Aujourd’hui, deux albums et deux thèmes forts. Dans le premier, une grand-mère part pour son tout dernier voyage et dans le second, on rencontre un oiseau qui n’est pas mais alors pas du tout prêteur !
Mamie est une sacrée globetrotteuse ! Elle est déjà partie aux quatre coins du monde et à chaque fois qu’elle revient, elle a toujours un petit cadeau dans son sac. Une boule à neige, des matriochkas, un masque de carnaval, de drôles d’instruments de musique… son retour est toujours comme une fête pleine de joie et de tendresse. Mais cette fois, Mamie ne va pas rentrer. Son dernier voyage l’a emportée loin, dans les nuages pour toujours et une grande tristesse a pris sa place. Mais tous les petits cadeaux conservés précieusement sont comme un petit temple à sa mémoire et ils portent avec eux de merveilleux souvenirs capables de chasser les pesants nuages…
Quelle manière douce et intelligente d’aborder la mort des grands-parents ! Il y a ici une espèce de continuité, la grand-mère voyageait beaucoup et ce dernier voyage sonne comme la parfaite métaphore. Notons que l’album n’est pas non plus entièrement centré sur la mort, mais parle aussi beaucoup de cette belle relation grand-mère/petite fille. Cette dernière découvre le monde à travers les petits cadeaux que lui rapporte sa grand-mère. Peut-être que ces présents sont autant de petites préparations à la disparition, des jolis souvenirs pour que la petite fille repense à elle avec le sourire.
Un très bel album sur la mort à mettre entre toutes les mains.
Monsieur Jack est monstrueusement fier de son gigantesque parapluie. On pourrait bien tenir à cent là-dessous, mais non, il y a une seule place, la sienne ! Cet après-midi, il pleut et c’est un temps idéal pour aller se balader à la campagne bien au sec, abrité sous cet immense bout de toile imperméable. Quand les autres font mine de s’abriter discrètement, il les rabroue violemment. C’est SON parapluie ! Même si, bon, les autres ont quand même l’air de bien s’amuser sous la pluie… et ils n’ont pas les bras encombrés, eux, quand arrive le camion de frites… alors, comment faire ? Ajoutez à cela l’arrivée inopinée d’un ogre et une pluie plus que torrentielle et paf ! vous aurez une fin rocambolesque !
Si la fourmi n’est pas prêteuse, je peux vous dire que Monsieur Jack non plus. Et c’est là tout l’intérêt de cet album. En se comportant de manière égoïste, l’oiseau finit en fait par se sentir très seul. Oui, il a la jouissance exclusive de son parapluie sublime (qui se traduit d’ailleurs
par une forte occupation de l’espace dans les illustrations), mais par contre, il est totalement seul et privé de frites (parce que trop encombré), ce qui est bien une des choses les plus tristes du monde. Heureusement, l’ordre des choses finit par s’inverser et Monsieur Jack comprend qu’en prêtant son parapluie, c’est enfin pour lui la fin de la solitude.
Une histoire chouette à lire aux petits grognons qui ne prêtent jamais leurs affaires, peut-être aux grands aussi, d’ailleurs.
Mamie est partie![]() ![]() Texte de Pog, illustré par Lili la Baleine Gautier-Languereau 10,50 €, 240 x 210 mm, 28 pages, imprimé en France, 2017. |
Une petite place![]() ![]() Texte de Céline Claire, illustré par Maurèen Poignonec La Palissade 13,50 €, 210 x 270 mm, 32 pages, imprimé en France, 2017. |
Aime le papier bulles et les dinosaures.


