Parce que c’est toujours plaisant d’aller à la rencontre des classiques, aujourd’hui je vous propose deux recueils. Le premier nous fait faire connaissance avec la poétesse Marie de France. Ses fables écrites il y a presque mille ans ne manqueront pas de vous faire sourire, j’en suis sûre. Dans le second, si vous êtes adeptes des illustrations grandioses, vous devriez tomber rapidement sous le charme de ces contes classiques revisités.
Elle a été la première à écrire des fables, lesquelles précèdent de cinq cents ans celles du célèbre Jean de La Fontaine. Sous sa plume, bon nombre de titres ne sont pas sans nous rappeler d’autres fabliaux bien connus. Connaissez-vous Le loup et le mouton, La part du lion, Le grillon et la fourmi ou bien Le corbeau et le renard ? Toutes s’achèvent par une morale aux allures de clé pour vivre dans la société. Alors, on peut légitimement s’interroger : pourquoi Marie de France est-elle si méconnue ?
C’est troublant de découvrir à quel point, quand il s’agit d’écriture, l’Histoire a invisibilisé les femmes. Presque mille ans après leur rédaction, ces fables sont d’une étonnante modernité. C’est avec une finesse parfois mordante que Marie de France écrivait sur la société de l’époque. Les travers des puissant·es ne lui avaient pas échappé de même la crédulité des petites gens. La version de ces fables en ancien français a été traduite par Christian Demilly. On peut ainsi profiter de toute la musicalité des rimes de la femme de lettres. Pour leur rendre hommage, Fred L. illustre les vingt-quatre fables de cet ouvrage avec fraîcheur et élégance. Aussi, un grand remerciement s’impose. Je l’adresse aux éditions Talents Hauts : merci de remettre en lumière cette femme talentueuse et inspirante. À nous lecteurs et lectrices d’aujourd’hui de tout faire pour qu’elle ne retombe jamais dans l’oubli !
Dans un grand format somptueux, l’ouvrage, tel un écrin, invite à entrer dans des mondes merveilleux. Sur la couverture, un portail doré nous accueille et s’ouvre sur douze contes. L’onirisme y est garanti. On plonge littéralement dans l’océan de la Petite Sirène où les algues mouvantes viennent nous frôler doucement. On s’étourdit de gourmandise au pays des sucreries de la fée Dragée. On retient son souffle dans la forêt de Sherwood. Dans la jungle où Mowgli joue avec Baloo, où peut bien se cacher le tigre Shere Khan ?
Ce grand album nous ouvre les portes de contes illustrés avec une minutie particulière dans les détails. Laissez-vous surprendre et happer par la magie de cet esthétisme. Lisez-le une fois, puis deux, trois, et encore une fois ! Il vous faudra plus d’une exploration pour être sûr·e d’avoir bien tout vu. Les paysages seraient-ils les vrais héros de cet ouvrage ? Peut-être que oui. Ou peut-être que, l’air de rien, quelques détails seront à même de retenir positivement votre attention. J’attire votre regard sur cette Petite Sirène qui renvoie le prince à sa vanité, ou aux personnages de Casse-Noisette et de la Belle et la Bête dont la peau est noire. Le parti pris est celui de l’inclusion : quelle belle idée pour qu’un plus grand nombre d’enfants puissent s’identifier, le temps d’une histoire, à ces célèbres héros ou héroïnes ! C’est un cadeau parfait en toute saison que cet Atlas des contes de fées. La découverte (ou redécouverte) de leurs univers variés et enchanteurs sera, je n’en doute pas, un bonheur à partager entre petit·es et grand·es.
Fables de Marie de France![]() ![]() ![]() Texte de Marie de France (traduit de l’ancien français par Christian Demilly), illustré par Fred L. Talents Hauts 18,50 €, 210×270 mm, 58 pages, imprimé en Espagne, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Atlas des contes de fées![]() ![]() ![]() Texte de Kate Davies (traduit de l’anglais par Mathurin Samain), illustré par Lucille Clerc La Martinière jeunesse 22 €, 310×350 mm, 107 pages, imprimé en Chine, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Elle aime l’océan, les chats, le chocolat et lire depuis qu’elle a ouvert les yeux. Son confident est un certain lapin blanc. Des livres au petit déjeuner, au déjeuner, au goûter, au dîner : elle n’est jamais rassasiée !







il est vrai qu’on la connaît davantage pour ses Lais, si je ne m’abuse. Jolie découverte. Remettons les femmes de lettres à l’honneur. Cela semble essentiel. Merci.