Aujourd’hui, je vous propose deux albums qui vont vous en mettre plein les yeux !
Le temps passe et inlassablement les mêmes événements s’enchaînent. Après l’été, l’automne fait tomber les feuilles et l’hiver laisse s’envoler les oiseaux. De même, le jour succède à la nuit. Malgré tout, un élément ne change jamais : l’amour. Ainsi le printemps reviendra, rapportant le rire et les couleurs.
Pour toujours est le premier album que Denitza Mineva signe à la fois en tant qu’autrice, illustratrice et éditrice, avec sa toute jeune maison d’édition Iuli. Lorsque l’enfant tourne les pages de ce livre, il fait avancer le temps, comme une première initiation à la temporalité. De manière cyclique, les saisons s’enchaînent, la nuit fait fuir le jour… C’est le cycle rassurant de la vie. Denitza Mineva associe à ce cycle immuable l’amour que l’on peut se porter ; et on pensera forcément à celui du parent envers un enfant. Il est mis en valeur de manière centrale dans l’album : l’amour fait passer de l’ombre à la lumière, de l’hiver à l’été. Il réchauffe les cœurs. Les illustrations sont composées d’éclats de couleurs chatoyantes et ondulantes, qui unis entre eux, reconstituent l’univers, comme autant de petits atomes.
Un premier album qui donne envie de découvrir les projets à venir de cette jeune maison d’édition.
La vie d’un enfant, ça peut vite devenir la jungle ! Entre le capharnaüm de la chambre, le brouhaha de la classe ou de la cantine, la salle de bains sous l’eau à l’heure de la douche, les lieux et les situations propices à l’aventure ne manquent pas.
Avec Le livre de ma jungle, Alice de Nussy et Estelle Billon-Spagnol nous guident dans le faune hostile (aux adultes) que les enfants traversent au quotidien. Sur chaque double page, texte et illustration se font face. Le texte bref joue avec la typographie : sur la première de couverture, ainsi que sur les pages de gauche, le mot jungle apparaît en très grand, comme le cri de Tarzan au cœur de la forêt. Sur les pages de droite, on découvre des illustrations foisonnantes. Chaque lieu disparaît presque sous la nature luxuriante. La jungle imaginée par les deux artistes est joyeuse, dédramatisant une réalité parfois un peu plus effrayante : en effet, pour un·e petit·e, le bus ou la cour de récréation peuvent être clairement déstabilisants. De plus, le livre peut se transformer en un merveilleux cherche et trouve : un doudou chat et deux petits monstres se cachent dans les dessins. Je vous conseille, d’ailleurs, de saisir cette occasion pour faire circuler votre regard un peu partout sur la page à la recherche de détails passés inaperçus jusqu’alors. Je terminerai ma chronique par une question aux autrices : à quand la version adulte de ce livre ? Car moi, j’ai déjà en tête des éléments de mon quotidien de mère (et ça marche aussi pour les pères) qui sont clairement la jungle : la panière à linge, le grenier, mon sac à main, le tiroir de la cuisine, mon bureau, ma tête, le jardin, mon agenda… Qu’en pensez-vous ?!
Pour toujours ![]() ![]() de Denitza Mineva IULI Éditions 14,90 €, 225×225 mm, 40 pages, imprimé en U.E., 2021. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le livre de ma jungle ![]() ![]() Texte d’Alice de Nussy, illustré par Estelle Billon-Spagnol Grasset jeunesse, dans la collection Lecteurs en herbe 16,50 €, 283×233 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.




2 thoughts on “Haut en couleur !”