Aujourd’hui, je vous propose deux beaux albums, dans le premier on rappellera que même les garçons pleurent, dans le second il sera question d’un petit ours qui rentre à la maison, patapon, patapon.
Pour Tom, c’est le premier jour d’école, vous imaginez sa peur… Mais comme son père lui a dit que « les grands garçons ne pleurent pas », il retient ses larmes… Sauf que sur le chemin Tom croise un pêcheur en larmes parce qu’il part en voyage et ne reverra pas ses filles avant un bon moment, un musicien qui pleure ému par sa musique, des poètes si passionnés qu’ils ont les larmes aux yeux… Son père ne se trompait-il pas ?
Dans ce très bel album on déconstruit les idées reçues. Le père de Tom est un peu maladroit et ne trouve que cette phrase pour encourager son fils… mais il prouvera lui-même qu’il a dit un mensonge… Le livre rappelle que les parents disent parfois les choses un peu vite, dans l’espoir de faire du bien à leurs enfants, et surtout que les larmes ne sont pas réservées aux filles ! Si l’on a pu voir des livres qui nous montraient que les garçons pouvaient pleurer en nous donnant comme exemple des larmes
de joie, ici les larmes sont multiples, du pêcheur costaud réellement triste au poète ému par la beauté. Que ce soit de petites larmes ou de gros sanglots, chacun a sa raison de pleurer ! Ajoutons que les illustrations bourrées de détails sont magnifiques et qu’ici les personnes racisées sont aussi représentées.
Un très bel album pour rappeler que les larmes ne sont pas l’apanage des filles.
Un petit ours marche, il avance vers sa maison, patapon patapon. Mais voilà que la nuit tombe, notre petit ours n’est pas rassuré surtout quand des chauves-souris lui foncent dessus. Il lui faut se dépêcher, surtout qu’un loup veille… mais quelle est cette ombre gigantesque derrière le loup ?
Voilà une petite merveille… Je suis obligé de vous dévoiler la fin pour vous en parler (ne m’en voulez pas), mais si cet ours avance dans la nuit il n’est pas seul et l’énorme monstre qui le suit (et se débarrasse du loup) n’est autre que son père. L’intrigue est extrêmement bien menée (on commence à angoisser quand on voit une énorme patte apparaître sur la gauche de la double page, et de plus en plus quand on s’aperçoit que la patte appartient à une forme gigantesque, puis voilà qu’on pousse un gros « ouf ! » quand on comprend que ce n’était que l’ombre
bienveillante du père qui suivait son enfant). Ajoutons que le texte, et sa répétition de « patapon patapon », est extrêmement rythmé et est un régal à lire à voix haute, Les illustrations sont magnifiques, tout autant que l’histoire, et le beau papier choisi par Le Cosmographe les met en valeur.
Un magnifique album sur un père qui veille sur son fils.
Les grands garçons pleurent aussi![]() ![]() de Jonty Howley (traduit par InText) Kimane 12,95 €, 285×220 mm, 44 pages, imprimé en Chine, 2019. |
Sur le chemin de la maison – Patapon, patapon![]() ![]() Texte de Yukiko Hiromatsu (traduit du japonais par Vincent Portier), illustré par Tomoko Koyama Le cosmographe 14,90 €, 200×240 mm, 32 pages, lieu d’impression non indiqué, 2019. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !


