Aujourd’hui, je vous présente deux petits romans très réussis : le premier nous embarque à la rencontre d’une drôle de famille d’enchanteurs, tandis que l’autre met en scène un petit garçon se découvrant un bien étonnant pouvoir…
La famille Merlin appartient à une longue lignée d’enchanteurs : tous ses membres ont un don, de génération en génération. Le père, grand chirurgien, sait réparer les cœurs mieux que personne, tandis que sa femme prépare sa troisième thèse de physique. Parmi leurs enfants, on retrouve une merveilleuse danseuse classique, un brillant informaticien, ou encore une romancière de génie. Et l’on compte même dans leurs ancêtres de nombreux noms célèbres, parmi lesquels Maria Callas, dont la voix enchantait littéralement les foules ! Parmi tous ces génies, le petit dernier, Philibert, peine à trouver sa place : car, pour l’instant, le petit garçon ne s’est encore illustré dans aucun domaine. Pire encore ! Il enchaîne les bêtises et les maladresses, la dernière en date ayant causé une violente intoxication alimentaire à l’un de ses camarades, à qui il avait voulu préparer une potion. Plus le temps passe et plus l’inquiétude se faire sentir : et si Philibert n’avait tout simplement pas de don ? Et s’il était désespérément… normal ?
Voilà un petit roman vraiment réjouissant ! Philibert Merlin nous plonge dans l’univers atypique de cette famille vraiment pas comme les autres, et parvient à lui donner vie dès les premières pages. On s’attache vite à ce petit garçon aux airs de vilain petit canard qui peine à s’intégrer dans cette fratrie de génie. Les multiples talents des membres de la famille donnent une vraie dynamique au texte, et l’écriture de Gwladys Constant, pleine d’humour et de références (on découvre au fil du texte que nombre de personnages illustres font partie des enchanteurs), instaure une ambiance vraiment originale. Et si les expériences du petit garçon pour découvrir son propre don sont plutôt savoureuses, le roman nous offre aussi une jolie dose d’émotion et de questionnements sur le fait de se sentir, ou non, à sa place au sein de sa famille.
Un court roman plein de charme et de magie !
Aujourd’hui au collège, Ayrton a eu un 18 pour son superbe dessin de chat au fusain. Le petit garçon est d’autant plus heureux qu’il a eu les compliments de son professeur d’arts plastiques, qu’il apprécie beaucoup. À la maison, les choses ne se passent malheureusement pas aussi bien… Car le père d’Ayrton, depuis plusieurs mois, lui mène la vie dure : passant ses journées chez lui depuis la perte de son emploi, il nettoie sans cesse la maison et devient agressif quand il craint que son fils ne la salisse. L’enfant et sa mère vivent dans la peur constante de ces accès de colère, ponctués de mots blessants et de réflexions acerbes. Quand un chat apparaît à la fenêtre de sa chambre, et qu’il ressemble trait pour trait à celui de son dessin, Ayrton ne peut s’empêcher d’y voir un signe. Et s’il avait un don qui lui permettait de donner vie à ce qu’il dessinait ? Et s’il pouvait utiliser son pouvoir pour régler ses problèmes ? C’est décidé, Ayrton va créer un papa de papier…
Être capable de donner vie à ses propres dessins… voilà un pouvoir qui a de quoi faire rêver ! Mais si l’intrigue de départ et les rebondissements du texte nous offrent une bonne dose de suspense et de magie, force est de constater que les rêves du petit héros de cette histoire sont cependant assez terre à terre : cesser de vivre dans la peur constante. La grande force de ce petit roman est la subtilité avec laquelle est traité le thème de la maltraitance. L’emprise du père sur la famille est évoquée avec beaucoup de justesse, et l’on ressent bien la terreur du petit garçon, d’autant plus difficile à vivre qu’elle est mêlée d’amour et d’inquiétude pour cet homme qui va mal. Avec beaucoup de tendresse, Papa de papier incite à comprendre que l’on peut aimer son parent et penser qu’il a besoin d’aide sans renoncer à le dénoncer si ce qu’il fait est inacceptable.
Un très joli petit roman, émouvant et intelligent.
Philibert Merlin, apprenti enchanteur![]() Texte de Gwladys Constant, illustré par Juliette Barbanègre Le Rouergue dans la collection Dacodac 9,50 €, 140×189 mm, 107 pages, imprimé en France, 2018. |
Papa de papier![]() de Nadia Coste Syros dans la collection Tempo 6,95 €, 120×180 mm, 128 pages, imprimé en France, 2018. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.


Bonjour, pour quel age conseilleriez vous ” merlin” ?
bonne après midi
titoulematou
Bonjour,
L’éditeur le conseille à partir de 9 ans. Le texte est assez dense mais reste très accessible ! (et je pense qu’en lecture à voix haute il peut même plaire à des enfants un peu plus jeunes)