Aujourd’hui, je vous invite à rencontrer un ado qui décroche le prix Goncourt, puis à vous perdre dans les rues de Dedaleum.
Si sa meilleure amie rêve de devenir spationaute, Léo, lui, rêve d’être écrivain d’aussi loin qu’il se souvienne. Pour autant, même s’il essaie, il a du mal à dépasser le premier chapitre de son roman. Alors qu’il doit réaliser un stage de troisième, il se retrouve aux éditions de l’Écureuil, au service des manuscrits. Les jours se suivent et se ressemblent, jusqu’à ce qu’il tombe sur un texte qui l’interpelle — et pour cause, il est sûr qu’il s’agit du nouveau roman d’une célèbre autrice. Et si c’était là sa chance ? Sans vraiment réfléchir aux conséquences, Léo se fait passer pour l’auteur du manuscrit et est très vite recontacté par la maison d’édition. Les choses s’emballent et bientôt le voilà sur le point de réaliser son rêve, si on laisse de côté le fait qu’il a purement et simplement volé le texte d’une autre. Alors que le monde de l’édition s’enflamme, Léo commence à craindre d’être démasqué et que tout ne s’effondre.
Chaque année, le prestigieux prix Goncourt est décerné. Mais si on consacrait un imposteur·euse ? C’est en tout cas ce qu’il se passe dans ce roman de Sophie Adriansen, où les chapitres défilent au rythme des émotions qui traversent Léo : d’abord sa joie, son excitation de toucher son rêve du bout des doigts, de faire la fierté de ses proches, et puis la culpabilité, les remords, la peur d’être démasqué. Il prend rapidement conscience qu’il n’a pas bien agi, mais aussi qu’il va être compliqué de faire machine arrière et se dépêtrer de ses mensonges. Alors, au fur et à mesure que les pages se tournent, la tension monte et on se demande comment les choses vont bien pouvoir se terminer pour lui, tout en espérant qu’il parvienne à s’en sortir sans trop de dommages. Parce que, finalement, par son manque de confiance en lui et son besoin de reconnaissance Léo a un côté humain qui le rend attachant. À travers cette aventure, on découvre avec intérêt quelques petites choses sur le monde de l’édition. Moi, Léo, 13 ans, auteur imposteur est un roman surprenant et rythmé qui parle de confiance en soi, de culpabilité, d’assumer la conséquence de ses actes, mais aussi de rêves et d’amitié.
En l’absence de ses parents Benjamiah aide sa grand-mère à tenir sa librairie. Inquiet à l’idée qu’ils se séparent, il tente de se changer les idées jusqu’à ce qu’il reçoive une étrange poupée, sûrement envoyée de leur part. Si dans un premier temps il la laisse de côté sans plus s’en soucier — il lui faudra plus qu’une poupée pour accepter la situation quand même ! —, il remarque bientôt que de drôles de choses ont lieu. La plus étrange se produit une nuit où, en descendant à la cave, il se retrouve propulsé dans un autre univers, un endroit incroyable où la magie semble faire partie du quotidien des habitant·es. Rencontrant Elizabella, une fille de son âge, il découvre que son frère jumeau a disparu et qu’elle compte bien le retrouver coûte que coûte. Puisqu’il n’a pas encore trouvé le moyen de rentrer chez lui, Ben décide de l’accompagner, sans soupçonner un seul instant les dangers qui les attendent.
Entrer dans ce livre, c’est plonger dans un univers riche, fascinant et parfaitement maîtrisé. À la suite de Benjamiah on en découvre petit à petit les règles : dans ce monde, chaque personne a une poupée accrochée à la taille à laquelle elle est liée et qui lui permet de jeter un sort, on règle ses achats avec des cartes à jouer et surtout, la ville ne se laisse pas cartographier ce qui fait qu’il n’est pas rare qu’un·e habitant·e se perde s’iel s’aventure un peu trop loin de la rue où iel vit. La quête de nos deux héros·ïnes est loin d’être de tout repos et iels vont devoir puiser dans leurs ressources pour affronter leurs ennemi·es, des êtres animés de mauvaises intentions et autres trahisons. Heureusement, s’iels ne se connaissaient pas quelques jours plus tôt, Ben et Bella vont s’apprivoiser et s’entraider à chaque étape de leur aventure. On ne s’ennuie pas une seconde avec ce premier tome bourré d’action, de révélations, de secrets, mais aussi d’émotions. Le labyrinthe sans fin nous offre une intrigue captivante et mouvementée, servie par deux personnages courageux, déterminés et attachants.
Moi, Léo, 13 ans, auteur imposteur![]() de Sophie Adriansen Scrineo 14,90 €, 135×210 mm, 330 pages, imprimé en France par un imprimeur éco-responsable, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Les Whisperwicks — T1 — Le labyrinthe sans fin![]() de Jordan Lees (traduit de l’anglais par Juliette Lê) Auzou 16,95 € (24,95 € pour le collector), 153×211 mm, 539 pages, imprimé en Lettonie par un imprimeur éco-responsable, 2024. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née un livre à la main, elle aime les mots et leur résonance, s’évader et découvrir de nouveaux univers. Elle fait partie de ces gens qui croient fermement qu’un livre peut changer une vie.

