Aujourd’hui six romans qui ont des garçons pour héros. Des garçons fragiles ou combatifs, qui vivent des choses dures chez eux ou encore habitent sur l’Île imaginaire.
Mais qu’a bien pu faire Mathieu Hidalf pour que son père lui en veuille autant ? Pourquoi ses faits et gestes étaient-ils scrutés ? Pourquoi Monsieur Hidalf gonflait-il de colère rien qu’en entendant le mot « bêtise » ? Visiblement ce coup-ci il y était allé fort.
Depuis longtemps, j’entendais parler de Mathieu Hidalf. Des amies notamment, totalement fan, m’en avaient parlé à plusieurs reprises. Mais je n’en avais encore jamais lu. La sortie de ce nouveau tome, qui est en fait le prequel de la célèbre série, était l’occasion idéale pour découvrir les aventures de ce héros. Autant le dire tout de suite, je n’ai pas été déçu loin de là. J’ai tout simplement adoré le ton, l’écriture, l’humour de ce super roman fantastique. Je l’ai lu à ma fille de 9 ans, et tous les deux nous sommes devenus totalement accros, attendant chaque soir la suite (ma fille de 4 ans nous écoutait même et il lui arrivait de scander des « oust oust pompous » dans l’appartement — faudra lire le livre pour comprendre !). Si certain·e·s comparent Mathieu Hidalf à Harry Potter, c’est plus pour l’univers, car l’histoire n’a rien à voir et ici c’est accessible aux plus jeunes (l’éditeur le conseille dès 8 ans, mais rares sont les lecteur·trice·s de 8 ans qui lisent des romans non illustrés de 200 pages). En tout cas, voilà un roman totalement enthousiasmant qui donnera envie de lire aux enfants… et qui séduira même les grands !
Coup de cœur pour ce très bon roman, drôle et plein de suspense.
Vincent est un jeune homme de 14 ans. À l’école, il est souvent la cible des autres garçons qui le traite de « pédé ». Sa vie prend un autre tournant quand arrive dans sa classe le beau Cédric.
J’avais déjà chroniqué ce beau roman (ici) lors de sa première édition. Depuis le roman a été retiré puis réédité par un nouvel éditeur. Alors que je pensais juste le parcourir pour me le remémorer et vous annoncer qu’il était à nouveau disponible, j’ai été totalement pris par la belle plume de Thomas Gornet et n’ai pu le lâcher. Vincent est extrêmement attachant, ce qu’il vit rappellera bien des choses à certain·e·s adolescent·e·s (quolibets dus à une différence, découverte d’une sexualité en dehors de la norme, regards des autres…). Le roman est court, se lit d’une traite, mais nous marque. Il aurait été vraiment dommage que ce roman-là n’existe plus, merci au Rouergue de l’avoir réédité !
Un roman fort sur un adolescent qui découvre son trouble pour les garçons.
Cette année, il l’a décidé, il ne sera plus accompagné de Véronique, son assistante de vie scolaire. Il rentre au collège, il ne veut plus qu’on le remarque, ne plus être différent des autres. Avec les mille conseils de sa mère (qui l’accompagne jusqu’au bout, dans la cour), Léon est prêt à affronter la grande école ! Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples…
Mentir aux étoiles, le nouveau roman d’Alexandre Chardin est un énorme coup de cœur. Un coup de cœur pour son écriture, pour ce qu’il nous raconte et pour Léon, son personnage principal. Léon aimerait qu’on ne le traite plus comme un bébé, que sa mère le laisse un peu tranquille… comment grandir quand on est couvé en permanence, bridé sans arrêt. La route de Léon va croiser d’autres personnages tout aussi touchants comme Salomé (que la mère de Léon trouverait vulgaire si elle la rencontrait) ou Marguerite (victime aussi des moqueries des autres, parce que noire). Difficile de quitter ce roman tant il est attachant. On y parle donc des enfants différents qui sont harcelés à l’école, des parents trop étouffants, du fait de grandir et des belles rencontres.
Un magnifique roman à lire absolument.
Shadi a 13 ans. Il vit avec son père en recherche d’emploi, sa mère réparatrice en électroménager et sa sœur gravement malade. Shadi est passionné d’insectes et adore jouer au foot, mais un jour un événement va faire qu’il va quitter l’équipe : une fille voulait jouer avec eux, les autres joueurs ont refusé. C’est ce jour-là que Shadi est devenu féministe.
Il est fort Martin Page, dans ce roman d’une centaine de pages il fait passer énormément de messages sur des sujets forts (et qui lui tiennent à cœur) sans que ça ne soit jamais lourd, sans qu’on ait l’impression de lire un roman militant donneur de leçon. Il parle ici d’égalité femme-homme, de végétarisme, de précarité, de maladie, de surpoids, de la différence, de consommer autrement… et le tout avec une histoire magnifiquement écrite (on le savait déjà, mais rappelons-le, Martin Page est un très bon auteur) et des personnages touchants. Si le titre est un peu étrange et trompeur (mais l’auteur ne cache pas que ce n’était pas son titre), il faut aller au-delà et lire cette belle histoire d’un jeune garçon qui va se révolter contre l’injustice, quitte à perdre lui-même quelque chose qui lui tenait à cœur.
Un très beau roman sur la prise de conscience, par un jeune garçon, des discriminations sexistes… et sur plein d’autres choses encore.
Nicolas a 5 ans, c’est un garçon un peu remuant et quand il fait des bêtises la maîtresse lui fait ses yeux garatoi. Aujourd’hui, elle a décidé de leur apprendre la chanson « À la volette », mais Nicolas n’a pas envie de chanter cette chanson dans laquelle un oiseau prend sa volée. En prendre des volées, lui, il connaît et il n’a pas envie d’en faire des chansons…
Les tartines au kétcheupe est un magnifique roman, mais surtout un roman très particulier. Si le héros de l’histoire est parfois violent, c’est qu’il connaît, chez lui, une tout autre violence. Les choses ne sont pas dites clairement, mais sous-entendues. Du coup, l’implicite empêchera peut-être un enfant-lecteur non concerné de comprendre pleinement la situation (ce fut le cas de ma fille de 9 ans, mais, on est d’accord, un exemple ne vaut pas démonstration). C’est peut-être un roman qui a besoin d’un accompagnement. Mais dans tous les cas, c’est un roman magnifique, comme je le disais plus haut. L’écriture est totalement déroutante (écrit à la première personne, Nicolas déforme souvent les mots, mais avec beaucoup de poésie) et le héros de l’histoire est on ne peut plus attachant. On découvre ici un petit garçon dur avec les autres, mais cette dureté ne vient pas de nulle part. Certains passages sont très difficiles (à qui comprend ce qui est sous-entendu) pourtant ce n’est jamais lourd (notamment grâce à l’humour dont est parsemé le récit). C’est un roman dont la lecture à haute voix est un délice, même si parfois notre gorge se noue au moment de certains passages. Tout comme Qui suis-je chroniqué plus haut, Les tartines au kétcheupe est une réédition, il avait d’ailleurs été chroniqué ici par Marianne.
Un roman magnifique (même pour les adultes) qui demandera peut-être un accompagnement pour les plus jeunes.
Sur l’île imaginaire vit un jeune garçon nommé Peter Pan. Il ne vit pas seul, avec lui il y a Wendy, Jean, La Toque, La Rougeole et Les Jumeaux. Sur l’île, il y a aussi un affreux capitaine (le Capitaine Crochet) souvent accompagné de Smee, mais aussi Clochette (une fée) ou encore une Indienne nommée Lili la Tigresse.
Quand un très bon auteur s’empare du roman culte de James Matthew Barrie… Ici c’est un peu « on avait oublié de vous dire », car les aventures de Peter Pan et de ses ami·e·s racontées par Christophe Mauri ne se passent pas avant ou après Peter et Wendy (le roman d’origine), mais ce sont des petites histoires « pendant » (on s’amuse d’ailleurs à retrouver les ponts entre les deux). On se régale à lire ce récit d’aventures plein d’humour, à retrouver le caractère assez insupportable du héros et une Wendy bien moins « petite maman » que dans le roman d’origine. En plus de la belle écriture de Christophe Mauri il y a les illustrations pleine page de Gwendal Le Bec. Tout comme Matthieu Hildalf, c’est un régal à lire en famille. On peut bien entendu lire Les saisons de Peter Pan sans avoir lu le roman d’origine (mais il est plus savoureux si on l’a lu).
Christophe Mauri nous raconte de nouvelles aventures de Peter Pan pour notre plus grand plaisir.
Mathieu Hidalf – Le génie de la bétise![]() ![]() de Christophe Mauri Gallimard Jeunesse dans la série Mathieu Hidalf 12,50 €, 140×205 mm, 224 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2017. |
Qui suis-je ?![]() de Thomas Gornet Rouergue dans la collection doado 9,20 €, 140×205 mm, 80 pages, imprimé en France, 2018. |
Mentir aux étoiles![]() ![]() d’Alexandre Chardin Casterman 11,90 €, 145×210 mm, 192 pages, imprimé en Espagne, 2018. |
La première fois que j’ai (un peu) changé le monde![]() ![]() de Martin Page PlayBac dans la collection La première fois 9,95 €, 140×206 mm, 113 pages, imprimé en Bosnie-Herzégovine chez un imprimeur éco-responsable, 2018. |
Les tartines au kétcheupe![]() ![]() de Marie-Sabine Roger Rouergue dans la collection doado 9 €, 140×190 mm, 96 pages, imprimé en France, 2017. |
Les saisons de Peter Pan![]() ![]() Texte de Christophe Mauri, illustré par Gwendal Le Bec Gallimard jeunesse 14 €, 140×205 mm, 160 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2018. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



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