Aujourd’hui on plonge dans deux univers très différents mais tout aussi poétiques grâce à deux superbes ouvrages : Le Vélo Géant et Profession crocodile… Ouvrez grands vos yeux !
Martha a une grande passion dans la vie : le vélo. Seul problème, la fillette est encore obligée de rouler avec des petites roues… Le jour où sa maman lui offre le grand vélo de ses rêves, Martha ne sait plus où donner de la tête, surtout qu’au même moment, un jeune homme très particulier vient travailler pour l’été dans la ferme familiale. Un drôle de bonhomme, un peu poète, qui passe son temps libre à dessiner des vélos bizarres et fantastiques…
Le Vélo Géant est un album BD formidable et intelligent, qui parle (même avec très très peu de dialogues) du rêve, de désir et d’amitié. On se passionne pour la petite héroïne de Lau Bergey, intrépide et courageuse qui enrage de ne pas savoir faire du « grand vélo » et se résigne à aller à l’école avec ses roulettes. L’amitié qui se tisse entre l’enfant et ce jeune homme lunaire est remarquablement mise en valeur. C’est grâce à lui, et à ses dessins, que Martha va décider de vivre ses rêves (mais chut, je refuse de vous raconter la fin !). Les illustrations de Nicolas André mettent en valeur cette jolie histoire. Avec des tons chauds et un trait simple, il nous dépeint un monde rural rassurant où tous les rêves peuvent, avec un peu d’imagination, devenir réalité !
Un très joli album sur la force de l’amitié et l’importance de l’imagination !
Comme tous les matins, Monsieur Crocodile s’éveille un peu difficilement au son tonitruant de son réveil. Comme tous les matins, il se lève, ouvre ses rideaux, passe au petit coin avant de prendre son petit déjeuner. Et puis il sort, traverse des rues, prend le métro, flâne devant des magasins, salive devant un poulet rôti et se résigne enfin à rejoindre son lieu de travail…
Attention chef-d’œuvre ! Vous avez entre les mains une pure merveille, un album S-P-L-E-N-D-I-D-E ! Cette histoire « sans paroles » de Giovanna Zoboli, illustrée par Mariachiara di Giorgio, est un petit bijou, truffé de bonnes idées. Durant une trentaine de pages, on suit les pérégrinations matinales de ce crocodile comme les autres. On le suit dans tous ces petits gestes du quotidien : qu’il ouvre ses rideaux, qu’il soit serré comme une sardine avec les autres passagers du métro ou qu’il achète un bouquet de fleurs… Aucune personne qu’il ne rencontre ne semble s’affoler du fait qu’un crocodile vêtu d’un imperméable traverse la rue comme si de rien n’était ! Si l’album ne contient aucun dialogue, il n’en demeure pas moins que l’on passe un temps fou à scruter les magnifiques illustrations colorées et chatoyantes de Mariachiara di Giorgio qui fourmillent de détails : la rame du métro où chaque personnage a son originalité propre, les rues de la ville, le boucher… Au final, Profession Crocodile se révèle être une formidable ode à l’invention du quotidien : dans chaque petit moment de notre vie, il est possible de trouver de la fantaisie. Jusqu’à la dernière page, on est intrigué par la fameuse « profession » du sieur Crocodile, et l’on n’est pas déçu. Alors si vous aussi, vous avez envie de cette parenthèse enchantée, foncez lire Profession Crocodile !
Un album coup de cœur, magnifique, à regarder et re-regarder encore !
Le Vélo Géant![]() ![]() Texte de Lau Bergey, illustré par Nicolas André La joie de lire 10 €, 193×249 mm, 40 pages, imprimé en Suisse, 2017. |
Profession crocodile![]() ![]() Texte de Giovanna Zoboli, illustré par Mariachiara di Giorgio Les fourmis rouges 16 €, 308×207 mm, 32 pages, imprimé en France, 2017. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



intriguant ce crocodile….