Les deux livres d’aujourd’hui ont un point commun : partir d’une petite chose pour la détourner dans tous les sens ! Le premier nous emmène dans une course folle à la poursuite d’une langue en vadrouille, et le second nous apprend à dessiner à partir d’objets du quotidien. C’est parti !
Le personnage de cette histoire nous explique avoir perdu sa langue en mangeant une glace. Un policier lui propose son aide et ensemble ils fouillent la pâtisserie : rien ! « Elle s’est enfuie dans cette direction ! », affirme une femme abritée sous un parapluie. Mais là-bas il n’y a qu’un crocodile qui n’a absolument rien vu. Et la fleur ou le canard ne l’ont pas aperçue non plus… En revanche, la méduse aurait bien une petite idée… Et si, comme toutes les langues, celle-ci était tout simplement… juste sous notre nez ?
Ce petit cartonné très malin joue d’un bout à l’autre sur la connivence entre celui ou celle qui raconte et celui ou celle qui écoute l’histoire : car vous l’aurez peut-être compris, cette fameuse langue disparue est partout ! Sur chaque page de droite trône une forme rouge intégrée au dessin : le chapeau du policier, un gâteau dans la vitrine, le parapluie de la dame, le bain du crocodile ou encore le corps de la méduse… Seule touche de couleur vive sur les illustrations composées de simples traits bleu foncé : difficile de la rater ! Ici c’est le décalage entre l’ignorance totale des personnages et l’évidence de la réponse qui amène le rire… Et ça fonctionne ! De quoi faire pousser de hauts cris aux plus petits qui ne manqueront probablement pas de s’indigner en répétant « Mais elle est là ! »… Encore meilleur à lire en jouant le jeu bien sûr, en faisant semblant de ne rien voir !
Un cartonné vraiment bien conçu et bourré d’humour !
La paréidolie visuelle, vous connaissez ? Il s’agit d’un type d’illusion d’optique qui consiste à identifier des formes connues dans des éléments qui n’ont à priori rien à voir. C’est ce que l’on fait parfois en observant les nuages, les petites irrégularités du papier peint ou des taches d’encre… Ici, l’illustrateur Tête au carré utilise ce phénomène pour détourner des objets du quotidien. Le principe, très simple, consiste à placer l’un d’entre eux sur une feuille blanche et à dessiner tout autour pour donner vie à quelque chose de très différent. Une clé devient ainsi une tête d’oiseau, des barrettes les palmes d’un plongeur, ou un rapporteur le chapeau de Napoléon !
Le livre, aussi simple et efficace que l’idée qu’il développe, se compose essentiellement d’illustrations plus ou moins organisées par thème : oiseaux, vélos, dinosaures,
personnages… Au total plus de 150, de quoi donner une foule d’idées pour faire ses propres œuvres ! On retrouve également en début d’ouvrage une interview de l’illustrateur qui nous explique tout sur le principe et son fonctionnement, ainsi qu’un rapide mode d’emploi. Rien de bien compliqué… mais ça suffit amplement pour se lancer ! Car le but ici est bien sûr de passer rapidement à la pratique et d’inventer ses propres détournements. C’est accessible aux plus petits et aux plus grands, ça ne coûte pas plus cher qu’un bloc de feuilles et un crayon, mais ça stimule sacrément l’imagination ! Il faut d’ailleurs plus d’inventivité que de talents de dessinateur·trice pour pratiquer cette activité, qui permet de donner naissance à des œuvres d’art en quelques traits. Magique !
Un petit livre tout en simplicité qui incite à voir le monde un peu différemment et qui donne très envie de créer !
J’ai perdu ma langue![]() ![]() Texte de Michaël Escoffier, illustré par Sébastien Mourrain Seuil Jeunesse 11,90 €, 165×226 mm, 28 pages, imprimé en Chine, 2018. |
Think twice![]() ![]() ![]() de Tête au Carré Omaké Books 10 €, 148×211 mm, 130 pages, imprimé en Bulgarie, 2018. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.




