Aujourd’hui, je vous emmène découvrir deux très beaux albums avec 100 % d’héroïnes féminines dedans ! Dans le premier, trois sœurs avides d’aventures essayent de débusquer le mystérieux Quetzalcoatl et dans le second, deux orphelines se lient d’amitié et sont littéralement fascinées par un anneau d’or aux grands pouvoirs.
Waïta, Shaska et Tania sont trois sœurs chasseuses de trésors. Il n’y a rien qu’elles n’aiment plus que de partir à l’aventure, à part peut-être faire la course entre elles. D’ailleurs, elles ne tiennent absolument pas en place et décident de partir pour une ultime quête : le légendaire Quetzalcoatl.
Dès le titre, à forte consonance nahuatl (une langue précolombienne), le lecteur et la lectrice sont immédiatement transporté·e·s en Amérique du Sud. Les illustrations sont tout simplement éblouissantes. Les caractères des trois héroïnes, très différents l’un de l’autre, y sont clairement lisibles, impossible de confondre une sœur avec une autre ! J’ai particulièrement admiré les architectures brassant les origines et les cultures, notamment le merveilleux salon des trois héroïnes, où je rêve de déménager illico presto. Le récit est original et nous emporte dès le début, on découvre des jeunes filles énergiques, qui savent ce qu’elles veulent et qui ne laisseront clairement personne se mettre en travers leur chemin. On pourrait se réjouir de lire une histoire où des filles font la course et partent à l’aventure, mais, malheureusement (alors qu’elles sont fortes, bonnes stratèges et tout ce que vous voudrez), c’est finalement leur grande beauté qui va permettre la résolution de l’intrigue. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous révéler la fin de l’histoire, mais je trouve ça un peu dommage qu’avec une histoire et des personnages aussi riches, le dénouement repose finalement essentiellement sur la beauté des héroïnes.
Une aventure qui vous fera voyager, à lire entre sœurs (même moches).
Dans un orphelinat, un drôle de trio se lie d’amitié. Cornélia, une jeune fille aveugle, son corbeau et Virginia. Les deux jeunes filles s’aiment, malgré toutes leurs différences, et passent tout leur temps ensemble, accompagnées par Jack, le corbeau. Souvent, elles s’échappent ensemble de l’orphelinat, à la nuit tombée, et se rendent dans un temple en ruine où « trône un immense œil de pierre » serti en son centre par un anneau d’or. D’après la légende, cet anneau apporterait richesse, célébrité et bonheur. Les deux jeunes filles n’ont de cesse que d’essayer d’y passer leurs doigts pour réussir à l’extirper de la roche, à la manière d’Excalibur. Un jour, enfin, Cornélia parvient à retirer l’anneau de son socle, mais la gloire attendue ne semble pas être au rendez-vous…
Ce conte merveilleusement illustré vous emporte dès les premières lignes. C’est Jack, le corbeau, qui narre cette aventure mystérieuse et parfois un peu sombre qui pourrait presque vous mettre la chair de poule. Ici aussi, les illustrations sont somptueuses, réalistes au point que même les expressions sur le visage des personnages sont parfaitement traduites. Le grand format permet de se plonger véritablement dans cet univers magique et maléfique pour le plus grand bonheur des petits et des plus grands (moi, par exemple). Cet ouvrage reprend le schéma du conte traditionnel, ne lui manque que le fameux « il était une fois ». On suit les deux jeunes femmes de l’enfance jusqu’à l’âge adulte dans leur amitié en apparence indéfectible, avant que l’une des deux trouve l’anneau.
Un conte superbement illustré, à lire et à regarder.
Quetzalcoatl![]() ![]() Texte de Taï-Marc Le Thanh, illustré par Éric Puybaret Gautier-Languereau 14 €, 240 x 305 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017. |
La Malédiction de l’anneau d’or![]() ![]() Texte de Fred Bernard, illustré par François Roca Albin Michel Jeunesse 19 €, 285 x 355 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2017. |
Aime le papier bulles et les dinosaures.



