Aujourd’hui je vous propose deux albums pour continuer les vacances. Une déambulation poétique le long de la Seine à la découverte des îles qui la peuplent puis une fin d’été encore ensoleillée… Belle lecture.
Tous les étés, Iris passe un mois chez sa tante Ida à Nogent-sur-Seine. Dans ce havre de paix aux odeurs et aux couleurs exotiques — car le jardin d’Ida est empli de fleurs du monde entier — la petite fille s’ennuie un peu… Alors un jour, apercevant une barque, elle décide de partir pour un voyage le long de la Seine, accompagnée d’Icare, le perroquet de sa tante… Un voyage étrange et féérique, où Iris tout en remontant le fleuve, va aussi remonter le temps…
Merveille de poésie et d’intelligence, Iris au fil de la Seine est un album sensible et étonnant. Le voyage de cette petite fille qui s’ennuie est un prétexte pour faire découvrir aux plus jeunes la richesse des îles de la Seine et leur histoire. Ainsi, à chaque page, notre héroïne découvre une île à une époque particulière : l’île de la Cité aux riches heures de Notre-Dame, l’île Seguin et ses ouvriers luttant pour l’émancipation collective et le progrès, l’île de la Jatte à l’époque des impressionnistes… Se succèdent donc des histoires singulières de ces territoires mythiques sous les yeux émerveillés de l’enfant. Ce bel album aux allures de documentaire n’en reste pas moins une fiction. On se plaît à découvrir ces différents endroits avec Iris comme guide. Si le texte de Laure Wachter fait mouche, les illustrations de Miguel Pang nous plongent instantanément dans un cocon ouaté, dans une bulle hors du monde et hors du temps. Les teintes utilisées donnent une impression de sérénité, de douceur… Ainsi, on referme l’ouvrage avec une seule idée en tête : partir nous aussi à la découverte des îles de la Seine ! Qui sait, peut-être l’été prochain ?!
Il y a comme une fin d’été dans l’air… Une fin de vacances. On referme les volets, on boucle les valises, on éteint la lumière et l’on repart chez soi… Mais la route du retour est pleine de surprise, et parfois, prendre des chemins de traverse pour faire durer le plaisir peut avoir du bon…
Fin d’été est un album tout en sensibilité qui nous conte la fin des vacances d’une famille et le trajet retour. Le texte — qui épouse le point de vue de l’enfant — de Stéphanie Demasse-Pottier est d’une grande finesse. L’autrice met des mots sur des émotions universelles. Quiconque est parti en vacances connaît ce parfum de « fin d’été », de « retour ». Chaque sensation est analysée avec soin. Mais Fin d’été est aussi, et surtout, une ode à l’aventure, à la beauté des petites surprises du quotidien. Car cette famille s’offre une dernière nuit de vacances, une nuit étoilée, sous la tente, comme un refus de reprendre la vie « normale ». C’est un petit pas de côté mais qui a une importance extrême pour l’enfant. Car ce bivouac signifie des souvenirs extraordinaires et nouveaux, riches de sens, la volonté de faire durer encore un peu ces moments hors du temps. Les sublimes illustrations de Clarisse Lochmann accompagnent à merveille cette belle histoire. Son trait flou nous plonge dans un univers à la frontière du réel et de l’imaginaire. Les couleurs chaudes nous rappellent les lumières de fin d’été, de fin de vacances. Ces lumières qui à la fois nous font regretter les jours passées mais nous appellent aussi à de nouvelles aventures…
Iris au fil de la Seine![]() ![]() Texte de Laure Wachter, illustré par Miguel Pang Magellan et Cie 16 €, 250×210 mm, 56 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Fin d’été![]() ![]() Texte de Stéphanie Demasse-Pottier, illustré par Clarisse Lochmann L’étagère du bas 13,50 €, 167×236 mm, 40 pages, imprimé en France, 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.




