Aujourd’hui, on découvre deux livres très engagés. D’abord, un album dans lequel les animaux en ont plus qu’assez d’être maltraités par les humains, puis un roman poignant qui mêle art, premières amours, sida et débuts d’Act-Up.
Les animaux en ont assez d’être considérés comme s’ils n’étaient rien de plus que des objets. On les chasse, on les massacre, on les enferme… il faut réagir ! Toutes les grosses et petites bêtes qui peuplent le monde se réunissent pour mettre fin à cette domination qui n’a ni justification ni logique. Tous se mêlent doucement à la population des villes, portent des vêtements, trouvent du travail… et c’est alors que d’étranges troubles et petits incidents viennent faire comprendre aux humains qu’ils ne sont plus tout à fait en sécurité. Alors, on décide de trouver un compromis et d’établir une Déclaration des droits des animaux. Dans cette dernière, on explique que tous les êtres vivants ont les mêmes droits d’existence et qu’ils doivent tous être respectés de la même manière. Il faut mettre fin à tous les mauvais traitements.
Il existe encore peu d’albums sur le thème de la maltraitance animale et, vraiment, je trouve que celui-ci est particulièrement bien construit. L’anthropomorphisme sert ici une cause qui soulève de plus en plus de questions, que ce soit vis-à-vis de l’environnement ou du respect de la vie animale. Il est important que la question des droits des animaux puisse être abordée avec les enfants, et ce grâce au médium qu’est l’album. Toute l’ambiance du livre,
un peu sombre et inquiétante, fait comprendre au lecteur et à la lectrice que les choses ne sont pas faites pour continuer ainsi et que le comportement de l’Homme face à l’Animal est tout à fait scandaleux. Faudra-t-il attendre que les réserves terrestres soient totalement épuisées et que notre environnement soit toujours plus pollué (et que les animaux organisent une lutte) pour enfin comprendre qu’une évolution de nos modes de consommation est nécessaire ?
Un très bon album pour aborder la question du droit des animaux avec les enfants, à mettre dans toutes les bibliothèques et dans toutes les classes.
Marie-Ange est penchée sur son pupitre, concentrée à saisir les courbes, les expressions des modèles vivants qui défilent dans cette salle de classe de dessin. Des corps nus, gracieux ou pas, rond, longilignes, anonymes presque, jusqu’à l’arrivée de Joos. Souriant, mutin et toujours prêt à faire rire la classe, il est le modèle préféré des élèves. En particulier pour Sami, troublé dès la première apparition du jeune homme. À l’âge des premiers émois amoureux, c’est l’heure des soirées et des week-ends ensemble à la mer, des parents trop stricts qui empêchent leur enfant de grandir et de s’épanouir, du diplôme à passer et au milieu de tous ces bouleversements, la maladie, le sida. C’est alors un combat effréné contre la mort, mais aussi contre l’ignorance et contre les médisant·e·s qui stigmatisent au lieu d’aider et d’éduquer. Il faut vivre, absolument. Mais comment réussir à profiter de la vie, du temps qu’il reste ? Et comment réussir à secouer tout le monde, à impliquer les adultes qui semblent se désintéresser totalement du problème ? La solution existe, elle s’appelle Act’Up et apparaît comme un phare au milieu de l’ignorance et, pire, de l’isolement de Marie-Ange, Sami et Joos.
Il y a des romans qui vous prennent réellement aux tripes. Et ceux-là, après les avoir lus, vous n’êtes finalement plus tout à fait le·la même. C’est exactement ce qui se passe à la lecture de celui-ci. Avec D’un trait de fusain, Cathy Ytak évoque avec un naturel totalement dénué de pathos la spirale infernale de la maladie qui pousse des adolescent·e·s à grandir plus vite, trop vite, et à assumer des situations sans aucun soutient adulte. Tout au long de cette histoire, il est incroyable de voir à quel point les encadrements scolaires et familiaux restent démissionnaires face à un problème grossissant qui demande pourtant une intervention plus qu’urgente. L’absence de compréhension et de prévention mettront le lecteur et la lectrice dans le même état d’abattement et de colère que les jeunes personnages. Impossible bien entendu de ne pas faire le lien avec le récent film de Robin Campillo, 120 battements par minute, qui est lui, beaucoup plus centré sur Act’Up qui remet au centre les conséquents problèmes de prévention et de traitement des malades. Rappelons que chaque année, 6 000 personnes découvrent leur séropositivité en France et qu’il est urgent de continuer à agir.
Un très bon roman à mettre entre toutes les mains.
La Déclaration![]() ![]() Texte de Michaël Escoffier, illustré par Stéphane Sénégas Kaléidoscope 13 €, 190 x 280 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2017. |
D’un trait de fusain![]() de Cathy Ytak Talents Hauts 16 €, 148 x 210 mm, 256 pages, imprimé en Bulgarie, 2017. |
Aime le papier bulles et les dinosaures.



