Aujourd’hui, on plonge dans deux ouvrages parfaits pour les vacances, à savourer à l’ombre d’un arbre, sur une plage, près d’un cours d’eau ou d’une rivière… L’excellent Vives et vaillantes de Praline Gay-Para qui met en scène sept héroïnes de contes féministes et enthousiastes et l’hilarant Heureusement que le chien, lui, est un type bien de Lorenza Ghinelli !
Elles sont sept et ont décidé de prendre leurs destins en main. Filles de roi comme de savetier ou de cordonnier, ces sept héroïnes n’ont pas l’intention de se laisser dicter leurs vies par des hommes et elles le prouvent ! Elles jouent de leurs intelligences, de leurs espiègleries pour faire tourner en bourrique leurs amoureux transis et leur entourage! Et si elles n’arrivent pas à trouver chaussures à leurs pieds, tant pis ! Certaines décident même de créer, à l’instar de Pygmalion, le fiancé parfait ! Bref, vous l’aurez compris, ces jeunes filles sont prêtes à tout pour s’émanciper et jouir de leur liberté !
Comme le note Praline Gay Para dans sa préface « contrairement à ce qui est souvent avancé par le grand public (…) les jeunes filles dans les contes n’attendent pas qu’un prince vienne les sauver en les épousant, elles prennent leur destin en main pour devenir femmes. » Vives et vaillantes est un formidable recueil de contes qui met en scène sept héroïnes féministes, des jeunes filles en quête de liberté et d’aventures. Ces sept contes proviennent tous du bassin méditerranéen, du Maghreb en passant par le Moyen-Orient, et sont, pour la plupart inconnus du grand public. L’adaptation proposée par Praline Gay Para est absolument géniale. L’écriture est fluide, enlevée, on a d’ailleurs du mal à lâcher ce court recueil qui nous plonge dans un univers merveilleux et onirique où les jeunes filles ne se laissent pas marcher sur les pieds, où elles mènent leur vie comme bon leur semble, toujours avec beaucoup d’humour et de fantaisie ! Les illustrations d’Anne-Lise Boutin accompagnent à merveille ces parcours de vie, où, comme l’écrit Praline Gay Para, les héroïnes « deviennent reines de leurs propres vies ». On se prend de passion pour ses jeunes filles astucieuses et pas trouillardes pour deux sous qui traversent le monde à cheval, se jouent de princes venus les séduire, se déguisent en hommes, répondent à des énigmes farfelues et sont d’une loyauté à toute épreuve !
Un formidable recueil de contes féministes et inspirant ! Un vrai coup de cœur
Massimo est soulagé, le collège est terminé, il est ENFIN en vacances… Oui mais voilà, rien ne va plus depuis que Vito le caïd de l’école s’est moqué de lui dans les vestiaires de la piscine en le surnommant Minimo… Heureusement, Massimo peut compter sur ses copains Céleste et Fillipo pour lui remonter le moral… Et puis l’été recèle des surprises, notamment au sein de l’immeuble de Massimo, des nouveaux voisins, des anciens qui se révèlent… On suit les petites joies du quotidien, les rires et les larmes, les tensions, les angoisses de différents individus qui se croisent, se toisent, se parlent et s’apprécient…
Heureusement que le chien, lui, est un type bien est une phrase écrite par la petite sœur de Massimo dans son journal intime. Une petite sœur qui observe les adultes et les adolescent·e·s qui gravitent autour d’elle et qui note ses appréciations. Mais Margo n’est pas la seule à nous raconter ce drôle d’été. Chacun·e à tour de rôle, les personnages de ce roman polyphonique nous livrent leur version de l’histoire, leurs doutes, leurs moments de joie, leurs déceptions… En plus de Massimo qui s’inquiète de ce drôle de surnom, il y a sa copine Céleste qui refuse de s’habiller en « fille » et se pose beaucoup de questions sur l’apparence, Stéphania, obsédé par son poids, Sara et Fiamma les deux nouvelles voisines de Massimo qui vont chambouler la vie de l’immeuble…. et puis aussi Vito, ce drôle de bonhomme qui terrorise Massimo et qui cache un lourd, très lourd secret. Dans cette comédie à l’italienne, les sentiments sont exacerbés, amplifiés, on crie, on pleure, on rit… Bref, on en voit de toutes les couleurs et c’est tant mieux. Lorenza Ghinelli nous propose un roman hilarant, détendant mais qui pose également de vraies questions relatives à l’adolescence, aux non-dits, aux tabous familiaux. Tous les personnages sortent grandis de cette histoire virevoltante et passionnante.
Un très beau roman intense et captivant !
Vives et vaillantes![]() Texte de Praline Gay-Para, illustré par Anne-Lise Boutin. Didier Jeunesse 14€, 145×213 mm, 128 pages, imprimé en France, 2018. |
Heureusement que le chien, lui, est un type bien![]() Texte de Lorenza Ghinelli (traduit par Anaïs Bouteille-Bokobza) Thierry Magnier 14,90€, 141×221 mm, 240 pages, imprimé en France, 2018. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.

