Aujourd’hui, deux jolis albums pleins d’énergie ! Le premier nous fait découvrir les dangers de l’effet papillon, et le second nous présente un petit garçon très fier de son costume de princesse.
Alors qu’elle approche la main d’un papillon, une petite fille est brusquement interrompue par sa mère qui l’avertit avec force du danger qui la guette : « Ne touche pas le papillon ! Sinon, il va s’envoler, et… il fera tomber un pétale de fleur… et ce pétale tombera sur un bousier… et sa boule de bouse tombera dans la rivière… et la boule bloquera l’eau qui fera céder le barrage… et… ». Et ce n’est que le début d’une longue réaction en chaîne qui va engendrer des péripéties pour le moins surprenantes !
Quand Philippe Jalbert décide de s’attaquer à l’effet papillon (ici dans son sens le plus littéral !), le résultat est plutôt décapant… Avec beaucoup d’humour, l’album accumule les rebondissements qui se font de plus en plus loufoques et
abracadabrants. Le texte, avec peu de mots mais beaucoup de rythme, donne une allure effrénée à l’histoire, et les illustrations ultras colorées qui l’accompagnent marquent habilement le tempo. Attention, il va falloir s’accrocher, car tout s’enchaîne et s’accélère à chaque page (on aurait d’ailleurs aimé en avoir un peu plus, car l’ensemble paraît assez court), jusqu’à une chute très drôle et vraiment bien trouvée.
Un petit album très dynamique à lire d’un seul souffle !
Aujourd’hui, à l’école, tout le monde se déguise. Alors aujourd’hui, Kevin est une princesse. Sa sœur lui a prêté des talons, une belle robe et des bijoux, et sa mère son maquillage. Et peu importe si ça fait rire les autres ou qu’on le regarde d’un drôle d’air à l’école : Kevin ne voit pas ce que ça peut leur faire ! Si l’on se déguise, c’est pour ne pas être reconnu, non ? Dans la cour, les garçons refusent catégoriquement d’être son chevalier, comme s’il était contagieux… Heureusement une petite dragonne (qu’il a initialement prise pour une chaussette géante) va faire équipe avec lui. Au fond, le plus dur, c’est encore de porter ces inconfortables chaussures…
Quelle super princesse que ce petit Kevin et son sourire jusqu’aux oreilles ! Sur un sujet encore absurdement polémique, Michaël Escoffier et Roland Garrigue nous proposent un album plein de tendresse et de légèreté. En donnant la voix au principal
concerné, le texte parvient à dédramatiser complètement la chose : puisque Kevin lui-même ne voit aucun problème à se déguiser ainsi, c’est bien qu’il n’y en a pas ! Le petit garçon, lui, s’intéresse aux vraies questions : le maquillage qui coule, et les talons qui font mal aux pieds. Clair sans tomber dans la pédagogie à outrance, léger sans être naïf, Princesse Kevin démonte les clichés avec finesse et humour. Visuellement, c’est également très réussi, et l’on ne se lasse pas de la jubilation évidente qui s’affiche sur le visage du petit garçon, que la bouille irrésistible rend absolument craquant.
Un album qui tord le cou aux idées reçues avec beaucoup d’intelligence !
Et…![]() ![]() de Philippe Jalbert Gautier-Languereau 10,50 €, 207x240mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2018. |
Princesse Kevin![]() ![]() Texte de Michaël Escoffier illustré par Roland Garrigue P’tit Glénat dans la collection Vitamine 11 €, 213×257 mm, 32 pages, imprimé en Pologne chez un imprimeur éco-responsable, 2018. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.


