Je vous propose, aujourd’hui, deux albums qui feront patienter petit·es et grand·es jusqu’à Noël. Ne cherchez pas le vieil homme barbu au manteau rouge dans ces histoires ; vous ne le trouverez pas. Ce sont les valeurs essentielles de cette fête qui sont ici mises à l’honneur : amour et amitié, partage et solidarité…
Le jour de la rentrée, Eddy Écureuil annonce, qu’à l’automne, il va bâtir une cabane dans les arbres avec son père qui possède la plus grande entreprise de construction de la région. À ce moment-là, chacun·e de ses camarades s’imagine construisant, à son tour, une cabane avec sa famille. C’est alors que Léa Lapin a une idée : pourquoi ne pas organiser un concours de cabanes ? Les enfants en définissent immédiatement les règles : les cabanes devront être construites dans les arbres ; ils et elles auront le droit de se faire aider par des adultes ; l’élection de la meilleure cabane aura lieu le premier week-end de décembre. Léa ne pourra compter sur le soutien d’aucun membre de sa famille ; elle n’a pas de père et son frère est très malade. Mais elle est courageuse et pleine de ressources. Elle se met donc immédiatement au travail, en commençant par des recherches à la bibliothèque. Puis, alors que ses concurrent·es en sont déjà au stade de la construction, elle élabore un plan, contacte des personnes qui pourront lui être utiles. Au lendemain d’Halloween, son chantier débute enfin. Elle s’y rend chaque après-midi en secret, laissant ses ami·es dans l’incompréhension et l’inquiétude quant à la menée à bien de son projet. Noël approche et le grand jour du vote aussi. Qui de Eddy ou de Léa remportera la victoire ? Ce concours de cabanes n’était-il pas finalement l’occasion de mener de plus grands projets encore pour l’avenir ?
Le 25 décembre n’est plus très loin, et pourtant il vous manque encore un peu de magie de Noël ? Alors, ouvrez ce livre, il vous en mettra plein les yeux ! Dès le premier regard, on est ébloui·e par les magnifiques illustrations peintes à l’aquarelle dans un style très british. Je trouve, d’ailleurs, que la représentation des animaux n’est pas sans rappeler le travail de Beatrix Potter.
Puis, on se laisse emporter par le récit de Léa Lapin. Le texte de cet album est très long. Je pense qu’il est tout à fait approprié à une lecture familiale en épisodes. On se laissera ainsi envahir par l’impatience de connaître le dénouement. La fin, parlons-en : elle est à couper le souffle. Bien que dans la confidence de la narratrice, le lecteur et la lectrice se laissent totalement surprendre. Texte et illustrations nous émeuvent par tant de beauté : beauté du geste de Léa Lapin et beauté du lieu. Nous voilà face à un beau conte de Noël qui émerveillera petit·es et grand·es.
Le livre a déjà eu un grand succès outre-Manche, où il a remporté deux prix, dont celui de livre de l’année, décerné par le magazine Creative Child.
En cette veille de Noël, la neige a recouvert la forêt de Bois-Joli. Monsieur Ours, qui n’a plus de bois à mettre dans sa cheminée, grelotte. Afin de se réchauffer, il va chercher au grenier l’ancien pull de sa grand-mère. Mais celui-ci est bien trop grand pour lui. Il décide donc de le reprendre pour l’ajuster à sa taille et offre les chutes de laine à Madame Blaireau. L’animale, elle-même couturière, transforme rapidement les brins de laine en de chaudes guêtres. Puis elle fait cadeau des chutes à Madame Hérisson. De travaux de couture en dons généreux, les restes de fil orangé réjouissent et réchauffent tour à tour un grand nombre d’animaux de la forêt. Le dernier petit bout arrive chez Monsieur Criquet qui l’utilise comme mèche pour faire une bougie. À peine a-t-il terminé que Monsieur Ours se retrouve sans électricité. La boucle est bouclée, et c’est au tour du petit insecte de faire preuve de solidarité.
Voilà une histoire dans la pure tradition du conte de Noël, où les valeurs d’amitié et de partage comptent davantage que la présence du gros barbu au manteau rouge. Mais, tradition peut aussi rimer avec modernité. Le récit est tout à fait dans l’air du temps. Rien ne se perd et tout se recrée dans un souci écologique : vêtement de seconde main, couture et upcycling, comme disent nos ami·es anglophones. Le vêtement est d’ailleurs « le fil rouge » de cette histoire, ou peut-être devrions-nous dire le fil orange, puisque le pull de l’ours qui va faire le bonheur de tous et de toutes est d’un orange fluo, qui illumine le livre de page en page. Du reste, on appréciera le travail d’illustration et de mise en couleurs : le monde souterrain de solidarité et de fêtes s’anime de couleurs vives en opposition au monde du dessus enneigé, blanc et froid. Quant au texte, il est écrit selon une recette infaillible auprès des tout·es petit·es : récit en randonnée et ritournelle qui reste en tête. Un bel album pour patienter jusqu’au grand jour.
Léa Lapin et le concours de cabanes![]() Texte de Steve Richardson (traduit de l’anglais par Marjolaine Caurette), illustré par Chris Dunn Caurette éditions 15 €, 224×289 mm, 50 pages, imprimé en Europe, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le gros pull![]() Texte d’Armelle Modéré, illustré par Djohr Flammarion jeunesse, dans la collection Père Castor 13,50 €, 267×301 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.




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