Dehors il pleut, et alors ?
Il y en a qui lisent, d’autres qui se baignent, d’autres encore font de la musique ou se balancent sur des lianes, bref personne ne s’ennuie. Mais voilà que la pluie tombe et tout le monde court se mettre à l’abri. Dans la grotte où il s’est réfugié, un personnage trouve un ballon, il a dû passer par un trou qui donne sur l’extérieur (trou bien pratique pour observer la pluie, d’ailleurs). Alors que l’ennui le guette (un ballon et une fenêtre donnant sur la pluie, ça n’occupe pas longtemps quand on est seul·e), son monde commence à se transformer…
Après Les cailloux (Pépite à Montreuil en 2018 et chroniqué ici) et Le jardin (chroniqué là), Eléa Dos Santos nous invite cette fois à nous réfugier dans une grotte pour cause d’averse. Rassurez-vous si vous êtes claustrophobe, la grotte n’est pas si petite puisqu’on peut y croiser des créatures fantastiques, des fleurs géantes et bien plus encore ! Véritable ode à l’imagination, L’averse (comme les deux albums précédents) est un livre sans texte aux couleurs éclatantes. Eléa Dos Santos continue de séduire, avec son travail, les enfants comme les amateur·rices de belles illustrations.
Une cabane au bord d’un lac. Au loin, on entend le brame d’un cerf, ici, un poisson remonte à la surface. Mais voilà le jour qui se lève et avec lui trois enfants. Iels ouvrent les volets et sortent, les cheveux encore tout ébouriffés. L’herbe est humide et ça ne va pas s’arranger, car il pleut. Il en faut plus pour les stopper, les voilà qui partent à travers la montagne, les aventures qu’iels vont vivre vont les décoiffer encore plus.
Tout me réjouit dans cet album : les magnifiques planches de Thomas Baas (qui signe ici, d’après moi, son meilleur album), le texte superbement ciselé d’Anne Cortey
(les phrases sont courtes et extrêmement poétiques), les visages expressifs des héro·ïnes, la reliure du livre qui s’ouvre vers le haut (et le reste de la maquette intelligente et inventive)… Les auteur·rices arrivent à faire d’un jour de pluie, sombre, un album lumineux, bourré d’énergie. La couverture donne follement envie de l’ouvrir, l’intérieur ne déçoit pas. Voilà un album totalement réussi.
Nous n’avons pas eu d’intérieur sur ce titre, mais je vous conseille d’aller les découvrir sur le site de l’éditeur.
L’averse![]() ![]() d’Eléa Dos Santos Chandeigne 15 €, 209×220 mm, 26 pages, lieu d’impression non indiqué, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Les ébouriffés![]() ![]() Texte d’Anne Cortey, illustré par Thomas Baas Grasset Jeunesse, dans la collection Lecteurs en herbe 16,90 €, 217×307 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2023. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




2 thoughts on “Quand la pluie nous permet de nous évader”