Les deux albums du jour laissent le temps au temps et permettent aux lecteur·rices d’admirer toutes les beautés changeantes d’une nature pleine de surprises.
Au lever du jour, le jardin du peintre s’éveille. Alors qu’une belle lumière s’installe, monsieur Monet pose son chevalet, sa toile et sa boîte à peinture non loin d’un pont japonais surplombé de glycines. C’est une longue journée de travail qui commence pour lui, tandis qu’autour les jardiniers s’activent, deux petits chiens s’amusent et une petite espionne volante explore les alentours : le lac aux nymphéas, le saule pleureur, la longue maison colorée.
Avec La Petite Espionne des Nymphéas, Béatrice Fontanel poursuit un travail entamé aux côtés du musée d’Orsay avec le podcast pour enfants « Promenades imaginaires » (des histoires mettant en scène les personnages de certains tableaux afin de les découvrir). Cet épisode est multisupport : la version audio est interprétée par Arianne Dionyssopoulos et la version papier est illustrée par Alexandra Huard. C’est une narratrice mystérieuse (on découvre son identité à la fin de l’histoire) qui nous promène une journée durant à Giverny, entre les jardins et la maison de Claude Monet. On découvre les habitudes de travail du peintre, ses humeurs et son perfectionnisme, les épreuves difficiles de sa vie et son travail acharné pour produire une œuvre qui symboliserait la paix. La superbe synergie entre le texte sensible de l’autrice, le travail magistral de l’illustratrice et le format large de l’album permet une immersion totale dans ce lieu enchanté qui aura inspiré les chefs d’œuvre de Monet exposés au musée de l’Orangerie à Paris. Un dossier explicatif clôture l’album et apporte des informations complémentaires sur certains éléments effleurés au cours de l’histoire. En refermant le livre, une seule envie : courir au musée pour se plonger dans les toiles du maître impressionniste !
Lion s’active dans son jardin lorsqu’il entend un bruit inhabituel. Un petit oiseau est tombé du ciel en pleine migration ! L’une de ses ailes semble blessée et le reste de son groupe s’éloigne déjà. Lion décide de le soigner et de lui offrir l’hospitalité pour l’hiver. Il y a après tout bien assez de place dans sa maison douillette. L’hiver passe, entre soirées cocooning devant la cheminée crépitante et glissades en luge, jusqu’au retour du printemps et de la nuée d’oiseaux.
Originellement paru en 2013 au Québec (Lucas en avait parlé ici), Le Lion et l’oiseau est une magnifique histoire d’amitié qui repose sur une correspondance subtile entre les illustrations et le texte très minimaliste. Marianne Dubuc n’explique pas ce qui se passe, elle met en mots quelques ressentis de Lion, mais laisse surtout les jeunes lecteur·rices s’imprégner de ses dessins au pastel pour en extraire leur propre interprétation. En tournant les pages, iels font avancer le temps et les saisons, de la neige épaisse aux premiers bourgeons, jusqu’à la séparation des deux amis, chacun retrouvant son quotidien au retour des beaux jours. Pour Lion, c’est une solitude d’abord un peu mélancolique puis à nouveau joyeuse et apaisée, portée par l’espoir d’un nouvel hiver aux côtés de son ami à plumes. Douceur, lenteur et silence sont les maîtres mots de cet album.
La Petite Espionne des Nymphéas![]() Texte de Béatrice Fontanel, illustré par Alexandra HuardSeuil jeunesse, Musée de l’Orangerie 19,50 €, 253×323 mm, 64 pages, imprimé en Italie, 2024. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Le Lion et l’oiseau de Marianne DubucSaltimbanque 14,50 €, 197×250 mm, 76 pages, imprimé en Italie, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aime tellement parler des livres qu’elle en a fait son métier et son hobby ! Libraire généraliste la semaine, Manon écrit pour plusieurs médias le week-end et monte sur des volcans endormis en Auvergne dès qu’il lui reste cinq minutes.



Texte de Béatrice Fontanel, illustré par Alexandra Huard
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