologique de ce monde imaginaire, Maresi est également un véritable roman d’aventure, féministe et engagé, qui parle de la brutalité des hommes à l’encontre des femmes, de l’éducation des filles ainsi que de leurs pouvoirs…
Un magnifique roman, coup de cœur, surprenant et bouleversant !
Verte![]() ![]() Scénario de Marie Desplechin, dessins de Magali Le Huche Rue de Sèvres 14 €, 212×282 mm, 72 pages, imprimé en France, 2017. |
Maresi. Chroniques de l’abbaye écarlate![]() de Maria Turtschaninoff (traduit par Johanna Kuningas) Rageot 14,90 €, 145×210 mm, 272 pages, imprimé en France, 2017. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



Bonjour, je viens juste de finir Verte( je suis en pleine rédaction de l’article) et moi aussi j’ai succombé au charme de la jeune sorcière… un peu d’humour et de tendresse dans ce monde de brutes!!! A mettre dans toutes les mains !