Aujourd’hui je vous propose deux formidables albums : une plongée dans l’univers mexicain avec Catrina de Mickaël Soutif et puis une réflexion hilarante sur la société de consommation grâce au drôlissime Top Car de Davide Cali et Sébastien Mourrain !
Alejandro est plus que surpris ! Le voilà assis à une table, devant tous ses mets préférés : des quesadillas, des tamales… Mais il ne sait plus du tout comment il est arrivé ici… Il faut dire qu’après quelques tequilas, ses souvenirs sont un peu flous ! Après ce bon repas, Alejandro décide d’aller rejoindre sa femme Élisabeth et ses enfants. Mais sur son chemin, il tombe sur un drôle de personnage : Catrina… Qui va peut-être percer les mystères de cette drôle de journée !
Catrina est un album formidable, une véritable plongée ethnologique au cœur de la culture mexicaine ! Le personnage principal Alejandro est en fait déjà… mort, et Catrina (la grande faucheuse) ne perdra pas de temps pour le ramener au cimetière, où la famille de notre héros festoie sur sa tombe. Mickaël Soutif nous propose une réflexion amusante sur la mort. Car si, chez nous, le deuil est une épreuve terrible, au Mexique on célèbre avec joie ce passage dans l’au-delà. L’histoire d’Alejandro, écrite en vers, est drôle et bien amenée tandis que les illustrations (splendides) nous dépeignent un univers à la fois sombre et lumineux,
inquiétant et comique, où les squelettes portent des chapeaux colorés et jouent de l’accordéon, où Catrina la mort est une grande dame très apprêtée et où les familles célèbrent leurs morts dans la joie et la bonne humeur. Mickaël Soutif a utilisé de la pâte à modeler pour construire ce petit monde, c’est absolument magnifique, et l’on passe de longs moments à observer chaque détail : les fleurs qui ornent la tête des squelettes, la table à manger d’Alejandro… Cette immersion dans le monde mexicain ne vous laissera pas indifférent·e·s !
Un très joli album, étonnant et amusant sur le deuil ! Un régal !
La voiture de Jacques est petite, pratique à garer et facile à conduire. Oui mais voilà, la voiture de Jacques est vieille, et Jacques ne rêve que d’une chose : la Vénus, la plus belle des voitures, la plus rapide et la préférée des jolies filles. Problème : la Vénus coûte « seulement » 99 999 pez… Et Jacques n’a pas les moyens…
Avec Top Car, Davide Cali et Sébastien Mourrain nous proposent une fable cynique et grinçante sur la société de consommation. Jacques ne rêve que de pouvoir s’offrir la Vénus, qu’il voit tous les jours sur des panneaux de publicité géants. Tous les moyens sont bons pour y arriver : travailler plus, faire un deuxième métier encore plus aliénant qui lui permettra d’avoir les pez nécessaires. Et le jour où ENFIN Jacques arrive à s’offrir une nouvelle voiture… devinez quoi : un modèle encore plus performant et qui plaît ENCORE PLUS aux jolies filles est mis sur le marché ! Au
travers de cette drôle d’histoire de voiture, Davide Cali dénonce avec esprit et malice les travers et dérives de nos sociétés de consommation : ce besoin effréné de posséder toujours plus, d’acheter du neuf et l’insatisfaction qui va de pair. Car le plaisir de posséder la « Vénus » va très vite être gâché par l’arrivée sur le marché de « L’Aphrodite », et Jacques, si content quelques secondes avant de posséder ce nouvel objet ne va avoir qu’une nouvelle obsession : acheter l’Aphrodite… Les illustrations de Sébastien Mourrain nous plongent avec plaisir dans le monde de Jacques, solitaire et insatisfait, qui ne pense pouvoir atteindre le bonheur que par l’acquisition de nouveaux biens…
Un superbe album, coup de cœur, qui pose un regard drôle et caustique sur la société de consommation et ses dérives !
Catrin![]() ![]() de Michael Soutif L’atelier du Poisson Soluble 15 €, 206×206 mm, 36 pages, imprimé en France, 2018. |
Top Car![]() ![]() Texte de Davide Cali, illustré par Sébastien Mourrain Les éditions des éléphants 14 €, 185×268 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.


