Aujourd’hui, je vous présente deux livres très différents mais passionnants. Le premier est un roman plein d’émotion et de surprises, et le second invite à se lancer dans la grande aventure de l’écriture. C’est parti !
Déborah entame son année de terminale avec appréhension et déjà quelques problèmes en poche : un chien dont elle déteste ramasser les crottes, rien d’autre à se mettre aux pieds qu’une paire de bottes-grenouille, et une nouvelle classe sans sa meilleure amie. Et suivant son « théorème de la scoumoune », comme elle l’appelle, les choses vont de mal en pis : la voilà contrainte de se rapprocher de Jamal, un garçon bizarre fan de mygales, puis de garder le silence sur l’infidélité de son père, qu’elle a surpris en train d’embrasser une autre femme… Sans compter le comportement plus qu’étrange de sa mère, qui passe de longues heures assise par terre à découper des magazines… Heureusement, il y a le beau Victor, et puis des amitiés inattendues, et bien sûr les inépuisables ressources de Déborah et son caractère à toute épreuve. Pas de doute, avec elle, la scoumoune n’aura qu’à bien se tenir !
Une héroïne pleine d’humour, des amitiés fortes et parfois chaotiques, un sentiment d’incompréhension face aux adultes et un béguin naissant… Je suis ton soleil semble au premier abord reprendre les éléments classiques de beaucoup de romans pour ado au ton léger. On s’attache vite au personnage de Déborah, à ses expressions uniques et à son auto-dérision… Mais si cet aspect du roman est déjà très réussi, c’est dans son registre le plus grave que Marie Pavlenko excelle, et parvient à émouvoir profondément autant qu’à surprendre. Car un évènement important (que je ne vous révèlerai pas ici sous peine de trop en dire) vient faire basculer le texte et donner une tournure bien différente à l’histoire : on avait vu l’héroïne amusante, attachante, on la découvre pleine de courage et de force, et profondément émouvante. Enfin malgré les bouleversements qu’il met en scène, Je suis ton soleil est, comme son nom l’indique, plein de lumière, et nous offre, sous ses dehors faussement clichés, de très beaux moments d’amour et une bonne dose d’espoir.
Un joli coup de cœur pour ce roman surprenant et plein d’émotion.
Pour aimer écrire et apprendre à écrire, rien de tel… qu’écrire ! C’est ce que nous propose Susie Morgenstern dans ce (très gros) carnet. Axé sur la pratique, l’ouvrage regorge d’une multitude (environ 300 !) d’exercices d’écriture très variés : retranscrire par onomatopées les sons que l’on entend autour de soi, se mettre dans la peau de la belle au bois dormant alors qu’elle en a assez de dormir, faire le compte rendu d’un film ou d’un concert… Chaque exercice est présenté sur une page lignée permettant d’écrire directement dans le livre (mais cela n’a bien sûr rien d’obligatoire), précédé d’une citation d’auteur·trice en lien avec la consigne et accompagné d’une illustration pleine d’humour. De quoi se lancer sans peur et sans complexe dans la grande aventure de l’écriture !
« Comme la passion du ballon nait en le poussant, en donnant quelques coups de pied, pour le crayon, c’est la même chose. On le pousse aussi en donnant quelques coups de doigts… Et une fois que la passion est là, on peut aller jusqu’à la lune ! », voici ce que nous dit Susie Morgenstern, pleine d’un enthousiasme contagieux, dans l’introduction de cet ouvrage original et bourré de bonnes idées. La plupart des exercices sont très accessibles et encouragent une pratique libérée, décomplexée de l’écriture : pas besoin d’être fortiche en cours de français pour utiliser ce carnet, un peu de patience et beaucoup de pratique suffiront. Les exercices, tous très différents, font la part belle à l’observation et à l’introspection (« Racontez un souvenir que vous voulez garder pour toujours/un rêve/une colère… ») tandis que d’autres sont plus axés sur l’usage de la langue (« Inventez un mot que vous trouvez beau à entendre ») ou tendent vers la philosophie (« Si la vie était un jeu, de quoi s’agirait-il ? »). Sans jamais tomber dans l’injonction, le livre propose en revanche une foule de conseils ou pistes à suivre, et guide l’apprenti écrivain tout en lui laissant une part de liberté. Et que l’on décide de suivre scrupuleusement l’ordre des pages ou que l’on papillonne çà et là à la recherche d’inspiration, ce qui est certain, c’est que l’on referme ce livre avec une furieuse envie d’écrire !
Un carnet bien pensé et bien conçu, une vraie mine d’or pour tous les écrivains en herbe !
Je suis ton soleil![]() de Marie Pavlenko Flammarion Jeunesse 17,50 €, 153×240 mm, 466 pages, imprimé en Espagne, 2017. |
Carnet de l’apprenti écrivain![]() Texte de Susie Morgenstern, illustré par Theresa Bronn De La Martinière Jeunesse 14,90 €, 172×230 mm, 300 pages, imprimé en Espagne, 2016. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.


