Aujourd’hui, on rentre dans le quotidien pas ordinaire de deux personnages drôles et amusants grâce à deux albums génialissimes : Hyper bien de Fred Fivaz et Où tu vas comme ça de Gilles Bizouerne et Bérengère Delaporte…
Charles est HYPER BIEN, allongé sur sa chaise longue du futur, en train de faire une sieste… Mais soudain, Charles a une envie pressante, une envie de faire un truc HYPER COOL : du canoé. Ni une ni deux, notre héros hyperactif décide de partir, HYPER MOTIVÉ mais sur la route de la rivière, Charles a soudainement envie d’une glace HYPER BONNE. Il rebrousse chemin : direction la plage chez le glacier Gérard Gelato… Quand tout à coup, Charles a finalement très envie de construire une cabane dans la forêt…
Quel curieux petit album que cet Hyper Bien (qui porte d’ailleurs très bien son nom !) Fred Fivaz nous conte les tribulations d’un drôle de personnage : Charles qui passe son temps à changer d’avis. Si Charles vit dans le futur, il possède néanmoins toutes les caractéristiques d’un enfant d’aujourd’hui : Charles a pleins d’idées, Charles est hyperactif, Charles est curieux et passe son temps à zapper. L’histoire est drôle, enlevée, on se laisse séduire par ce héros atypique. Fred Fivaz a construit son album comme une boucle : on termine le récit comme on l’a commencé : Charles décide de revenir à sa « chaise du futur » pour rêvasser. Car Hyper Bien est une véritable ode à la procrastination, au « droit » au rêve et à l’ennui et il interroge l’enfant sur son rapport au monde et à toutes les tentations qui l’entourent. Le graphisme, très moderne, nous plonge dans une ambiance futuriste et colorée qui séduira les plus jeunes.
Un album coup de cœur, hyperdrôle !
Il était une fois une petite fille du nom de Fillette. Après une longue journée, Fillette marche dans la forêt pour rentrer chez son papa. Mais soudain, Fillette rencontre Loup qui, grand seigneur, décide d’accompagner Fillette jusqu’à chez elle pour qu’elle évite de se faire croquer par un animal féroce… Quelques mètres plus loin, notre héroïne fait la connaissance de Sorcière, puis d’Ogre et enfin de Monstre qui se montrent tous très soucieux de son destin…
Gilles Bizouerne et Bérengère Delaporte signent un album hilarant avec Où tu vas comme ça ? Ce « conte randonnée » révèle bien des surprises… Car si l’on comprend très vite l’intérêt des « monstres » que rencontre Fillette (à savoir manger la petite fille), le lecteur et la lectrice comprendront très vite que l’héroïne est loin d’être naïve et qu’elle a un papa un peu particulier… L’album joue sur les apparences ainsi que les codes du conte. Rapidement cette balade bucolique dans les bois va tourner en bagarre – alors que la petite fille marche devant, à l’arrière les monstres se tapent les uns sur les autres pour avoir la primauté de croquer l’enfant -. Le trait de Bérengère Delaporte se marie parfaitement avec le récit de Gilles Bizouerne. Les illustrations vives et colorées jouent sur le contraste entre le cadre d’une paisible promenade en forêt, où les bosquets sont fleuris et les arbres verdoyants, et les méchants qui la peuplent. Très vivant, l’album ravira les plus jeunes (notamment grâce aux scènes de bagarre). La fin du conte permet un véritable retournement de situation, puisque le papa de Fillette n’est autre… qu’un loup-garou, le.la lecteur.trice comprendra très vite que la petite héroïne n’est peut-être pas si naïve et candide que cela…
Un très joli album drôle et poétique sur les apparences parfois trompeuses !
Hyper Bien![]() ![]() de Fred Fivaz Le Rouergue 14 €, 190×251 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018. |
Où tu vas comme ça ![]() ![]() Texte de Gilles Bizouerne, illustré par Bérengère Delaporte Didier Jeunesse 12,90 €, 273×224 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


