Aujourd’hui, je vais vous présenter un éléphant dont la vie n’a pas été rose, un cochon auquel on s’attache et un album qui nous rappelle qu’on est tous et toutes des animaux.
La vie de Fritz n’aura été que souffrance et malheur… Alors qu’il n’était qu’un éléphanteau d’un an, sa mère est violemment assassinée sous ses yeux, en compagnie d’autres éléphants. Pour capturer les petits, il faut tuer les adultes. Ensuite, il est attaché, abandonné, assoiffé, affamé… Il faut l’épuiser pour qu’il ne se rebelle pas, qu’il devienne une chose. Viendra le grand voyage en bateau avec de nombreux autres animaux dont certains ne survivront pas, et bientôt Fritz fera la rencontre de l’un des plus célèbres propriétaires de cirque : P.T. Barnum… une rencontre dont il se serait passé…
Disons les choses clairement, Fritz est un album absolument magnifique, mais extrêmement dur. Tout n’est que souffrance ici, rien ne sera épargné à Fritz, même après sa mort. Pourtant si le sujet est difficile, l’album n’est jamais insoutenable, peut-être grâce aux superbes planches de l’autrice-illustratrice Isy Ochoa. À travers l’histoire vraie de Fritz, on rappelle aussi le destin des animaux de cirque ou de zoo et la façon dont on « casse » les éléphants pour mieux les dresser (on repense bien sûr au très beau roman La loi du Phajaan de Jean-François Chabas, que l’on avait chroniqué ici). L’histoire se passe il y a plus de 100 ans, mais les choses n’ont pas tellement évolué…
Un album extrêmement fort qui nous raconte l’histoire vraie d’un éléphant afin de rappeler le destin des animaux qui arrivent dans les cirques et les zoos.
Marthe n’est vraiment pas riche, elle se couche souvent le ventre vide. Elle vit seule, en haut de l’alpage, avec Émile, son cochon. Même si elle ne roule pas sur l’or, Marthe est heureuse et elle chante souvent devant sa maison que son cœur est plein et que ventre est vide, ça la fait rire et ça fait grogner Émile. Marthe n’a pas peur de l’avenir, elle sait que bientôt elle aura de la viande, c’est pour ça qu’elle nourrit Émile. Mais le jour où Marthe mène Émile à l’abattoir, les choses ne se passent pas comme prévu…
Comment peut-on manger celui avec qui l’on vit, avec qui l’on partage de bons moments ? Voilà un peu ce sur quoi nous interroge ce très bel album venu d’Allemagne. Et tout ça est amené sans aucune lourdeur, avec beaucoup d’humour. On parle aussi de partage, d’entraide (la fin de l’album est absolument magnifique), d’amitié, de complicité. La scène de l’abattoir fera forcément réfléchir… et c’est tant mieux !
Un album plein d’humour, qui fait réfléchir sur le fait de manger nos compagnons à quatre pattes.
Quand il observe, quand il écoute, quand il mange, quand il dort, mais aussi quand il rit, quand il s’entête ou quand il combat, il est un animal.
Difficile de parler du très beau Je suis un animal d’Alfredo Soderguit sorti chez Didier Jeunesse. Sur les très grandes planches, d’un côté une action (« quand j’observe », « quand j’écoute », « quand je mange »…) et de l’autre le dessin pleine page d’un animal en train d’accomplir l’action en question. Revient régulièrement le « je suis un animal » qui fait face à une énigmatique fourrure dont on comprendra à la fin qu’il s’agit des cheveux d’un enfant. Ici, on rappelle donc que nos actions sont celles des animaux, parce que nous sommes des animaux (et par extension, on peut comprendre que si l’on souffre et si l’on aime, les animaux aussi). Les illustrations sont magnifiques (jusque dans les pages de garde) et l’objet lui-même est superbe (grand format, papier épais, couverture non pelliculée…).
Un grand album graphique qui nous rappelle que nos actions sont les mêmes que celles des animaux.
Fritz![]() ![]() d’Isy Ochoa Le Rouergue 18,50 €, 260×320 mm, 64 pages, lieu d’impression non indiqué, 2018. |
Viens, Émile, on rentre à la maison !![]() ![]() de Hans Traxler (traduit par Génia Catala) La joie de Lire 15,90 €, 320×240 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2018. |
Je suis un animal![]() ![]() d’Alfredo Soderguit (traducteur·trice non crédité·e) Didier Jeunesse 20 €, 306×308 mm, 48 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur écoresponsable, 2018. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !



