Aujourd’hui, on fait la connaissance d’un drôle de petit être qui hante les bois et terrorise ses habitant.e.s : Kipik, puis l’on part, direction les Açores, à la rencontre de la belle Clarinha…
Il était une fois, dans une forêt sombre, un être grincheux et désagréable couvert d’épine : Kipik. Le plaisir de Kipik ? Faire peur aux habitant.e.s des bois, leur faire mal et embêter tous ceux et celles qui croisent son chemin : les escargots – il les embroche -, les rouges-gorges – il les enferme dans un bocal -, et les pétales de fleurs – il les arrache ! Mais pour ce faire, Kipik, doit prendre soin de ses épines, qu’il aiguise consciencieusement chaque matin. Seulement voilà, un jour, patatras, voici que les épines de Kipik se mettent à tomber les unes après les autres… Notre drôle de petit être se retrouve nu comme un vers… Peut-être le début d’une transformation ? Car à quoi sert de continuer à être terrifiant sans épines ?
Kipik est un formidable album, drôle et poétique ! Sous ses airs de méchant, Kipik
se révèle être un « animal » plutôt sympathique et amusant –mais je ne vous en dis pas plus, pour ne pas gâcher votre plaisir-. Ilaria Guarducci nous parle ici fatalité (est-on obligé d’être méchant quand on a des épines ? Vous avez 4h pour répondre…), déterminisme social, et surtout pouvoir de l’amitié. Car c’est grâce à sa rencontre avec un charmant lapin nommé Bernard que Kipik va petit à petit découvrir les plaisirs de la vie. Si le texte fait mouche, les illustrations nous plongent dans un monde vif et coloré où il fait bon vivre, même aux côtés de Kipik !
Une ode à l’amitié et aux petits plaisirs du quotidien !
Il y a bien longtemps, dans l’archipel des Açores, se trouvaient deux îles : l’île de Florès oùvivait Clarinha et l’île de Terceira qu’habitait Martim. Ces deux-là étaient promis l’un à l’autre depuis leur naissance. Oui mais voilà, un beau jour, Clarinha tombe sur un gigantesque oiseau… Un oiseau de mauvais augure qui va lui demander de faire un choix cornélien : préfères-tu souffrir au temps de ta jeunesse ou au temps de ta vieillesse ?
Quel magnifique album que Clarinha ! Tout en reprenant les codes du conte traditionnel (les princes et princesses, le mariage, les épreuves…) Muriel Bloch nous livre une version personnelle de cette histoire venue tout droit du Portugal. L’autrice questionne ici le libre arbitre ainsi que les choix de l’héroïne. L’histoire poétique et onirique est rehaussée par les superbes illustrations d’Aurelia Fronty (toujours aussi reconnaissables !). On se délecte de cette explosion de couleurs et de formes. À chaque page, c’est un tableau nouveau qui s’offre au lecteur et à la lectrice : toujours plus de fleurs, de paysages et de décor merveilleux qui nous font un peu regretter de ne pas vivre dans une île au milieu des Açores (bon même si cette pauvre Clarinha ne vit pas que des choses très marrantes…) !
Un très joli conte ensorcelant et irrésistible !
Kipik![]() ![]() d’Ilaria Guarducci (traducteur.trice non crédité.e) Talents Hauts 14 €, 200×260 mm, 32 pages, imprimé en France, 2017. |
Clarinha![]() ![]() Texte de Muriel Bloch, illustré par Aurélia Fronty Didier Jeunesse 14,20 €, 245×318 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



Kipik est une traduction ?