Les quatre romans du jour mettent en scène des histoires d’amour entre garçons.
Depuis que la mère d’Achille est morte, son père a un comportement étrange et le rapport entre eux deux est compliqué, faussé. Alors, dès qu’il le peut, Achille fuit, passe le maximum de temps possible avec ses ami·es, espérant qu’iels seront naturel·les avec lui et ne lui parleront pas trop du drame qui l’a touché il y a six mois ou de comment va son père. Un soir, alors qu’il est à l’anniversaire de sa meilleure amie, il revoit Nicolas, le grand frère de celle-ci. Quand il est en sa présence, son monde est bouleversé.
C’est un roman très fort que signe Juliette Moraud (son premier). Dans La grâce du moment on rencontre donc un adolescent de 17 ans dont la vie a été chamboulée et qui va tomber amoureux d’un autre adolescent. Si le personnage principal est particulièrement touchant, le personnage du père m’a également énormément ému dans la façon de gérer la disparition soudaine de sa femme et tout ce que ça a provoqué chez lui. Loin de n’être qu’une romance gay, et c’est ce qui est fort dans ce roman, c’est une l’histoire d’un adolescent qui avance dans la vie, malgré le drame qui vient de le toucher. Le roman sonne particulièrement juste, j’ai aimé la plume de l’autrice qui nous embarque dans cette histoire sombre au premier abord et pourtant parsemé de plusieurs moments de lumière.
Parce qu’il a été victime d’un acte homophobe, Jéremy est resté chez lui pendant une période, mais aujourd’hui il est temps pour lui de retourner en cours et affronter les autres. Mira, elle, grandit dans l’ombre d’une grande sœur parfaite et elle sent qu’elle est la déception de ses parents. Heureusement, dans sa vie il y a Sebby, un adolescent extraverti qui assume son homosexualité, mais dont la vie est loin d’être rose. Ensemble, leur vie va devenir plus belle, plus douce, plus lumineuse.
Sorti en 2016 chez Gallimard Jeunesse, Fans de la vie impossible est un roman qui a déjà ses fans. Je le découvre quelques années plus tard et j’ai été surpris de la liberté de ton, de scènes assez osées (je ne mettrais pas ce livre dans les mains des plus jeunes). Avec une très belle plume, Kate Scelsa nous raconte trois adolescent·es perdu·es qui vont réussir à mieux avancer en étant ensemble, même s’il y aura des moments plus compliqués. On rit, on est profondément ému·es, on a envie de savoir la suite à chaque fin de chapitre (les chapitres alternent les voix des personnages). Les personnages secondaires sont aussi intéressants que les personnages principaux et permettent d’aborder de nombreux thèmes, un peu à l’image d’une série télé. C’est un roman vraiment original d’après moi (même si les triangles amoureux le sont moins, l’autrice nous raconte bien plus que ça), fort, dur par moments, touchant.
D’après la mère de Dylan, ça va être des vacances de rêve… En voyant le camping où la famille va passer les prochaines semaines, ce n’est pourtant pas ce que le jeune homme se dit. Lui rêvait de New York ou de Paris, pas d’un camping trouvé dans un guide qui propose des vacances dans les îles Britanniques à petit prix. Il se disait que dans la capitale française réputée pour être « la ville de l’amour » il allait rencontrer le garçon de ses rêves. Ce n’est pas dans un lieu dont la mascotte est un hamster géant que ça risque d’arriver. Quoique…
Ok, Mister hamster et moi… n’est pas de la grande littérature (on n’est plus proche du roman de plage), mais j’ai pris énormément de plaisir à lire cette histoire d’amour bourrée d’humour. J’ai d’ailleurs ri à de nombreuses reprises (ce qui est toujours gênant, dans les transports en commun). Dylan multiplie les mauvaises décisions (ce qui le rend particulièrement attachant), on a envie de lui crier d’ouvrir les yeux. L’homosexualité de l’adolescent de 14 ans est juste une donnée (d’ailleurs, elle nous est livrée dès le départ, sans effet d’annonce), et c’est assez rare pour être souligné. Bref, on roman qui ne vole sans doute pas bien haut, mais qui fait du bien !
L’été se termine et avec lui, la jolie histoire qu’Ollie, 17 ans, a vécue avec Will. Après sept semaines à s’embrasser, il faut retourner en cours. Ollie quittera la Caroline du Nord où il était venu pour être proche de sa tante malade, finies les vacances en Californie. De son côté, Will rentrera à Napier. Quand les parents d’Ollie lui annoncent qu’étant donné l’état de santé de sa tante iels ont décidé de rester là pour l’année et que l’adolescent intégrera un lycée du coin, celui-ci se dit qu’il reverra peut-être Will. Après tout, Napier est dans le même état que Collinswood. Mais dès le premier jour au lycée, Ollie tombe sur Will, il n’avait pas compris que Napier se situe qu’à une vingtaine de kilomètres et que les deux garçons allaient fréquenter la même école. Si Ollie assume son homosexualité et ne voit aucune raison de la cacher, ce n’est pas le cas de Will. Leur romance estivale pourra-t-elle se transformer en une histoire d’amour qui dure ?
Là encore, je sais que ce n’est pas le roman du siècle (une amie qui avait lu ce roman s’est d’ailleurs moquée de moi quand je lui ai dit que je l’avais aimé), mais j’ai aimé cette romance sans prétention (même si elle ressemble à bien d’autres, notamment Heartstopper). Le frêle Ollie et le sportif Will sont-ils faits pour s’aimer au-delà d’un été ? Le roman est par moments vraiment drôle, notamment dans les « proverbes » utilisés (par exemple à « Quand on trouve un ongle de pied dans son plat, on ne demande pas la carte des desserts »). Il aborde de nombreuses thématiques comme la maladie, l’homophobie, les différences culturelles (la famille de Will est d’origine vénézuélienne). Le roman est intéressant aussi sur la question d’être en couple avec quelqu’un qui n’assume pas son homosexualité quand on l’assume soi-même. Bref, si Un si joli désastre n’est pas le roman de l’année, je l’admets, si l’écriture de l’autrice n’est pas mémorable, je suis d’accord, ce roman a su m’émouvoir et me faire rire (je suis littéralement passé du rire aux larmes par moments) et aborde des sujets qui parleront à beaucoup d’adolescent·es.
La grâce du moment![]() de Juliette Moraud Actes Sud Jeunesse 16,50 €, 146×225 mm, 272 pages, imprimé en France, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Fans de la vie impossible![]() de Kate Scelsa (traduit de l’américain par Faustina Fiore) Gallimard Jeunesse, dans la collection Scripto 15 €, 130×200 mm, 364 pages, imprimé en Italie, 2016. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Mister Hamster et moi…![]() de Birdie Milano (traduit de l’anglais par Maud Ortalda) Bayard jeunesse, dans la collection Page Turners 14,90 €, 140×210 mm, 341 pages, imprimé en Italie, 2020. Achetez ce livre* via LaLibrairie.com ou Place des libraires (actuellement le livre est indisponible, mais doit se trouver en occasion ou en bibliothèque). |
Un si joli désastre![]() de Sophie Gonzales (traduit de l’australien par Noémie Saint Gal) Pocket Jeunesse, dans la collection Territoires 17,90 €,140×225 mm, 320 pages, imprimé en France chez un imprimeur eco-responsable, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !

