Après celle de la semaine dernière, je vous propose une autre sélection de BD.
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Babita, c’est écrit sur le calendrier ! Alors elle pense gâteaux, ballons et invitations. Elle se met à son bureau pour écrire les cartes et la voilà partie ! Toutes les boîtes aux lettres sont bientôt servies… toutes sauf une, quand elle passe devant celle qu’elle a oubliée, elle sifflote et prends un air détaché, mais son occupant est bien triste. Tout est prêt, tout le monde arrive, c’est la fête… mais au moment de sortir le gâteau : catastrophe ! Il est brûlé… Quelqu’un viendra-t-il sauver l’anniversaire ?
J’aime énormément les BD de Bang Ediciones, maison d’édition espagnole. Leurs belles BD sans texte à partir de 3 ans sont toujours un régal pour les plus jeunes comme pour les autres. De plus, les albums avec leur papier épais, leur couverture à coins arrondis et leurs tranches à bords francs sont superbes. Les enfants dès trois ans peuvent donc s’initier à la BD en suivant l’histoire case après case. Ils vont encore plus accrocher du fait que l’univers créé par Natalia Colombo, avec ses personnages bizarres qui vivent dans des maisons aux formes saugrenues, est absolument génial. Bref, on adore !
Un super album plein d’humour et de tendresse pour s’initier à la BD.
Quel bonheur de passer du temps avec sa grand-mère ! Cette petite fille est là, avec elle, sur le banc devant la maison. Ensemble, elles s’amusent. La petite fille coiffe son aïeule, elles partent en vélo au village puis elles cuisinent en écoutant de vieux disques. La vie est belle… Mais quel est ce papillon étrange qui les suit et pourquoi la grand-mère s’efface-t-elle petit à petit ?
Beaucoup d’amour et de tendresse dans Passe-passe de Delphine Cuveele et Dawid. Ici aussi, c’est une BD sans texte, mais l’histoire s’adresse aux enfants plus grands. On parle ici du deuil, des gens qui sont toujours avec nous même quand ils sont morts. L’album n’est pas triste, on sourit beaucoup. Passe-Passe a fait partie de la sélection Angoulême l’année dernière.
De la magie et beaucoup de poésie dans ce très bel album sur l’absence.
Akissi est de retour ! Il y a une nouvelle dans sa classe, elle s’appelle Sido et tout le monde l’adore, forcément ça énerve Akissi ! Bien sûr, notre petite fille un brin caractérielle ne va pas se laisser faire ! Il sera question ici de bébé emprunté qui avale une pièce, de concours de danse, de chasse au pigeon qui tourne mal, de foot et même de prise d’otage !
Qu’on aime Akissi ! Cette série cartonne aussi bien chez les enfants que chez les adultes (les fans d’Aya de Yopougon et les autres). Cette petite fille au caractère bien trempé qui ne manque jamais une bêtise à faire, mais qui a un grand cœur, est un personnage attachant, qu’on adore retrouver d’album en album. On parle ici de la jalousie quand un nouvel enfant vient voler l’attention. En fin d’ouvrage des petits bonus (apprendre à dessiner Akissi et créer une BD) vraiment sympas.
Le sixième tome d’une des meilleures séries BD jeunesse.
Masatomo a 7 ans, depuis que son institutrice de CP l’a giflé pour avoir posé une simple question, il a peur d’aller à l’école. De sa fenêtre, il regarde les enfants qui passent pour aller en cours. Chaque nuit, il fait le même rêve terrifiant et chaque matin il est incapable de sortir de chez lui. Les années passent, parfois Masatomo arrive à aller à l’école quelque temps, mais ça ne dure jamais longtemps, mais il va se passionner pour le dessin, rencontrer un grand dessinateur et devenir lui-même mangaka.
Sans aller à l’école, je suis devenu mangaka est un manga (à lire de droite à gauche) de près de 300 pages. C’est une BD absolument passionnante sur la déscolarisation, ce qui fait qu’un enfant peut développer une phobie scolaire et comment il va vivre ça. On vit vraiment avec lui ses peurs, son angoisse, ses espoirs. On parle bien sûr de harcèlement scolaire, de l’incompétence de certains enseignants et à quel point d’autres peuvent être attentifs aux enfants et prendre du temps pour eux. On parle aussi de l’importance de l’art, de la culture, de pouvoir se réfugier dans quelque chose qui nous tient à cœur.
Un magnifique manga sur la phobie scolaire racontée par celui qui l’a vécue.
En Europe, c’est la guerre, on est en 1939. Au Québec, pour Tit-Claude la guerre est un jeu avec ses copains. Il rêve de patins à glace, ne veut pas devenir prêtre comme ses parents le voudraient et tombe amoureux de Micheline. Avec sa bande de copains, ils se moquent du chinois, du marchand de légumes et de l’acheteur de guenilles et ils martyrisent un peu le pauvre Dédé. Ils ne savent pas que la mort rôde.
Adapté du roman autobiographique de Claude Jasmin, la BD La petite patrie de Julie Rocheleau et Normand Grégoire est un petit bijou. On y parle de l’enfance, une enfance dans les années 40, mais qui est finalement assez proche de l’enfance actuelle. Il y a de l’amour, des bagarres, des mères encombrantes, des grand-mères généreuses, des évènements tristes qui ponctuent nos vies. En arrière-plan, on parle de la guerre ou encore du droit de vote des femmes. Comme toujours chez La Pastèque, en plus d’être beau graphiquement, La petite patrie est un bel objet avec un beau papier épais, une édition soignée.
Une superbe BD pour adultes ou grands ados, sur une enfance et donc sur l’enfance en général.
L’anniversaire de Babita![]() ![]() de Natalia Colombo Bang ediciones dans la collection Mamut 13 €, 188×257 mm, 36 pages, imprimé en Union Européenne, 2016. |
Passe-passe![]() ![]() de Delphine Cuveele & Dawid Les éditions de la Gouttière 9,70 €, 198×264 mm, 36 pages, imprimé en France, 2014. |
Akissi – Tome 6 – Sans amis![]() ![]() Scénario de Marguerite Abouet, dessins de Mathieu Sapin Gallimard Bande Dessinée dans la série Akissi 10,50 €, 207×269 mm, 48 pages, imprimé en France, 2015. |
Sans aller à l’école, je suis devenu mangaka![]() ![]() de Syoichi Tanazono (traduit par Sayaka Okada et Manon Debienne) Akata dans la collection L 9,55 €, 130×180 mm, 290 pages, imprimé en Italie, 2016. |
La petite patrie![]() Scénario de Julie Rocheteau, d’après l’œuvre de Claude Jasmin, dessins de Normand Grégoire La Pastèque 21 €, 225×310 mm, 85 pages, imprimé en République Tchèque, 2016. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



