Aujourd’hui, je vous propose des romans, pour des âges différents.
Pénélope est une fille bancale. Elle a une jambe plus courte que l’autre ce qui lui donne une démarche un peu étrange. Mais Pénélope a un souci bien plus grave, pour les vacances sa mère l’envoie chez son oncle et sa tante, les parents de ses horribles cousin.e.s. Entre une tante qui adore les expressions toutes faites (et la ponctualité) et une cousine qui aime un peu trop se maquiller et aller en boîte, ces vacances risquent d’être un enfer… Ou alors…
Des romans sur des vacances passées là où l’on ne veut pas qui se transforment en plus bel été de toute la vie il y en a quelques-uns… Vous savez ces romans où le héros ou l’héroïne va rencontrer quelqu’un qui va changer sa vie, son été qui devait être pourri sera l’été qui le ou la verra passer un cap, une étape de son enfance… Alors oui La diamanterie ou les vacances d’une fille bancale appartient à ce type-là… mais peu de roman ont le charme de celui-ci. Peu de romans de ce type nous accrochent un sourire léger sur le visage pendant la lecture. Parce que son personnage est tout ce qui a de plus normal, mais se croit hors norme (comme tous les ados), parce que les autres personnages ne sont pas aussi caricaturaux que Pénélope le pense (l’horrible cousine se révélera une bonne copine et la tante n’est pas si cliché que ça), ce roman-là est totalement réussi. On connaissait Laure Monloubou pour ses albums (dont les géniaux C’est à moi ça ou Danse Prosper danse), voilà qu’elle nous propose donc son premier roman… Peu d’auteur.trice.s d’après moi sont capables d’être aussi bon.ne.s dans les romans que dans les albums, visiblement Laure Monloubou fait partie de ces rares spécimens !
Un super roman sur ces étés qui changent une vie, ces belles rencontres.
Aujourd’hui, c’est le grand jour ! Yvan a donc demandé à sa mère de lui préparer un petit déjeuner spécial (sucres lents et vitamines), il a bien vérifié qu’il n’avait rien de coincé entre les dents et a soigné sa tenue. Il ne faut rien laisser au hasard, chaque détail compte. Car aujourd’hui, c’est le jour des élections et Yvan a bien l’intention d’être élu délégué !
Difficile de ne pas voir, dans le roman de Charlotte Moundlic, des similitudes avec cette période électorale : petits mensonges pour gagner des voix, ralliements sous conditions secrètes, trahisons… à travers les candidat.e.s à l’élection des délégué.e.s on reconnaît certain.e.s candicat.e.s actuel.le.s… mais seulement parce que c’est un thème assez universel (on se doute que le roman qui sort cette semaine a été écrit il y a plusieurs mois !). Avec beaucoup de finesse et d’humour, Charlotte Moundlic raconte ce moment de l’année qui compte beaucoup pour les enfants, surtout pour ceux et celles qui briguent ce mandat ! Le roman est un formidable outil de discussion pour une classe et même en famille (rarement un roman n’avait provoqué un tel débat entre ma fille de 9 ans et moi). La fin facilite justement le débat, chacun.e défendra son.sa candidat.e et expliquera pourquoi c’est lui ou elle qui aurait eu son vote. Les superbes illustrations de Ronan Badel ajoutent beaucoup de charme et d’humour à ce petit roman.
Un formidable roman à partager en classe ou en famille, pour débattre ensemble.
Les vacances sont là et qui dit vacances dit retrouvailles pour les cousins Karlsson. Comme chaque fois, ils se retrouvent chez la tante Frida sur l’île aux Grèbes… et comme chaque fois il va se passer des choses pas nettes. Cette fois-ci, les cousins vont trouver une sorte de carte aux trésors représentant l’île et voir un étrange bateau rôder dans les parages (et ses occupants n’ont pas l’air des plus sympathiques…).
Ah quel bonheur de retrouver Les cousins Karlsson, la super série de Katarina Mazetti ! L’impayable Bourdon (qui cette fois décide de parler d’elle en disant « nous »), Alex le français qui cuisine tout le temps, la tante Frida totalement fantasque qui change de métier sans arrêt (cette fois-ci, elle s’est mise aux chapeaux !) et les autres ! Cette série est toujours aussi réussie, car les personnages sont attachants et parce qu’à chaque tome il y a un vrai suspense, une nouvelle intrigue tout aussi passionnante que les précédentes. Ma fille de 9 ans est totalement fan et j’ai fait découvrir à une amie de 40 ans qui les dévore pour elle-même ! Bref, cette série suédoise est totalement réussie !
Une nouvelle aventure passionnante d’une série dont on est complètement fans !
Marcus est un ver de terre, le jour où il se retrouve dans l’assiette de Louis, un pigeon (qui ressemble à un poulet) il tente un « bonjour » chaleureux en se disant que si l’on sympathise avec celui qui va nous manger, il sera plus difficile pour lui de vous avaler… Et c’était un bon calcul, car la conversation commence entre les deux. Mais les choses se compliquent quand le volatile parle de sa passion pour les voyages et de son incapacité à s’orienter et que le ver propose d’être son guide (après tout, en devenant indispensable, il sait qu’il ne servira pas de repas). Voilà donc nos deux amis partis pour le Kenya… mais le voyage ne sera pas celui qui était prévu.
Beaucoup d’humour dans ce roman qui nous raconte le drôle de voyage d’un pigeon (qui se prend pour un flamant rose) et d’un ver de terre trop bavard. C’est parfois complètement déjanté, décalé, loufoque, c’est en tout cas souvent très drôle. Le texte est richement illustré, là aussi avec beaucoup d’humour. On se marre quand on voit nos deux héros traverser la France et découvrir qu’il y a en fait plusieurs tours Eiffel (ce sont en fait des pylônes dans un champ pas loin de chez eux) ou quand ils pensent être arrivés en Afrique (alors qu’ils sont au zoo voisin).
Voilà un roman très drôle qui peut captiver même ceux et celles qui ne sont pas accro à la lecture.
Pour l’équipe de volley de Saint-Exupéry, la nouvelle est extraordinaire, les filles vont concourir pour la coupe Heaven aux Antilles. Elles n’en reviennent pas. Mais un accident a lieu et l’une d’elles ne pourra pas jouer, c’est donc Gladys qui partira, celle qui ne fait pas partie de la bande, celle qui était cantonnée au banc de touches…
À La mare aux mots on reçoit beaucoup de romans, bien plus qu’on ne peut en lire et j’avoue que de moi-même je n’aurai jamais lu De nos propres ailes… mais il y a eu une attachée de presse particulièrement convaincante et j’ai commencé à lire ce gros roman… et j’ai eu très vite envie de l’arrêter (je ne me sentais absolument pas concerné par cette histoire de volleyeuses, ça ne me touchait absolument pas). Quelle erreur ça aurait été ! Assez vite on est pris dans l’histoire, mais surtout on s’attache aux personnages qui ressemblent aux ados d’aujourd’hui. C’est d’ailleurs ce qui fait la force du roman (avec le fait qu’il y a une bonne intrigue et que ça soit très bien écrit), le côté vrai (jusque dans les dialogues qui sonnent juste). On rencontre ici des jeunes filles dont certaines n’ont pas des vies faciles (on parle de foyer d’accueil, de précarité…), et l’on s’attache à elles. On découvre chapitre après chapitre leurs fêlures, leur quotidien. Si j’avais un bémol, c’est que parfois je ne savais pas qui parlait (ce n’est pas toujours le même personnage qui parle à la première personne, suivant les chapitres) et ça m’a parfois gêné, mais j’ai pris tellement de plaisir à lire ce roman (que j’ai été triste de finir), qu’au final je pardonne ce petit souci.
Un roman qui met du temps à s’installer, mais ne vous lâche plus une fois que vous y êtes entrés.
La diamanterie ou les vacances d’une fille bancale![]() Texte de Laure Monloubou, illustré par Robin Amaterra 12,50 €, 140×205 mm, 183 pages, imprimé en UE, 2017. |
Le jour ![]() ![]() Texte de Charlotte Moundlic, illustré par Ronan Badel Albin Michel Jeunesse 7,90 €, 134×201 mm, 112 pages, imprimé en Espagne, 2017. |
Les cousins Karlsson – carte au trésor et code secret![]() ![]() de Katarina Mazetti (traduit par Marianne Ségol-Samoy et Agneta Ségol) Thierry Magnier dans la collection Gaïa 7,20 €, 120×180 mm, 250 pages, imprimé en France, 2017. |
On ne mange pas son meilleur ami !![]() ![]() de Simona Lia (traduit par Marie Hermet) Flammarion Jeunesse 12 €, 135×210 mm, 192 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017. |
De nos propres ailes![]() de Kinga Wyrzykowska Bayard 14,90 €, 140×210 mm, 368 pages, imprimé en Italie, 2017. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !


