Je vous propose aujourd’hui de vous plonger dans deux histoires mettant en scène des dieux et des déesses et celleux qui subissent leur courroux.
Méduse est une jeune femme ordinaire jusqu’au jour où une malédiction change sa vie à jamais. Ses cheveux, qui faisaient autrefois toute sa beauté, ont été changés en serpents par une déesse jalouse. Depuis, elle vit recluse avec ses sœurs sur une île déserte, loin du reste du monde. Mais son quotidien tranquille, quoique solitaire, est bouleversé lorsqu’un jeune homme débarque sur la plage. Entre elleux se tisse une amitié basée sur leurs blessures et leurs rêves, une relation construite sans que jamais le visage de Méduse ne soit révélé. Car qui sait ce qui pourrait advenir si l’on découvrait sa monstruosité ?
Si l’histoire de Méduse est l’une des plus connues de la mythologie gréco-romaine et que les réécritures et réinterprétations de son personnage sont nombreuses, il semblerait qu’elle ait encore des choses à révéler. Dans ce court roman, paru il y a quelques mois aux éditions Gallimard Jeunesse, nous faisons la rencontre d’une jeune femme qui a tout perdu : sa vie, sa beauté, son innocence, ses rêves et ses espoirs… Tout cela lui a été arraché par une déesse aussi égoïste que jalouse. L’apparition soudaine d’un jeune homme répondant au nom de Persée va pourtant bouleverser ses certitudes. Elle qui se croyait monstrueuse va découvrir qu’auprès du garçon, elle peut encore se sentir belle et aimée. Malgré tout, alors que leur relation devient de plus en plus intime à mesure qu’iels apprennent à se connaître, elle n’ose pas lui montrer son visage. Si elle a su, avec le temps, accepter les serpents qui ont remplacé sa chevelure, elle sait que le commun des mortel⸳les rejetterait en bloc cette apparence. C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai suivi leur histoire, que je les ai observé⸳es s’apprivoiser et s’aimer. La plume de l’autrice est d’une poésie captivante et le récit est empreint d’un féminisme qui manque cruellement aux mythes originels.
Selly Walker ne souhaite qu’une chose : retrouver son père. Pourtant, son unique chance de le rejoindre s’évapore lorsque son navire est réquisitionné pour une mission d’ordre royal. Pour calmer les dieux et les déesses et empêcher la guerre, son équipage et elle-même doivent escorter le prince Leander jusqu’à l’Archipel des Dieux, où il devra sacrifier un peu de son sang. C’est sans compter sur Laskia, une impitoyable tueuse lancée à ses trousses, bien déterminée à empêcher le sacrifice pour provoquer la guerre.
Amie Kaufman sait captiver son lectorat, c’est un fait indéniable. Dans L’Archipel des Dieux, elle nous propose une quête haletante, de laquelle il est difficile de se détacher. Selly est un personnage que l’on ne peut qu’aimer suivre : courageuse, elle est néanmoins pleine de contradictions qui la rendent plus humaine. Leander, lui, est un prince comme on en rencontre souvent : beau parleur, confiant, charmeur et agaçant. Il est né avec tous les privilèges et il lui faut une aventure telle que celle qu’il va vivre dans ce roman pour en prendre conscience. Pour autant, bien qu’il puisse se révéler énervant et superficiel, son développement tout au long du récit est bien construit et nous le rend attachant. Laskia, quant à elle, n’est pas faite pour être appréciée. Malgré tout, l’autrice parvient à façonner son personnage de manière à nous la rendre plus humaine, pour que l’on ne voie pas en elle seulement sa facette de tueuse sans pitié mais également la jeune fille qu’elle a été. D’autres personnages ont également droit à leur point de vue au fil des pages, et ils ont aussi tout leur intérêt. C’est surprenant, cette facilité qu’a Amie Kaufman à multiplier les narrations sans pour autant perdre ses lecteur⸳rices. Au contraire, cela ajoute en profondeur à l’histoire et à l’univers et est un véritable plus pour la lecture. L’Archipel des Dieux est un récit qui saura séduire les aventurier⸳ères et les adeptes d’aventures en mer !
Méduse![]() de Jessie Burton (traduit de l’anglais par Diane Ménard) Gallimard Jeunesse 14 €, 130×198 mm, 192 pages, imprimé en Italie, 2024. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
L’Archipel des Dieux![]() d’Amie Kaufman (traduit de l’anglais par Emmanuel Gros) Casterman 18,90 €, 146×220 mm, 576 pages, imprimé en Italie, 2024. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Passionnée de lecture depuis toujours, j’adore découvrir de nouvelles histoires et de nouveaux univers. J’aime échanger autour de ma passion, parler pendant des heures du dernier roman que j’ai lu, réarranger sans cesse ma bibliothèque et me balader en brocante à la recherche de petites pépites.

