Voilà maintenant plusieurs semaines que nous sommes confinés dans nos maisons ou nos appartements. Et si l’on allait découvrir à quoi ça ressemble chez les autres ? Au choix, un cabanon aux planches colorées ou une maison pleine de trucs.
Cet été-là, après quelques mois difficiles, Lili se retrouve à passer quinze jours chez sa tante et son oncle à Saint-Denis, ne pouvant aller en colonie comme ses frères. Sa Tata Denise ne travaille pas à l’extérieur ; elle s’occupe de la maison et de ses sept enfants. L’Oncle Jo ne travaille plus, et cela a fait de lui un homme immobile et mutique. Pour Lili, ses vacances prennent le chemin de l’ennui. Mais, un matin, l’Oncle Jo disparaît. Dans le quartier, on s’affole, on s’inquiète ; il est 16 heures et il n’est toujours pas réapparu : mais où peut-il donc être ? C’est alors que Lili, restée à la fenêtre pour l’attendre, s’aperçoit que le terrain vague, entre les immeubles, a changé. La grande fenêtre cassée a disparu, la vieille chaise, aussi ; et voilà, maintenant, qu’une porte avance seule, s’arrête et dévoile une silhouette masculine.
C’est ainsi qu’une quinzaine qui s’annonçait ennuyeuse et grise au cœur des HLM va devenir une période de vacances mouvementée et colorée au sein d’une smala joyeuse. Lili, la gamine fugueuse et Jo, l’homme immobile vont ensemble reprendre goût à l’existence, vont redonner des couleurs à la vie tout en redonnant des couleurs à la ville. L’adulte et l’enfant ne créeront pas un monde parfait, mais aideront la nature à reprendre ses droits, pour un moment trop court, sûrement, mais qui laissera des traces indélébiles dans les cœurs. Travailler la terre, ensemble, leur aura permis de briser la solitude pour renouer des liens plus forts.
La parution dans une nouvelle collection de ce roman écrit il y a plus de vingt ans donnera l’occasion aux plus jeunes de le découvrir.
Monsieur Leduc ramasse tout ce qui traîne, tout ce qu’il trouve, tout ce que les autres ne veulent plus. Ces trésors à lui sont des fils de fer, des chaussettes trouées ou des vieilles roues. Il les collectionne précieusement, se disant que tout cela pourra bien servir, un jour. Sa maison est donc pleine des trucs, ça déborde de partout. Rien à voir avec les maisons des alentours, où tout est bien rangé et sent le neuf. D’ailleurs, ses voisins ne s’arrêtent jamais devant sa maison en bazar ; seul, le petit Mo s’attarde parfois et discute avec Mr Leduc des petites choses qui peuplent ses collections. Un jour, alors que le petit garçon roulait à pleine vitesse devant chez le vieil homme, il chute et casse son vélo. Furieux, il l’abandonne là. Il n’y a plus rien à en faire de ce truc !
Qui est vraiment le propriétaire de cette maison ? L’homme passe d’abord pour un vieux fou. Il faudra du temps au voisinage pour comprendre qu’il est finalement un vieux sage. Ce qui le caractérise, c’est le bon sens : pourquoi jeter quand on peut réparer, améliorer, et même rendre plus beau ? Ce livre pousse petit·es et grand·es à prendre le temps de la réflexion. De quoi avons-nous vraiment besoin ? La société de consommation nous apportera-t-elle le bonheur ? Ne serait-il pas temps de changer notre monde ? Mr Leduc, sous couvert de bricoler des trucs, remet l’humain à l’avant dans son quartier. On se parle, on fait preuve de solidarité, on crée de nouvelles amitiés. La preuve, que l’on peut faire beaucoup, avec juste quelques trucs.
Un peu : un stylo, et quelques teintes de couleurs.
Beaucoup : des illustrations riches au service du texte.
À la folie : coup de cœur pour cet album d’Emily Rand.
Le cabanon de l’oncle Jo![]() de Brigitte Smadja L’école des loisirs, dans la collection Neuf poche 5,80 €, 125 x 190 mm, 92 pages, imprimé en France, 2020. |
La maison pleine de trucs![]() ![]() d’Emily Rand (traduit de l’anglais par Ilona Meyer) Les éditions des éléphants 14 €, 210 x 300 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2020. |

Fille des années 80, amoureuse des livres depuis toujours. La légende raconte que ses parents chérirent le jour où elle sut lire, arrêtant ainsi de les réveiller à l’aube. Sa passion des livres, et plus particulièrement des livres jeunesse, est dévorante, et son envie de partage, débordante. Elle est sensible aux mots comme aux images, et adore barboter dans les librairies et les bibliothèques. Elle aime : les albums au petit goût vintage et les romans saisissants, les talentueux Rebecca Dautremer et Quentin Gréban, les jeunes pousses Fleur Oury et Florian Pigé, l’humour d’Edouard Manceau et de Mathieu Maudet, les mots de Malika Ferdjoukh et de Marie Desplechin.




