Aujourd’hui, je vous présente Éva, Julia et Lola, trois héroïnes comme on les aime.
Aujourd’hui, Éva a rendez-vous avec son cousin Théo ! Ensemble, ils vont aller dans un endroit que la petite fille ignore… c’est une surprise pour son anniversaire. Elle enfile sa robe bleue et ses ballerines dor… euh non attendez, visiblement l’illustrateur ne suit pas et sur le dessin c’est une tenue d’exploratrice. Bon, admettons… Éva, traverse les rues du centre-ville pour retrouver son cous… euh attendez, sur le dessin c’est un champ… Non, mais c’est quoi cette histoire, l’auteure et l’illustrateur racontent la même au moins ?
À première vue, tout semble normal dans L’histoire perdue avec du texte sur de belles et grandes planches, sauf qu’en bas de chaque page de droite, une bulle interpelle l’illustrateur qui visiblement n’en fait qu’à sa tête ! L’auteure explique qu’Éva ramasse des fleurs, l’illustrateur dessine une corde, elle parle d’une toupie trouvée dans la forêt, c’est une lampe qu’il dessine… forcément, elle doit continuer avec ses éléments à lui… jusqu’à ce qu’elle en ait assez… mais s’il y avait une raison à tout ça ? C’est un album des plus originaux où l’enfant à l’impression d’assister à une conversation (et disons-le, à une engueulade) où il serait spectateur. C’est extrêmement bien fait (tout en étant esthétique) et franchement très drôle !
Un livre original et carrément poilant !
Quand Julia décide de s’installer dans le coin, c’est le bord de mer qu’elle choisit. Dans sa grande maison, tout est calme… très calme… trop calme ! Alors Julia prend ses pinceaux et installe une pancarte « Maison de Julia, bienvenue aux monstres perdus ». Et, forcément, les visites commencent. D’abord un chat un peu étrange, puis un troll infiniment triste, puis… ben des tas d’autres monstres ! Seulement une maison remplie de monstres, c’est un peu compliqué et très vite la vie de Julia se transforme en cauchemar. Jusqu’au jour où Julia crie « STOP ! ».
On connaît (et l’on adore) Zita de Ben Hatke, une trilogie BD. Ici, on retrouve un peu son univers, mais adapté aux plus jeunes dans une version album. C’est plein d’humour, les dessins sont irrésistibles (à la fois drôles et esthétiques), mais il y a surtout une atmosphère, un côté décalé (la maison de Julia est loin d’être une maison normale). On est dans un univers onirique, fantastique. On pense bien sûr à Max et les Maximonstres (en plus moderne).
Un super album beau et drôle, poétique et fantastique.
Lola aime la nature et les animaux. Elle adore regarder les fourmis et construire des cabanes aux scarabées. Les oiseaux, elle a plus de mal les observer, ils vivent dans le grand arbre et Lola est toute petite. Aussi le jour où son père ramène une cage avec des tourterelles, la petite fille est aux anges, elle peut enfin admirer ces animaux. Lola aime tant ses tourterelles que la cage ne la quitte plus, même pour dormir. Lola aime tant ses tourterelles qu’un jour…
Les tourterelles est un bel album sur la liberté, doit-on garder en cage ceux qu’on aime, les garder que pour soi ou les laisser vivre leur vie quitte à en être séparé ? Au-delà des oiseaux en cage, on peut bien entendu voir une métaphore sur l’amitié, on peut aussi y voir une critique juste des zoos et autres lieux d’enfermement (pour la trivialité des humains). L’album est magnifique (ah les illustrations de Maurèen Poignonec) et le texte très poétique.
Un bel album sur la liberté et contre les cages.
L’histoire perdue![]() ![]() Texte de Meritxell Martí, illustré par Xavier Salomó Seuil Jeunesse 13,50 €, 285×220 mm, 40 pages, imprimé en Espagne, 2016. |
Julia et les monstres perdus![]() ![]() de Ben Hatke (traducteur.trice non crédité.e) Dargaud 7,95 €, 245×182 mm, 32 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur écoresponsable, 2015. |
Les tourterelles![]() ![]() Texte de Karine Guiton, illustré par Maurèen Poignonec La palissade 13,50 €, 218×280 mm, 28 pages, imprimé en France chez un imprimeur écoresponsable, 2016. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



yeh ! Super chronique !
Je suis très intriguée par le premier album. J’espère le trouver chez ma libraire. C’est trop compliqué pour des maternelles ou pas d’après toi ?
J’adore travailler sur le rapport texte et illustrations. J’ai déjà ma petite sélection et je pense que celui-ci pourrait y trouver une belle place.