Aujourd’hui on passe du livre à l’écran avec les albums filmés de l’École des loisirs, puis on découvre le quotidien de trois jeunes champions dans un superbe documentaire. Les premiers sont sortis en DVD, le second sort en salle mercredi.
Caca boudin, Grosse colère, Cornebidouille… l’école des loisirs se propose de nous faire découvrir ou redécouvrir ses grands classiques, mais pas n’importe comment : en DVD ! Le principe est simple : à l’écran s’affichent les pages des albums, animées à l’aide de gros plans et de mouvements de caméra, et les textes sont portés par la voix de comédien.ne.s et mis en musique. Trois DVD sont actuellement disponibles, et les histoires proposées – 8 dans chaque disque- y sont classées par âge (un DVD à partir de 3 ans, puis 4, puis 5). De quoi s’en mettre plein les yeux et les oreilles !
Pas vraiment un livre, pas vraiment un dessin animé, le concept peut être un peu déroutant au premier abord… Mais le résultat est vraiment réussi ! On retrouve avec plaisir les albums emblématiques de la maison d’édition, et le passage à l’écran leur donne une dimension nouvelle vraiment intéressante. Bien que les illustrations ne soient pas animées, il y a une vraie dynamique dans les images que l’on a sous les yeux : les zooms et les jeux de caméra permettent d’attirer l’attention sur des détails que l’on ne remarque pas forcément lorsqu’on a le livre entre les mains et donnent véritablement vie aux personnages. Mais le gros point fort de ces DVD, c’est la mise en musique du texte. Cette dernière donne une dimension totalement inédite aux livres et permet d’en exacerber les meilleurs passages (j’ai notamment eu un coup de cœur pour Les mots doux qu’une très belle musique au piano rend particulièrement émouvant). L’ensemble nous offre une jolie diversité de voix (les comédien.ne.s changent régulièrement d’histoire en histoire) et d’ambiances. On rit, on frissonne, on s’attendrit, et l’on se surprend à enchainer les albums sans aucune lassitude. Enfin, si les histoires sélectionnées sont accessibles aux plus jeunes, c’est aussi un vrai bonheur, en tant qu’adulte, de passer de l’autre côté et de se laisser porter par la voix d’un conteur ou d’une conteuse : un joli moment à partager en famille !
Une très belle façon de découvrir ou redécouvrir les albums de l’école des loisirs.
Les albums filmés, L’école des loisirs, 15€ (prix conseillé).
Ruben a 10 ans, vit au Danemark et enchaîne les concours d’escrime au niveau international. Entre victoires euphoriques et échecs douloureux, le petit garçon écoute les conseils de son entraîneur, joue aux jeux vidéo, et passe du temps avec son amie Marie, elle aussi escrimeuse. Nastya a 12 ans, et avec sa petite sœur Polina elle s’entraîne dans une des plus prestigieuses écoles de danse de Russie. Dans cette académie très sélective, la jeune fille peine à trouver ses marques, malgré son talent indéniable et sa passion débordante. Au Japon, le jeune Chikara, 10 ans, se prépare à l’une des plus importantes compétitions de sumo et suit avec anxiété les traces de son père, ancien lutteur professionnel. Trois pays, trois sports, trois enfants très différents dont on suit le parcours incertain… et un excellent documentaire !
Graine de champion nous immerge au plus près de jeunes sportifs et sportives au quotidien éprouvant. Ici pas de commentaire extérieur, pas de point de vue d’adulte, c’est à l’enfant que l’on s’intéresse. Les films nous présentent une succession de scènes tantôt anodines, tantôt décisives : moments de détente entre copains ou entre sœurs, levers au petit matin avant une compétition, mais aussi et surtout entraînements inlassables et souvent douloureux. Car le point commun de ces trois enfants est aussi la rudesse de leur vie, montrée avec beaucoup de respect et de douceur, mais bien présente : Ruben qui s’écroule après une défaite, Nastya en larmes suite aux remarques de sa professeure, ou Chikara rongé d’angoisse à l’idée de décevoir son père. Les trois documentaires sont assez différents sur la forme : le premier, épuré, nous montre les choses très simplement, le second est plus onirique, et le troisième est narré par le jeune sumo. Mais tous trois sont extrêmement émouvants et d’une justesse impressionnante. Chacun de ces petits films parvient, le plus souvent sans un mot, à dire énormément : on voit toute la passion, tout le doute qui habite ces jeunes champion.ne.s, mais on observe également des émotions plus subtiles, comme cet amour naissant entre le jeune escrimeur et son amie Marie, perceptible dans le moindre de leur regard. On suit avec beaucoup d’intérêt ces trois enfants (pas tout à fait) comme les autres, et l’on achève le visionnage avec l’impression tenace de les avoir toujours connus.
Un documentaire plein de justesse, de beauté et d’émotion.
Graine de champion, de Simon Lereng Wilmont et Viktor Kassakovsky, Les films du préau. Sortie en salle ce mercredi.
Bande annonce :
Aime les crêpes et les animaux rigolos.
