Aujourd’hui je vous présente le second tome adapté en bande dessinée des aventures de Calpurnia et un splendide album sur les mœurs de nos voisins à plumes : Drôles d’oiseaux. À travers ces livres la nature et la liberté sont mises à l’honneur de deux points de vue à la fois différents et complémentaires : celui de l’humain et celui de l’animal. Peau et plumes.
La jeune Calpurnia est devenue une adolescente, étape de sa vie où elle se voit contrainte de quitter l’enfance pour faire son entrée dans le monde en devenant une débutante.
Les belles robes, les bals et les prétendants sont loin de l’attirer, elle qui ne jure que par la collecte et l’étude des plantes et des animaux. Cependant, elle est tiraillée par l’attente que sa mère porte en cette entrée dans la société, elle qui n’a pas eu la chance d’y avoir droit.
Voilà donc Calpurnia, et ses airs de fille sauvage avec ses pieds nus et ses cheveux en bataille, passant ses journées dans la cuisine à préparer des plats sous les directives de Viola, la domestique, ou de s’adonner à la broderie sur tambour. Enfin, pour être honnête il s’agit plutôt de limiter les dégâts culinaires et les paquets de nœuds !
À la moindre occasion elle file tout droit se baigner à la rivière, errer dans les sous-bois et surtout rejoindre son cher grand-papa qui lui apprend tant de choses.
Daphné Collignon retranscrit avec beaucoup de subtilité et de délicatesse tout le trouble de la jeune héroïne en cette fin du 19e siècle où la reconnaissance des femmes dans la science est quasiment inexistante. Elle alterne des teintes sépias et une palette en noir et blanc selon l’état d’esprit de Calpurnia, qui oscille entre l’innocence de l’enfance et les obligations du monde adulte et surtout entre sa passion pour les sciences naturelles et la projection de sa mère.
Calpurnia est bande dessinée tout en nuances sur cette période de transition avec un message fort d’émancipation et de confiance en l’autre et en ses rêves.
Saviez-vous que les oiseaux d’une même espèce ont un accent différent selon l’endroit où ils vivent ? Que tous sont capables de voir les zones du spectre de la lumière ultraviolette, invisible à l’œil nu pour nous ? Ou encore que le Ménure superbe est capable d’imiter à la perfection presque tous les oiseaux et même des bruits parasites tels que le déclencheur d’un appareil photo ou une alarme de voiture ?
Eh oui, nous sommes loin d’être les seul·es à savoir parler ou construire des édifices compliqués, les oiseaux ne nous ont pas attendus
À travers un grand livre très coloré, Misha Maynerick Blaise nous propose de découvrir plein de choses incroyables sur les volatiles, des plus communs comme les pigeons aux plus étranges tels que les casoars. Découpé en sept grands chapitres, il aborde beaucoup d’informations aussi bien sur les méthodes de nidifications ou encore les parades amoureuses, bref les spécificités mais aussi les similarités de chaque espèce.
La mise en page dynamique intègre du texte explicatif, des références, des citations mais également les humeurs et les réflexions des oiseaux dessinés par l’artiste, qui semblent bien décidés à avoir leur petit mot à dire dans tout ça.
Le tout est rédigé de manière claire afin de ne pas alourdir la lecture et s’adresse ainsi à un public très large, la lecture pouvant se faire à deux (ou plus !) pour partager ses réactions autour de toutes ces découvertes.
Drôles d’oiseaux est bourré d’informations rythmées par des dessins très expressifs et chatoyants qui accrochent le regard. On apprend avec plaisir et amusement, tout en gardant en mémoire la fragilité de cet écosystème et la nécessité de le préserver.
J’ai vraiment adoré la touche d’humour, les dessins et les couleurs de Misha Maynerick Blaise et aussi l’intelligence de son propos : jamais moralisateur, toujours fascinant, la prise de conscience se faisant toute seule. Il s’agit d’une encyclopédie coup de cœur pour tous les curieux et toutes les curieuses mettant en avant l’incroyable diversité des oiseaux et les précieuses merveilles de la nature.
Calpurnia Tome 2![]() de Daphné Collignon (d’après le roman de Jacqueline Kelly) Rue de Sèvres 14 €, 210×275 mm, 128 pages, imprimé en Belgique, 2020. |
Drôles d’oiseaux![]() de Misha Maynerick Blaise (traduit de l’anglais par Laurence Le Maire) Fei 19 €, 270×187 mm, 208 pages, imprimé en Italie, 2020. |

Approche de la trentaine, et en a profité pour perfectionner ces petites choses si importantes qui font un tout. Vivre les livres, dessiner et créer des trucs, pour relier le dehors au dedans. Aime la nature, les histoires qui donnent espoir, celles aux allures de vieux grimoires, les BD hypersensibles et les images colorées.
Se retrouve dans le travail de Tarmasz, de Tayou Matsumoto, de Bretch Evens.


