Les héroïnes du jour font du vélo, du skateboard et elles font même le printemps ! Et, surtout, elles sont libres !
C’est l’été, Jade est invitée sur une île, chez sa cousine Louise. Une île, déjà, ça fait rêver, mais en plus sur cette île-là, pas de voitures, tout le monde roule à vélo. Qui dit « pas de voitures » dit « pas de danger sur la route », Jade peut donc rouler en toute sécurité, aller faire les courses sans adultes, partir à l’aventure. Quand l’été se termine, Jade a bien du mal à faire des tours de vélo uniquement en cercle dans la cour de son immeuble…
Difficile de raconter L’île aux vélos sans trop en dire ! Mais Ariane Pinel (notre interview de ce mercredi), à travers cette héroïne qui découvre que la vie est bien plus belle en vélo, nous livre une histoire utopique, un monde que l’on voudrait voir arriver ! À travers ses belles illustrations (mélange de crayon de couleur et de numérique), l’autrice-illustratrice met en avant des corps de toutes sortes (ses personnages ne sont pas tous blancs — l’héroïne est d’ailleurs noire, minces et valides), des représentations (heureusement de plus en plus courantes) qui font toujours du bien. C’est un album joyeux, coloré, qui invite à rêver à un monde meilleur que le nôtre… De quoi me ravir !
Un skateboard sous le bras, elle avance. Puis la voici qui s’élance, monte sur son engin et dévale les pentes, affronte les montées, remonte les rues à contresens, traverse les murs et bientôt elle s’envole ! Debout, sur les mains où même allongée, rien ne lui fait peur quand elle est sur sa planche.
Le texte est une sorte d’injonction. Jean-Yves Casterman demande à sa jeune héroïne de foncer, de se laisser porter par le vent, de ralentir quand il faut observer de belles choses, de ne pas hésiter à aller à contresens, à contre-courant et de n’en avoir rien à faire du regard des autres. Une sorte d’ode à vivre autrement, à être libre. Son bel album, il le dédicace à une liste de femmes qui vont à contresens (parmi lesquelles Safia Nolin, Agnès Varda ou encore Astrid Lindgren).
Elle est tôt.
Elle fait jour.
Elle fait douce.
Elle fait belle.
Impossible de résumer Elle fait le printemps, l’album que signent Praline Gay-Para et Lauranne Quentric (alors je vous livre ici les quatre premières phrases). L’autrice s’inspire du poème Il pleut de Jacques Prévert (dans lequel il expliquait qu’on dit qu’il pleut, qu’il fait beau ou qu’il fait du soleil, et regrettait que ce soit toujours il et jamais elle) en y plaçant une héroïne. C’est malin et poétique. Lauranne Quentric met en image avec beaucoup de malice le texte. Quand elle fait grand vent, l’enfant se balance à toute vitesse, c’est dans sa baignoire qu’elle fait du brouillard (avec la buée sur les carreaux) et quand elle neige, c’est en vidant le contenu d’un oreiller, debout sur son lit. Pour réaliser ses planches, l’illustratrice utilise la technique du collage de papier de soie, elle joue avec les superpositions, le résultat est magnifique.
L’île aux vélos![]() ![]() d’Ariane Pinel Cambourakis 15 €, 200×282 mm, 42 pages, imprimé en Lettonie, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
À contresens![]() ![]() de Jean-Yves Casterman Les 400 coups 14,50 €, 220×285 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Elle fait le printemps![]() ![]() Texte de Praline Gay-Para, illustré par Lauranne Quentric Didier Jeunesse 13,50 €, 207×248 mm, 36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !






J’adore cette sélection ! De très belles découvertes. Merci