Aujourd’hui je vous propose deux albums lumineux qui nous font rêver de nature, de forêts, de bois, de feuilles mortes qui craquent sous les pieds et d’animaux sauvages… J’ai nommé : le formidable Au bois de Charline Collette, un cri d’amour à la forêt et Vertige d’Isabelle Simler qui nous propose de suivre le périple d’une charmante coccinelle ! Bonne lecture !
La forêt est un lieu étrange et fantastique. Chaque promenade est singulière : au printemps, on peut rencontrer un coucou, en été construire des cabanes formidables, à l’automne rencontrer des chamois et en hiver courir dans la neige jusqu’à perdre haleine…. Bref, que l’on soit un enfant, une adulte, une promeneuse, un bûcheron… On a tous une histoire particulière avec la forêt !
La première chose qu’il faut dire c’est qu’Au bois est un album formidable ! Au travers de 12 histoires originales (4 par saisons), Charline Colette nous propose sa vision de la forêt, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on est conquis·e : elle nous dépeint un lieu riche en biodiversité, en histoire, en rencontre… Un lieu inspirant, étonnant et surprenant. L’album est polyphonique, laissant la parole à des promeneurs et promeneuses venant de tout horizon. Chaque histoire est émouvante : que ce soit celle des deux jeunes femmes cherchant le lynx ou bien celle de ce bûcheron ému de tomber sur une portée de marcassins… L’autrice-illustratrice fait également d’Au bois un album politique, en dénonçant les pratiques de coupes-rases qui se multiplient ces dernières années et qui détruisent les écosystèmes forestiers. L’ouvrage est graphiquement très réussi, Charline Collette a choisi d’utiliser le format de la bande dessinée pour raconter les différentes histoires, c’est beau, vif et coloré. Au final, c’est un album qui milite de manière poétique et artistique pour la réhabilitation de cette forêt que l’on aime tant : celle des contes, de notre enfance, celle qui nous a fait rêver et qui malheureusement, est en train de se transformer aujourd’hui… Alors, repartons nous promener dans les bois !
C’est l’histoire d’une petite larve qui se transforme en une très belle coccinelle rouge à 7 points noirs ! Celle-ci décide de s’envoler pour découvrir le vaste monde et (surtout) pour se trouver un abri dans le but de pondre ses œufs… Malheureusement, la vie d’une coccinelle n’est pas de tout repos et sur son vol elle va devoir affronter bien des ennemi·es !
Avec Vertige, Isabelle Simler nous propose un album extraordinaire d’un point de vue graphique. Elle se penche sur ces « vies minuscules » qui peuplent nos jardins, nos bosquets et nos campagnes. On suit donc le périple d’une petite coccinelle qui tente de trouver un abri pour pondre ses œufs. Page après page, cette drôle de petite héroïne va se confronter à l’hostilité de nombreux insectes : ainsi, alors qu’elle espère se poser sur les branches d’un buisson elle se rend très vite compte que ces dernières sont en fait… des phasmes, même chose lorsqu’elle se pose sur une feuille, celle-ci est en réalité une sauterelle ! L’autrice-illustratrice nous propose un formidable jeu de trompe-l’œil en nous faisant découvrir de nombreux insectes (rassurez-vous si vous ne les connaissez pas, Isabelle Simler leur a prévu une petite fiche biographique à la fin de l’ouvrage !). L’album est à la fois didactique, beau et drôle. Le comique de répétition accentué par les trompe-l’œil fonctionne très bien et permettra aux plus jeunes d’aiguiser leurs regards. En bref, c’est un ouvrage sensible, une ode à la richesse de la biodiversité qui peuple nos jardins et que nous connaissons souvent très mal. Heureusement, Vertige est là pour pallier ce manque et c’est tant mieux !
Au bois![]() ![]() de Charline Collette Les fourmis rouges 18,90 €, 226×276 mm, 101 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Vertige![]() ![]() d’Isabelle Simler Éditions courtes et longues 22 €, 237×332 mm, 56 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.





