Aujourd’hui, je vous propose d’explorer nos différences à travers deux ouvrages qui prônent l’acceptation de soi et des autres, l’amour et la bienveillance. Car la beauté ne réside pas seulement dans un stéréotype corporel, mais dans la chaleur d’un cœur, dans les cicatrices, les blessures, l’histoire d’un corps.
Marcel est très très petit mais avec un cœur immense. Hélène est très très grande, aussi grande que sa gentillesse. Longtemps moqué·es, iels vivent seul·es : elle dans un appartement très haut de plafond avec un petit chat et lui dans une minuscule meulière avec un énorme chien. Mais c’est décidé, la solitude n’a que trop duré, iels vont s’inscrire sur un site de rencontre afin de trouver l’amour ! Rencontrer une personne « gentille et drôle » avec qui partager leurs passions. Et la magie des réseaux opère : Marcel et Hélène se découvrent et constatent qu’iels ont les mêmes goûts. Iels ne voient que leurs points communs sans se soucier de leurs différences. Leur rencontre en « vrai » fut cocasse : malgré moult stratagèmes et autres ruses pour camoufler leur différence de « taille », Marcel et Hélène tombent amoureux. Un véritable coup de foudre. Mais à leur second rendez-vous, le jeu de cache-cache prend fin et iels comprennent que leur taille n’avait finalement aucune importance. Ensemble iels se complètent, forment un tout. Car l’amour ne se soucie pas des différences, surtout lorsque c’est une évidence.
Le tout petit monsieur et la très grande dame est un magnifique petit conte aussi drôle que pétillant. À travers cette histoire d’amour romantique, l’auteure Claire Renaud abolit les stéréotypes. On peut être très grand·e, très petit·e, très gros·se ou très maigre, on peut être totalement différent·es et tomber amoureux·euse. Car ne dit-on pas que les opposé·es s’attirent ? Ce qu’iels pensaient être un défaut est finalement devenu une partie d’un tout. L’écriture de Claire Renaud est empreinte d’humour et de fantaisie. Elle nous plonge dans un univers désuet, au charme d’antan, où la magie d’une rencontre fait naître des papillons dans le ventre. Les illustrations poétiques et joyeuses de François Ravard complètent à merveille ce texte si tendre. Un petit roman pour petits lecteurs qui redonne confiance en soi et apprend à nos enfants à s’accepter avec leurs différences. Qu’importe la taille, du moment que notre cœur est grand !
Papou a une cicatrice sur le visage. Une trace, symbole de son histoire. Une trace que beaucoup d’autres comme lui portent sur elleux et en elleux. Ancien médecin, il en a vu passer des corps dans son cabinet : des gros, des maigres, des blessés, de toutes les couleurs, de toutes les formes… et leur histoire qui va avec. Alors Papou va raconter à son petit-fils l’histoire de tous ces gens lors d’une balade à la tour Eiffel. Il y a Hakim, autrefois carreleur, dont la dureté du métier a figé le vieil homme à tout jamais dans une posture voûtée, tordu comme un angle droit. Il y a Maryline, malmenée au bureau et dont le stress l’a criblée de plaques rouges. Mais il y a aussi Lionel, toujours fatigué, Rebecca, la touriste aux formes généreuses ou Antoine, maigre et si discret. Et puis il y a Yaya, la femme de Papou, dont les erreurs du passé viennent encore aujourd’hui la hanter. Chacun·e a son histoire, ses blessures physiques ou psychologiques, un passé, un présent, des soucis, des chagrins. Chaque cicatrice a son histoire que nous préférons cacher. Mais tous ces gens sont beaux, car chacune de ces histoires a son importance. Chacune mérite d’être comprise et écoutée. Nos différences sont notre beauté.
Baptiste Beaulieu est médecin généraliste et écrivain, bien connu sur les réseaux et en littérature pour sa bienveillance et son humanité. À travers le personnage de Papou, il nous livre son expérience, son écoute attentive de chaque patient·e : leur histoire, bien souvent la cause de leurs blessures et de leurs maux. Car notre corps est bien le reflet de notre vie, de ce que l’on a subi, affronté. Il est le miroir d’une histoire bien plus qu’une simple enveloppe. Alors aimons-ce corps. Aimons-nous et remercions chaque cicatrice comme le symbole d’épreuves passées.
Les gens sont beaux est un magnifique hymne à l’amour des autres, à l’amour de soi, à l’acceptation de nos différences, à la découverte des histoires de tous.tes celleux que l’on ne connaît pas. Car c’est l’inconnu qui nous pousse à juger, à critiquer. La connaissance des blessures d’autrui ne peut que nous inciter à aimer ces personnes pour ce qu’elles ont vécu, pour ce qu’elles sont réellement. Les mots de Baptiste Beaulieu sont simples mais pourtant si forts et emplis d’émotion. Les illustrations à l’aquarelle de Qin Leng sont autant de tableaux de tous ces inconnus, ces personnages différents, invisibles, qui subtilement sont mis en lumière et se révèlent. Un ouvrage libérateur et positif qui fait du bien car il change le regard que l’on porte sur soi et sur les autres.
Le tout petit monsieur et la très grande dame![]() ![]() Texte de Claire Renaud, illustré par François Ravard Gallimard jeunesse, dans la collection Folio Cadet Tout premiers romans 7,30 €, 145×190 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Les gens sont beaux![]() ![]() Texte de Baptiste Beaulieu, illustré par Qin Leng Les Arènes jeunesse 16,90 €, 254×289 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2022. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Elle a découvert les livres à l’âge de 5 ans avec Ratus et depuis ces « Précieux » de papier font partie intégrante de sa vie. Hypersensible, elle peut être chamboulée par des textes poétiques ou par des illustrations qui la ramènent en enfance.


